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Généralités
sur la protection de l'environnement en
céréaliculture
Un haut niveau de production céréalière
peut être tout à fait compatible avec
le respect de l'environnement. Par
exemple, des terres dont les caractéristiques
permettent des rendements élevés
peuvent absorber sans dommage des doses
d'engrais plus importantes que des
terres à faible potentiel de rendement.
Le problème ne réside que dans l'excès
d'engrais par rapport à la capacité de
croissance des plantes. C'est ainsi que
les Etats-Unis doivent lutter eux aussi
contre la pollution par les nitrates
alors que les rendements en blé et les
doses employées à l'hectare y sont
moindres.
Les risques de pollution peuvent en réalité
être tout à fait maîtrisés si les
agriculteurs mettent en œuvre les
techniques qu'il faut et utilisent de
bons produits aux bons moments et aux
bonnes doses. Y concourent
l'accumulation de connaissances sur le
comportement des sols et des produits,
l'apparition de techniques de culture
différentes, la mise sur le marché de
nouveaux produits et matériels, la
multiplication des opérations
collectives de sensibilisation des
agriculteurs, enfin l'adoption de réglementations
dans 75 départements au titre de la
Directive Nitrates, de l'Union Européenne.
Le fait que le taux de nitrates augmente
dans certaines zones ne contredit pas la
réalité des efforts des agriculteurs,
de leurs fournisseurs et de leurs
organisations. Le temps de descente des
nitrates dans le sol avant d'atteindre
la nappe phréatique est souvent long et
les excès d'utilisation d'engrais azotés
dans le passé produisent encore leurs
effet aujourd'hui. On ne constatera pas
d'amélioration de l'état de l'eau
avant plusieurs années comme le reconnaît
le Ministère de l'Environnement.
Il convient enfin de rappeler que les céréaliers
ont tout intérêt, d'un point de vue économique,
à réduire les utilisations d'engrais
et de produits phytosanitaires à ce qui
est nécessaire : tout emploi excessif
de produits par rapport à ce que peut
absorber un champ coûte inutilement.
La taxe
générale sur les activités
polluantes, une mesure inefficace et
décourageante
Dans le
cadre du projet de loi de finances pour
1999, le gouvernement a décidé la mise
en place d'une fiscalité écologique en
faisant adopter la Taxe Générale sur
les Activités Polluantes. Jusqu'ici
cette taxe ne concernait que le secteur
du traitement des déchets et la
pollution atmosphérique. Aujourd'hui,
le Ministère de l'Aménagement du
Territoire et de l'Environnement ainsi
que le Ministère des Finances
souhaitent son extension au domaine de
l'eau. Est notamment visée la pollution
diffuse d'origine agricole liée à
l'utilisation des engrais azotés et des
produits phytosanitaires.
Les céréaliers sont très concernés,
compte tenu des surfaces qu'ils
cultivent. Avec l'ensemble des
organisations agricoles, ils refusent
l'extension de la TGAP à leur secteur.
Les raisons de cette opposition sont les
suivantes :
en tant que taxe, la TGAP abonde
le budget général de l'Etat.
Elle pourrait donc être affectée
à de tout autres usages qu'à
des actions destinées à une
meilleure protection de l'eau.
C'est une démarche très éloignée
de celle qui consiste
actuellement à percevoir des
redevances auprès de certaines
catégories d'agriculteurs au
profit des agences de l'eau (le
produit de ces redevances
faisant l'objet d'une gestion
partenariale, avec comme
objectif prioritaire la
recherche, l'expérimentation et
la diffusion de techniques
agricoles protectrices de
l'environnement),
en ce qui concerne les produits
phytosanitaires, au moins, il y
aurait pénalisation dès le
premier gramme utilisé. Il ne
serait donc pas fait de
distinction entre pollueurs et
non pollueurs et ainsi, le
principe " pollueur-payeur
" ne serait pas respecté.
Autre paradoxe, les produits
phytosanitaires étant homologués
par les Pouvoirs publics dans le
cadre de procédures extrêmement
rigoureuses, comment considérer
qu'ils sont systématiquement
polluants et que leur emploi
doit être taxé d'office ?
la TGAP n'aurait pas d'efficacité
environnementale. Les expériences
tentées dans d'autres pays de
la communauté européenne
indiquent en effet que ce genre
de mesure n'incite pas les
agriculteurs à faire évoluer
leurs pratiques. L'extension de
la TGAP ne serait donc qu'un
surcroît de charge pour les
exploitations. Elle n'aboutirait
qu'à décourager les
initiatives de la profession
agricole et de ses partenaires
de filière pour aider les
exploitants à adapter leurs
pratiques.
La
contre-proposition de la profession
agricole : intégrer l'ensemble de
l'agriculture au sein du dispositif des
agences de l'eau
Après
la viticulture, après l'élevage, après
les agriculteurs pratiquant
l'irrigation, les exploitations
s'adonnant aux grandes cultures seraient
soumises au régime de redevance, en
application dans le cadre des agences de
l'eau. Des engagements les concernant
devraient être actés dans des
accords-cadres avec chacune des agences
de l'eau. Ces accords préciseraient les
objectifs, les actions à conduire en
fonction de la spécificité de chaque
bassin, les résultats attendus et le
plan de financement.
La volonté professionnelle est
d'appliquer ce dispositif aux grandes
cultures dans le cadre du VIIIème
programme des agences de l'eau qui démarrera
en 2001.
a) pour les engrais azotés, les
exploitations s'adonnant à ces cultures
devraient intégrer progressivement le
système de redevance sur une durée de
5 ans. Le calcul de la redevance se
ferait à partir d'un bilan apparent de
l'azote utilisé par chaque exploitant.
Il serait modulé par un système
d'encouragement aux bonnes pratiques
(analyses de terre, fractionnement des
apports d'azote, pratique d'
intercultures non productives, etc.)
b) pour les phytosanitaires, la
redevance établie serait indexée sur
le volume d'affaire soit de la
distribution, soit de la fabrication et
de l'importation de produits
phytosanitaires. Les sommes collectées
s'élèveraient à 250 millions de
francs par an, soit environ 2% du
chiffre d'affaires du marché français.
Des actions
prioritaires à conforter
Le
produit des sommes nouvellement prélevées
servirait :
à développer des actions de
sensibilisation, de conseil, de
formation,
à accroître l'utilisation d'équipements
et de matériels d'épandage
mieux adaptés et plus régulièrement
contrôlés,
à diagnostiquer les zones et
parcelles à risque et à y
favoriser des pratiques
agricoles spécifiques,
pour les produits
phytosanitaires, à mieux
organiser la récupération des
emballages et produits non
utilisés, à favoriser l'aménagement
des aires de remplissage des
outils d'épandage, à mieux
traiter les problèmes d'élimination
des fonds de cuve des dits
outils.
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