Ukraine : conjuguer solidarité avec responsabilité pour enfin protéger les agriculteurs des distorsions !

Pourtant adoptée par les députés européens la semaine dernière, une position destinée à mieux protéger les agriculteurs français et européens, n’a pas été validée ! Pour la FNSEA et ses associations spécialisées concernées, cet énième rebondissement n’est plus supportable.

« La position votée à la majorité par le Parlement européen la semaine dernière était perfectible mais elle était le fruit d’un compromis encourageant pour protéger les agriculteurs français et européens des distorsions intenables générées par la libéralisation des échanges avec l’Ukraine.» s’alarment la FNSEA et ses associations spécialisées des filières grandes cultures et avicoles françaises suite au résultat insuffisant des négociations hier à Bruxelles, et les volte-face incompréhensibles du Parlement européen.

Votée le 14 mars dernier cette position réaffirmait la nécessaire solidarité avec l’Ukraine mais également la nécessité de mieux protéger les agriculteurs européens des distorsions de concurrence qui résultent notamment de la levée des droits de douane sur les importations ukrainiennes et des coûts de production ukrainiens inférieurs. Le dispositif prévoyait ainsi des clauses de sauvegardes automatiques pour les filières agricoles les plus impactées.


La FNSEA, l’AGPB, l’AGPM, la CGB et la CFA soulignent que ce n’est pas en affaiblissant l’agriculture française et européenne que nous permettrons un soutien durable à l’Ukraine. Elles demandent que la position défendue par la France, et soutenue par l’ensemble des agriculteurs européens soit adoptée :

  • L’inclusion du blé et de l’orge dans la clause de sauvegarde automatique,
  • Une période de référence fixée sur la moyenne des importations de 2021-2022-2023, pour tous les secteurs concernés (ce qui aboutit déjà à des contingents très importants poussant à ses limites les capacités d’absorption des produits sur le marché unique),
  • Un délai d’activation de la sauvegarde porté de 21 à 14 jours, ce qui permettrait d’agir plus rapidement en cas de situation dégradée.

« Le gouvernement français doit poursuivre ses efforts et être entendu à Bruxelles ! L’exclusion du blé ou de l’orge, tout comme une période de référence 2022/2023, avec des volumes d’importation records, serait interprété par les agriculteurs comme une provocation, puisqu’il rendrait le dispositif quasiment inopérant » avertissent la FNSEA, l’AGPB, l’AGPM, la CGB et la CFA.