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Environnement
Compétitivité,
qualité des produits et respect de
l'environnement : des impératifs
conciliables |
Observations : Ce document constitue
la fiche 1 du dossier "Permettre à notre céréaliculture
de jouer ses atouts", élaboré par l'AGPB à l'intention
des partis politiques et candidats aux élections de 2002. Vous
pouvez accéder à l'ensemble du dossier en cliquant
ICI.
Les producteurs de céréales français réalisant
des rendements/hectare élevés, ils sont souvent
accusés de productivisme. Or le productivisme
signifie obsession de la productivité, tout souci
de l'environnement et de qualité du produit étant
exclu. Les producteurs de céréales se font fort au
contraire de pouvoir répondre aux exigences du
consommateur et du citoyen en même temps qu' à
celles de la compétitivité (laquelle d'ailleurs ne
passe pas seulement par le rendement, mais aussi par
des économies de facteurs de production et par la
capacité à fournir les qualités souhaitées).
Les connaissances agronomiques, les produits, les
matériels, les techniques de production, l'attitude
des producteurs et de leurs partenaires de filière
évoluent sans cesse en ce sens. La mise en œuvre
à rythme soutenu de guides et chartes de production
comme de procédures de qualification et de
certification l'exprime bien.
Si l'héritage du passé est encore perceptible,
c'est :
- pour des raisons naturelles, les nitrates pouvant
mettre 10 ans voire davantage pour atteindre les
nappes phréatiques,
- parce que les progrès des connaissances et
techniques ne s'assimilent pas d'une manière immédiate,
parce que les investissement nécessaires pour les
inscrire dans les faits n'ont pu être réalisés
immédiatement.
Les producteurs de céréales veulent que leur
comportement soit apprécié sur les réalités du
présent et que les acquis du progrès technique
soient prises en considération. Grâce aux
techniques de l'agriculture raisonnée et de
l'agriculture de précision, ils sont persuadés
qu'ils pourront rester compétitifs, donc nombreux,
en étant garants de récoltes de qualité et d'un
espace rural préservé. Dés lors, ils ne craignent
pas la mise en œuvre du principe pollueur-payeur et
acceptent les efforts qu'elle implique (tenues de
cahier d'épandage, vérifications). A cet égard,
les dispositions adoptées en 1ière lecture à
l'Assemblée Nationale dans le volet redevance pour
excédents d'azote du projet de loi sur l'eau sont
l'exemple de ce qu'il convient de faire en toutes
circonstances.
Dans cet esprit, les producteurs de céréales
veulent attirer l'attention des responsables
politiques :
- sur les risques de mesures arbitraires liés aux
textes d'application de la directive Nitrates en
France,
- sur la nécessité de concilier protection de l
'environnement et qualité des blés.
A- Eviter l'arbitraire dans le cadre de
l'application de la directive Nitrates
Les producteurs de céréales reconnaissent la nécessite
des programmes d'action spécifiques prévus par la
directive Nitrates dans les zones classées vulnérables.
a) Cependant, ils s'interrogent sur la pertinence de
la norme des 50 mg/litre, qui est trop souvent
comprise comme une limite dangereuse pour la santé
et qui provoque donc l'inquiétude.
Des récentes études réalisées en
Grande-Bretagne, relayées en France par des déclarations
de médecins qui font autorité (Colloque Envirobio
des 13 et 14 novembre 2000, à Paris, au Sénat),
montrent pourtant l'innocuité des nitrates pour la
santé humaine. Il serait donc temps de dissocier
les effets réels des nitrates sur la pollution de
leurs effets sur la santé. Ainsi n'est-il pas
acceptable qu'un Ministère de l'Environnement
utilise le levier de la santé pour imposer de
nouvelles contraintes injustifiées. L'esprit de la
directive Nitrates a toujours été, au contraire,
de concilier efficacité des mesures et agronomie.
b) Par ailleurs, on fait fausse route en voulant
introduire des limitations arbitraires d'apports
azotés et en liant ces apports à un objectif de
teneur en nitrates des eaux, comme y tendent les
mesures d'application françaises de la directive
Nitrates de par les pouvoirs qu'elles confèrent aux
préfets.
Il faut réexpliquer que ce n'est pas la quantité
d'azote épandue qui est responsable de la
pollution, mais l'excédent par rapport au besoin de
la culture. La dose raisonnée n'est pas négative
pour l'environnement.
B - Concilier protection de l'environnement et
qualité des blés
Dans les conditions pédo-climatiques françaises,
il est difficile de produire des blés à taux de
protéine élevé. Or, le taux de protéine est pour
le marché un signe de qualité et obtenir ce taux
passe notamment par des doses d'engrais azoté
suffisantes. Dans ce contexte, la limitation pure et
simple de la quantité d'azote épandue à l'hectare
serait encore plus aberrante, provoquant une perte
de qualité des blés (moins de protéines) sans bénéfice
pour l'environnement. Encore une fois, une dose élevée
n'aboutit pas en elle-même à une pollution : le
fait que le blé soit fortement protéiné signifie
que la plante a absorbé l'engrais azoté.
Dans ce même souci de la préservation du taux de
protéines, une amélioration importante devra être
apportée au volet redevance pour excédents d'azote
du projet de loi sur l'eau voté par l'Assemblée
Nationale. Le " coefficient d'exportation
" (mesure de l'utilisation de l'engrais par la
plante) qui a été retenu est uniformément de 1,9
kg d'azote par quintal de blé. Il n'est donc pas
tenu compte de la haute teneur de protéine de
certains blés. Il risque donc d'en résulter une pénalisation
-et un découragement- des agriculteurs qui
obtiennent des taux de protéines et donc des qualités
élevées. Le coefficient d'exportation doit être
augmenté pour les blés à haute teneur en protéines.
[AGPB - 18 mars 2002]
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