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Economie céréalière
Permettre à notre céréaliculture de jouer ses atouts
Dossier élaboré par l'AGPB à l'intention des partis politiques et candidats aux élections de 2002
Note de présentation générale
De par sa position de 5ème pays producteur de céréales dans
le monde, la France est bien placée pour tirer parti - économiquement,
socialement, territorialement - des perspectives d'augmentation
de la demande de céréales dans le monde au cours de la prochaine
décennie. Durant cette période, les besoins en ressources alimentaires
et énergétiques ainsi que le souci de préservation de l'environnement
et les mutations technologiques vont en effet se conjuguer pour
faire augmenter de plus de 300 millions de tonnes - plus de 20% -
les débouchés annuels des céréales dans le monde.
Satisfaire ces besoins n'est pas seulement pour notre pays affaire
d'opportunité. C'est également une nécessité : si, bien sûr, elles
doivent évoluer - et elles en ont la capacité - nos exploitations
céréalières restent cependant vouées pour l'essentiel à produire
des céréales.
Pour autant, le dynamisme des producteurs ne peut en soi suffire
à façonner leur avenir. Il faut également qu'ils bénéficient de
la confiance de la société et des pouvoirs publics. Il faut par
ailleurs que le cadre économique général dans lequel ils exercent
leur métier soit adapté.
A la veille d'échéances électorales qui vont déterminer l'évolution
de la France et, en particulier, son engagement lors de diverses
échéances essentielles pour la politique agricole, l'AGPB a souhaité
rappeler tous ces éléments.
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A - Des enjeux de politique céréalière à la mesure des dimensions de notre céréaliculture
Les enjeux de la politique céréalière en France - qu'ils soient économiques, sociaux territoriaux, environnementaux - sont à la mesure des dimensions de notre céréaliculture.
Surfaces de céréales en France
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En 2001, avec près de 10 millions d'hectares, les surfaces céréalières
(jachère comprise) ont représenté pratiquement 34% de la superficie
agricole de notre pays et 18% de sa superficie totale. Sur ces
surfaces, la France a récolté 61 millions de tonnes de céréales,
ce qui en a fait le 5ème producteur mondial derrière les Etats-Unis,
la Chine, l'Inde et l'ex-URSS. Pour l'essentiel, cette production
a été réalisée par 133 000 exploitants spécialisés en grandes
cultures et 80 000 polyculteurs-éleveurs. Selon les dernières
données disponibles, le coût de production d'une tonne de blé
était quasiment identique en France et aux Etats-Unis en 1999,
la parité moyenne s'élevant à 6 F pour 1 $.
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Au-delà des exploitations elles-mêmes, notre céréaliculture génère
d'importants courants d'activité. En amont, les secteurs français
des semences, des phytosanitaires et du machinisme agricole occupent
les premiers rangs européens, voire mondiaux. Idem en aval avec
la meunerie, la malterie, l'industrie des produits amylacés (amidons
et dérivés) et celle de la nutrition animale, qui utilise à plus
de 50% des matières premières céréalières. L'importance et la
compétitivité du gisement céréalier français ont par ailleurs,
favorisé le développement des filières françaises de viande blanche.
Compte tenu de ses dimensions, la céréaliculture française ne
dispose que de marges de diversification réduites dans des productions
encore libres d'accès*. Il suffirait d'une faible proportion
de reconversion de surfaces céréalières pour faire augmenter de
manière insupportable celles de pommes de terre alimentaires (120
000 hectares), d'autres légumes (320 000 ha) ou de fruits (220
000 ha, arboriculture comprise). De la même manière, la création
accélérée d'élevages de porcs et de volailles sur des exploitations
céréalières déséquilibrerait sévèrement ce marché. Il n'y a que
dans le secteur des oléoprotéagineux (2,65 Mha en 2001 en France),
que les producteurs de céréales pourraient pratiquer une diversification
plus ample. Encore faudrait-il que la rentabilité de ces cultures
devienne durablement meilleure, ce qui dépend de facteurs techniques
et politiques non maîtrisables aujourd'hui.
*(c'est à dire sans quotas ou droits à primes)
Pour l'essentiel, les producteurs de céréales français n'ont
donc d'autre alternative que la préservation de leurs parts de
marché ou l'augmentation des jachères. Cette dernière provoquerait
évidemment une baisse du revenu moyen/hectare et une réduction
du nombre d'exploitants qui ne manqueraient pas de se répercuter
sur les activités d'amont et d'aval et sur l'entretien de l'espace
rural. Une politique d'extensification menée sans discernement
produirait les mêmes effets.
A titre d'illustration, préserver aujourd'hui 10 Mt de débouchés
- à peu près l'équivalent de ce que la France exporte annuellement
en dehors de l'Union européenne - évite que le taux de jachère
sur les surfaces céréalières françaises passe à 23-25%, alors
qu'il est actuellement de 10%.
B - Un rythme élevé de croissance de la demande mondiale de céréales
La céréaliculture française ne manque pas de perspectives de débouchés
pour le futur. A maints égards en effet, notre monde aura de plus
en plus besoin de céréales. A l'horizon 2013-2014, la demande
mondiale de céréales devrait être supérieure de 330 Mt au moins,
soit l'équivalent de la production des Etats-Unis aujourd'hui,
aux 1 500 Mt de 2001.
Demande mondiale de céréales toutes utilisations
(millions de tonnes)

Source FAO
Données toutes céréales, hors riz
Le monde aura de plus en plus besoin des céréales à des fins
alimentaires. La croissance démographique des pays du sud,
l'augmentation globale du pouvoir d'achat qu'ils connaîtront et
l'évolution de leurs modes de consommation annoncent des niveaux
de demande alimentaire que les progrès de leurs agricultures ne
suffiront pas à satisfaire, compte tenu de leurs surfaces cultivables,
de leurs ressources en eau et de leurs données climatiques et
pédologiques. C'est notamment vrai pour le pourtour méditerranéen,
où les conditions naturelles ne permettent pas d'augmentation
importante de la production céréalière, alors que la progression
démographique y est très forte.
Les céréales sont appelées par ailleurs à devenir une source
importante de matière première pour la fourniture de carburants
et, plus généralement, d'énergie. D'une part, il s'agit de
ressources renouvelables et potentiellement croissantes, à l'inverse
des réserves de carbone fossile (hydrocarbures, gaz naturel, charbon).
Or, le développement des pays du sud va faire augmenter rapidement
les besoins énergétiques sur notre planète. D'autre part, les
carburants et combustibles issus des céréales sont relativement
neutres quant à l'émission de CO2 dans l'atmosphère, à l'inverse
de ceux qui proviennent du sous-sol.
Superficies de blé de l'UE à 15 consacrées
aux usages énergétiques :
impact potentiel des projets de directive européenne
de novembre 2001

Source : AGPB-CGB
Pour les mêmes raisons, mais aussi à cause de l'aptitude des biotechnologies
à créer des molécules nouvelles, les céréales, comme d'autres
végétaux, sont également appelées à davantage de présence dans
diverses industries non alimentaires. Les pétroliers, la grande
chimie et les cosmétiques, par exemple, utiliseront des volumes
croissants de matières intermédiaires "vertes", soit en raison
de leur caractère écologique (biodégradabilité des plastiques
élaborés à partir d'amidon), soit en raison de qualités techniques
et économiques particulières (élasticité et résistance de certaines
fibres textiles ; moindres coûts et volumes de production plus
élevés pour la fabrication de certains vaccins ou médicaments;
obtention de produits cosmétiques faiblement allergènes).
La possibilité pour les producteurs de céréales françaises de
s'inscrire dans ces perspectives dépend, bien sûr, de leur propre
capacité à s'adapter, mais pas seulement.
C - Confiance de la société et cadre économique adapté : des facteurs indispensables
Il est d'abord nécessaire que les producteurs puissent exercer
leur métier en bénéficiant de la confiance de la société et des
Pouvoirs publics. La société doit être persuadée que les producteurs
de céréales sont tout à fait capables de concilier le respect
de l'environnement et la qualité des produits avec la productivité,
passage obligé de la compétitivité et de la viabilité de leurs
exploitations (voir Fiche 1 ci-dessous
- Compétitivité, qualité des produits et
respect de l'environnement : des impératifs conciliables)
Les progrès des connaissances agronomiques, ceux des produits
et matériels utilisés par les agriculteurs, l'affinement des techniques
culturales, l'adoption de procédures de qualification des exploitations
et la mise en place de guides, de chartes de production et de
processus de traçabilité convergent dans ce sens. Prendre en compte
cette réalité, traiter les producteurs en gens responsables, plutôt
que de les soumettre à des réglementations et taxations arbitraires,
est indispensable pour qu'ils soient nombreux à vouloir et pouvoir
exercer ce métier.
Au-delà de la confiance à laquelle ils aspirent, les producteurs
de céréales ont également besoin que leurs marchés soient disciplinés
et organisés.
La discipline des marchés céréaliers doit être mieux assurée
par l'Organisation Mondiale du Commerce. Les accords signés
à Marrakech en 1994 contraignent en effet davantage les soutiens
de l'U.E. à sa céréaliculture que ceux des Etats-Unis à la leur,
bien que les soutiens américains provoquent davantage de distorsions
sur les marchés. L'accord intervenu à Doha le 14 novembre dernier
permet de remettre en cause cet état de fait si l'U.E. en a la
volonté politique. Elle doit faire admettre qu'il faut raisonner
davantage en termes de distorsion de concurrence que par type
d'aides (voir Fiche 2 ci-dessous - Négociations
à l'OMC : les points clefs pour la céréaliculture.
française)
Les négociations de l'OMC interférent évidemment avec l'évolution
de la PAC, elle-même soumise aux deux échéances que sont la révision
à mi-parcours d'Agenda 2000 et l'adhésion des premiers PECO (voir
Fiche 3 ci-dessous - Pour une PAC céréalière
renouvelée, efficace et cohérente).
Principaux destinataires des "aides directes aux surfaces" versées
par l'Union Européenne pour contrer les prix de dumping des céréales
américaines, les producteurs de céréales sont concernés au premier
rang par les propositions de la Commission européenne et de certains
Etats de réorienter les crédits dévolus aux Organisations Communes
de Marché (OCM) vers le "deuxième pilier" de la PAC (actions
de développement). Si les producteurs ne mésestiment pas la valeur
de ce type d'actions, ils considèrent cependant qu'un transfert
significatif de crédits des OCM au deuxième pilier n'est envisageable
que si, lors des négociations de l'OMC, l'Europe obtient une vraie
remise en cause des aides américaines qui faussent les prix de
marchés. Sinon, face à des concurrents toujours autant aidés,
ils seraient perdants.
Les céréaliers français tiennent enfin à réaffirmer leur attachement
au bon fonctionnement de l'intervention (achat à un prix de soutien
à des fins de stockage public), autre aspect majeur de l'OCM céréales
également remis en cause par un certain nombre d'Etats-membres.
Face aux aléas pesant sur la production de céréales et, par conséquent,
sur l'équilibre de l'offre et de la demande, l'intervention est
un moyen efficace et peu coûteux d'assurer un filet de sécurité
aux producteurs et de stabiliser les marchés céréaliers. Les échéances
à venir pour l'évolution de la PAC doivent être l'occasion de
conforter l'intervention.
Au-delà de ce qui précède, la réussite de la céréaliculture française
dépend également de décisions des Pouvoirs publics français et
européens dans divers domaines.
Ainsi le développement des bio-carburants et des bio-combustibles
suppose-t-il des orientations de politique énergétique et environnementale
qui offrent des perspectives aux investisseurs et opérateurs susceptibles
de contribuer à l'édification de filières solides dans ces domaines.
L'adoption des deux projets de directive bio-carburants proposées
par la Commission européenne en novembre 2001 fait partie des
mesures prioritaires à prendre à cet égard (voir
Fiche 4 ci-dessous - Bio-carburants et bio-combustibles : des
produits d'avenir pour la protection de l'environnement et l'approvisionnement
énergétique). Incidemment, il convient
de noter l'intérêt des co-produits de la fabrication des bio-carburants
quant à la résorption du déficit des Quinze en matières protéiques
(voir Fiche 4 bis ci-dessous - Protéines végétales
: le secteur céréalier peut contribuer à
réduire le déficit).
Le secteur des céréales est également très tributaire de la
politique des transports. A la suite des baisses de prix générées
par la réforme de la PAC de 1992 et par Agenda 2000, les performances
des modes de transport ont pris une part importante dans le coût
final de la céréale rendue à l'utilisateur. Or, en France, depuis
des années, le rail et la voie d'eau, modes de transport les plus
intéressants économiquement et écologiquement pour acheminer des
céréales sur moyenne et longue distance, ont cédé beaucoup de
parts de marché au camion. Il ne pourra intervenir d'amélioration
sur ce plan que si le fret ferroviaire devient vraiment dans les
faits une priorité pour les Pouvoirs publics et que s'ils investissent
suffisamment dans la voie d'eau (voir Fiche 5 ci-dessous -
Pour un transport des céréales plus compétitif
et plus écologique).
La compétitivité des exploitations céréalières et du secteur
céréalier en général passe par des formes de travail renouvelées.
En ce qui concerne les exploitations elles-mêmes, elles sont nombreuses
aujourd'hui dans le secteur des grandes cultures végétales à vouloir
s'orienter vers l'assolement en commun. Cette formule, qui permet
aux exploitants de regrouper leurs surfaces sans se mettre en
société, favorise une rationalisation des travaux. Malheureusement,
les règles des baux ruraux et une conception étroite du principe
de transparence en freinent le développement. Des changements
mineurs de textes législatifs et réglementaires pourraient rapidement
débloquer cette situation (voir Fiche 6 ci-dessous - L'assolement
en commun, pour être compétitifs en restant nombreux).
Le besoin de retoucher la loi rapidement existe également en ce
qui concerne les interprofessions. Dans le domaine des céréales,
la segmentation du marché et de la demande et plus globalement,
la libéralisation des politiques agricoles, obligent les opérateurs
des filières céréalières à trouver des synergies pour valoriser
les récoltes. C'est pourquoi les familles professionnelles de
la filière céréalière ont créé en 2001 l'association Intercéréales
dont ils ont demandé la reconnaissance en tant qu'interprofession
par le ministère de l'Agriculture. Malheureusement, la rédaction
de l'article 2 de la loi d'orientation agricole du 9 juillet 1999
empêche actuellement toute reconnaissance d'interprofession. Là
également, une intervention du législateur est nécessaire dans
les meilleurs délais (voir
Fiche 7 ci-dessous - Pour une reconnaissance
des actions interprofessionnelles des céréaliers
et de leurs partenaires).
Fiche 1 - Compétitivité, qualité des produits et respect de l'environnement : des impératifs conciliables
Les producteurs de céréales français réalisant des rendements/hectare
élevés, ils sont souvent accusés de productivisme. Or le productivisme
signifie obsession de la productivité, tout souci de l'environnement
et de qualité du produit étant exclu. Les producteurs de céréales
se font fort au contraire de pouvoir répondre aux exigences du
consommateur et du citoyen en même temps qu' à celles de la compétitivité
(laquelle d'ailleurs ne passe pas seulement par le rendement,
mais aussi par des économies de facteurs de production et par
la capacité à fournir les qualités souhaitées).
Les connaissances agronomiques, les produits, les matériels, les
techniques de production, l'attitude des producteurs et de leurs
partenaires de filière évoluent sans cesse en ce sens. La mise
en uvre à rythme soutenu de guides et chartes de production comme
de procédures de qualification et de certification l'exprime bien.
Si l'héritage du passé est encore perceptible, c'est :
- pour des raisons naturelles, les nitrates pouvant mettre 10
ans voire davantage pour atteindre les nappes phréatiques,
- parce que les progrès des connaissances et techniques ne s'assimilent
pas d'une manière immédiate, parce que les investissement nécessaires
pour les inscrire dans les faits n'ont pu être réalisés immédiatement.
Les producteurs de céréales veulent que leur comportement soit
apprécié sur les réalités du présent et que les acquis du progrès
technique soient prises en considération. Grâce aux techniques
de l'agriculture raisonnée et de l'agriculture de précision, ils
sont persuadés qu'ils pourront rester compétitifs, donc nombreux,
en étant garants de récoltes de qualité et d'un espace rural préservé.
Dés lors, ils ne craignent pas la mise en uvre du principe pollueur-payeur
et acceptent les efforts qu'elle implique (tenues de cahier d'épandage,
vérifications). A cet égard, les dispositions adoptées en 1ière
lecture à l'Assemblée Nationale dans le volet redevance pour excédents
d'azote du projet de loi sur l'eau sont l'exemple de ce qu'il
convient de faire en toutes circonstances.
Dans cet esprit, les producteurs de céréales veulent attirer l'attention
des responsables politiques :
- sur les risques de mesures arbitraires liés aux textes d'application
de la directive Nitrates en France,
- sur la nécessité de concilier protection de l 'environnement
et qualité des blés.
A - Eviter l'arbitraire dans le cadre de l'application de la directive Nitrates
Les producteurs de céréales reconnaissent la nécessite des programmes
d'action spécifiques prévus par la directive Nitrates dans les
zones classées vulnérables.
a) Cependant, ils s'interrogent sur la pertinence de la norme
des 50 mg/litre, qui est trop souvent comprise comme une limite
dangereuse pour la santé et qui provoque donc l'inquiétude.
Des récentes études réalisées en Grande-Bretagne, relayées en
France par des déclarations de médecins qui font autorité (Colloque
Envirobio des 13 et 14 novembre 2000, à Paris, au Sénat), montrent
pourtant l'innocuité des nitrates pour la santé humaine. Il serait
donc temps de dissocier les effets réels des nitrates sur la pollution
de leurs effets sur la santé. Ainsi n'est-il pas acceptable qu'un
Ministère de l'Environnement utilise le levier de la santé pour
imposer de nouvelles contraintes injustifiées. L'esprit de la
directive Nitrates a toujours été, au contraire, de concilier
efficacité des mesures et agronomie.
b) Par ailleurs, on fait fausse route en voulant introduire des
limitations arbitraires d'apports azotés et en liant ces apports
à un objectif de teneur en nitrates des eaux, comme y tendent
les mesures d'application françaises de la directive Nitrates
de par les pouvoirs qu'elles confèrent aux préfets.
Il faut réexpliquer que ce n'est pas la quantité d'azote épandue
qui est responsable de la pollution, mais l'excédent par rapport
au besoin de la culture. La dose raisonnée n'est pas négative
pour l'environnement.
B - Concilier protection de l'environnement et qualité des blés
Dans les conditions pédo-climatiques françaises, il est difficile
de produire des blés à taux de protéine élevé. Or, le taux de
protéine est pour le marché un signe de qualité et obtenir ce
taux passe notamment par des doses d'engrais azoté suffisantes.
Dans ce contexte, la limitation pure et simple de la quantité
d'azote épandue à l'hectare serait encore plus aberrante, provoquant
une perte de qualité des blés (moins de protéines) sans bénéfice
pour l'environnement. Encore une fois, une dose élevée n'aboutit
pas en elle-même à une pollution : le fait que le blé soit fortement
protéiné signifie que la plante a absorbé l'engrais azoté.
Dans ce même souci de la préservation du taux de protéines, une
amélioration importante devra être apportée au volet redevance
pour excédents d'azote du projet de loi sur l'eau voté par l'Assemblée
Nationale. Le "coefficient d'exportation" (mesure de l'utilisation
de l'engrais par la plante) qui a été retenu est uniformément
de 1,9 kg d'azote par quintal de blé. Il n'est donc pas tenu compte
de la haute teneur de protéine de certains blés. Il risque donc
d'en résulter une pénalisation - et un découragement - des agriculteurs
qui obtiennent des taux de protéines et donc des qualités élevées.
Le coefficient d'exportation doit être augmenté pour les blés
à haute teneur en protéines.
Fiche 2 - Négociations à l'OMC : les points clefs pour la céréaliculture française
Aux termes des discussions de la Conférence ministérielle de Doha
et de l'accord auquel elle a abouti le 14 novembre 2001, les négociations
agricoles de l'OMC vont se focaliser sur trois thèmes :
A - l'amélioration de l'accès aux marchés, thème couvrant les questions relatives aux protections aux frontières;
B - la réduction des différentes formes de subventions à l'exportation;
C - la réduction des soutiens internes à l'agriculture (aides aux exploitants) ayant des effets de distorsion sur les échanges.
A - Accès aux marchés : rééquilibrer le traitement réservé à l'U.E.
Les producteurs de céréales français demandent :
- que toute concession européenne soit subordonnée à l'imposition
de disciplines sur les soutiens internes grâce auxquels des concurrents
font baisser leurs prix de marché, trouvant ainsi le moyen de favoriser
leurs exportations et de se protéger contre les importations,
- que tout accroissement des volumes de contingents tarifaires (quotas
de produits pouvant entrer à droits de douane réduits ou nuls) ait
comme contrepartie des concessions permettant d'accroître les exportations
européennes.
Cette demande s'appuie sur le fait qu'en la matière, parmi les pays
signataires des accords de l'OMC en 1994, l'U.E. est l'un des pays
qui a le mieux mis en uvre ses obligations
- que soit abolie la clause des derniers accords de l'OMC plafonnant
à 155% du prix de soutien des céréales européennes le prix d'entrée
(prix aux frontières + droits de douane) des céréales importées
. A la suite de l'adoption d'Agenda 2000, qui a conduit à une baisse
de 15% du prix de soutien des céréales dans l'U.E., le prix d'entrée
a été automatiquement abaissé et les droits de douane européens
sur les importations de céréales se sont trouvé ramenés à zéro ou
quasiment sans contrepartie. Cette clause n'est plus supportable.
B - Prendre en compte toutes les formes de subventions à l'exportation
Les producteurs de céréales français demandent que toutes les formes
d'aides à l'exportation soient soumises à discipline et non seulement
les aides qui permettent d'exporter à un prix moindre que le prix
du marché intérieur, telles que les restitutions européennes.
Ainsi, doivent être pris en compte les subventionnements et garanties
de crédits à l'exportation, qui, dans certains pays exportateurs
de céréales, permettent des taux et délais de remboursement imbattables.
Il est nécessaire également d'assortir l'aide alimentaire de conditions
de mise en uvre empêchant qu'elle puisse être utilisée comme un
moyen de s'implanter sur des marchés ou de résorber des excédents
au détriment des concurrents. Il faut enfin considérer comme des
subventions à l'exportation les mécanismes tels que le marketing
loan américain, grâce auquel les exploitants sont incités à vendre
à n'importe quel prix, assurés qu'ils sont de recevoir du gouvernement
fédéral la différence par rapport à un niveau de recette minimum
garantie.
C - Reconsidérer le classement des soutiens internes
La classification actuelle des soutiens internes dans les boites
orange (soutiens faussant le jeu du marché et donc soumis à réduction),
bleue (soutiens considérés comme interférant sur le fonctionnement
de marché mais tolérés du fait qu'ils sont subordonnées à une maîtrise
de la production) et verte (soutiens autorisés) n'est pas pertinente.
L'U.E. s'en trouve pénalisée et cette classification doit être reconsidérée.
a) Ainsi est-ce abusivement que le prix d'intervention (de soutien)
des céréales européen est classé en boîte orange puisqu'il est déjà
contraint par les mesures tendant au démantèlement des droits de
douane et des subventions à l'exportation (il n'est pas possible
en effet d'avoir un prix d'intervention sans des droits de douane
et subventions à l'exportation suffisamment en phase pour assurer
son efficacité). Il y a donc triple comptage à classer le prix d'intervention
en boîte orange en même temps que sont réduits les droits à l'importation
et les subventions à l'export.
Le mécanisme du marketing loan américain (présentée au point B ci-dessus)
constitue bien en revanche une protection à l'importation en même
temps qu'une aide à l'exportation : c'est une raison de le soumettre
à des disciplines spécifiques supplémentaire.
b) Autre exemple, les aides directes aux céréaliers européens sont
classées en boîte bleue tandis que les aides directes aux céréaliers
américains (hors aides d'urgence et aides de marketing loan) sont
classées en boîte verte. La différence est que les aides européennes
sont attribuées sur la base d'hectares de culture déclarés annuellement,
tandis que les aides américaines sont attribuées sous forme d'enveloppes
forfaitaires par exploitation, dites pour cette raison "découplées"
de la production et considérées en conséquence comme n'avantageant
pas leurs bénéficiaires.
Pourtant, comme en Europe, l'existence de ces aides a pour conséquence
que les "farmers" peuvent vendre au-dessous du prix de revient.
Ils le font sur des volumes d'autant plus importants qu'il ne leur
est pas imposé, à l'inverse de leurs collègues européens, de mettre
des terres en jachère pour percevoir ce type d'aides.
Les aides directes ordinaires américaines faussent donc davantage
les marchés que les aides directes européennes. En conséquence,
la boîte bleue devrait être préservée, à l'inverse de ce que demandent
les Etats-Unis, et les aides directes ordinaires américaines devraient
être sorties de la boîte verte, compte tenu de leurs effets distorsifs.
Sur tous ces sujets, la première phase des négociations, qui se
termine en mars 2003, sera déjà déterminante. Cette phase consiste
à établir ces règles et disciplines générales de la négociation,
c'est à dire à négocier sur la manière de négocier.
C'est donc durant cette phase qu'il sera déterminé quelles aides
à l'exportation autres que les subventions directes -crédits préférentiels
à l'exportation etc.- doivent être soumises à négociation et de
quelle manière. OU encore, si le classement des soutiens internes
en aides autorisées, tolérées sous conditions et soumises à diminution
doit être reconsidéré et comment. OU encore, sous quelle(s) forme(s)
doit être entreprise l'ouverture des frontières (diminution linéaire
des droits de douane tous produits, diminutions différenciées par
produit, réduction des droits les plus élevés, etc...).
Ainsi est-ce en fonction de ces travaux de la première phase que
pourra ou non être ultérieurement remis en cause, lors des négociations
sur le fond, le classement en aides autorisées de certaines aides
directes aux producteurs américains.
Fiche 3 - Pour une PAC céréalière renouvelée, efficace et cohérente
Depuis 1962, l'Europe des céréales vit avec
une Organisation Commune de Marché. Il a toujours été considéré
en effet que dans un domaine aussi stratégique que les céréales
- pour la sécurité alimentaire, mais aussi sur le plan géopolitique
- l'ajustement de la production aux besoins et la détermination
des prix ne pouvaient résulter d'une confrontation non organisée
de l'offre et de la demande.
A l'inverse de ce qui se passe dans le secteur industriel, la production
de céréales est aléatoire, d'une part compte tenu de sa soumission
aux facteurs climatiques, d'autre part parce qu'elle dépend également
de décisions d'ensemencement qui sont de fait de centaines de milliers
d'agriculteurs. De ces aléas, il peut résulter d'importants écarts
des récoltes par rapport à la demande et des à-coups sur les prix
destructeurs pour l'appareil de production. D'où des interventions
des Pouvoirs publics visant, dans la quasi-totalité des grands pays
producteurs, à réguler l'offre de céréales (via du stockage public,
de la maîtrise de production) et/ou à contenir l'amplitude des variations
de prix ou de leurs effets (actions de contrôle des importations
et exportations, soutien des prix, aides aux agriculteurs).
Dans l'U.E., l'intervention des Pouvoirs publics dans le secteur
céréalier s'exprime par la mise en uvre de divers outils : intervention
(achat pour stockage public à un prix minimum), mesures aux frontières
(droits de douane à l'importation, subventions aux exportations
["restitutions"] ou, à l'inverse, taxation des exportations),
jachère et aides directes à la surface cultivée.
Les producteurs de céréales européens attachent une importance particulière
à l'Organisation Commune des Marchés (OCM) des céréales. Elle est
un moyen efficace et peu coûteux d'assurer un filet de sécurité
au producteur et de stabiliser les marchés céréaliers. Les échéances
à venir - révision à mi-parcours d'Agenda 2000 ("mid term review"),
élargissement et négociations agricoles à l'OMC - doivent être l'occasion
de la conforter en la renouvelant pour lui redonner toute son efficacité
et sa cohérence.
La fiche "Négociations de l'OMC : les points clefs pour la céréaliculture
française" expose quelles sont les positions des producteurs en
ce qui concerne les mesures aux frontières et les mécanismes d'aide
directe en général. Pour ce qui relève plus strictement de la compétence
de l'Union Européenne, ces derniers rappellent leur souci de voir
l'intervention jouer un rôle effectif de filet de sécurité, d'une
part, et la nécessité d'une évolution réaliste des aides directes,
d'autre part.
A - Pour une intervention qui joue son rôle de filet de sécurité
Bien sûr, l'efficacité du mécanisme d'intervention est liée aux
mesures aux frontières : toute accumulation déraisonnable de stocks
publics du fait d'importations massives et/ou d'exportations insuffisantes
condamnerait l'intervention. Mais il importe aussi pour que l'intervention
joue son rôle de filet de sécurité, que le prix d'intervention puisse
jouer son rôle le cas échéant : il ne faut pas qu'il soit fixé à
niveau trop bas et que sa mise en uvre ne soit soumise à des critères
trop restrictifs (critères physiques, comme le poids spécifique,
et critères physiologiques, comme le taux de protéines).
Une baisse supplémentaire du prix d'intervention dans le cadre de
la révision à mi-parcours d'Agenda 2000 ne se justifie en aucun cas.
· les prix d'intervention des céréales se situent en moyenne au
niveau du prix mondial.
· une simulation avec les prix d'Agenda 2000 sur les 20 dernières
années montre que l'intervention n'aurait été utilisée qu'une année
sur cinq.
· 70% des exportations de blé et d'orge sont faites sans restitution.
Depuis 18 mois, l'orge a été systématiquement exportée sans restitution
et il en est de même pour le blé depuis plus de 8 mois.
· le niveau des stocks est historiquement bas (7 millions de tonnes
toutes céréales pour le début de la campagne 2001/2002).
De la même manière, il ne saurait y avoir resserrement des critères
d'éligibilité à l'intervention des céréales.
La Commission a adopté en 2000 un tel resserrement, peu de mois
après l'entrée en application d'Agenda 2000. Ce resserrement a entraîné,
à qualité égale de céréales, une baisse de plus de 7% du prix payé
au producteur par rapport au prix fixé par Agenda 2000. En outre,
les volumes qui ne peuvent plus accéder à l'intervention sont vendus
à plus bas prix, ce qui tire l'ensemble du marché vers le bas.
Si des modifications doivent être adoptées quant à la mise en uvre
de l'intervention, c'est dans le sens d'une homogénéisation à l'intérieur
de l'U.E. Ainsi, en Allemagne, les organismes stockeurs reçoivent
des primes nationales complémentaires aux prix d'intervention communautaires.
Dans ces conditions les organismes stockeurs allemands ont intérêt
à faire du stockage à l'intervention et proposent aux agriculteurs
des prix supérieurs au prix d'intervention. Cette situation rend
attractive l'intervention notamment pour le seigle, dont l'U.E.
ne sait déjà que faire. Elle ne permet pas à l'agriculteur de percevoir
les signaux du marché et, enfin, elle provoque des distorsions de
concurrence entre les Etats membres.
Pour que l'intervention puisse fonctionner efficacement, il conviendrait
d'éliminer ces distorsions.
B - Pour une évolution réaliste des aides directes à la surface
M. Fischler a annoncé qu'il souhaitait profiter de la révision à
mi-parcours pour renforcer "le deuxième pilier" de la PAC (développement
rural), l'objectif étant de transférer une partie des aides directes
à la surface vers ce deuxième pilier.
Les producteurs de céréales et d'oléoprotéagineux veulent rappeler que :
· les aides directes ont été mises en place lors de la réforme de
1992 pour compenser la baisse du prix d'intervention, elle-même
décidée afin de répondre à la politique de prix bas poursuivie par
les autorités américaines sur les marchés. Lors de la réforme d'Agenda
2000, la nouvelle baisse du prix d'intervention n'a été compensée
par une augmentation des aides directes qu'à hauteur de 50%.
· depuis 3 ans, le revenu des exploitations spécialisées en céréales
et oléoprotéagineux est en baisse dans l'ensemble de l'Union Européenne.
Cette évolution s'explique par l'évolution défavorable des prix
de vente des grains, mais aussi par l'évolution du montant des compensations.
En France, la baisse des revenus céréaliers est très marquée (-37%
en quatre ans). Cette situation est liée à la mise en uvre de la
modulation des aides. A l'inverse des quelques autres Etats qui
ont choisi de mettre en uvre cette mesure optionnelle d'Agenda
2000, la France a opté pour une modulation à taux progressif, fortement
progressif même, qui touche particulièrement les exploitations céréalières.
Dans ce contexte, l'AGPB réaffirme l'importance vitale des aides
directes pour assurer la viabilité des exploitations céréalières.
La Commission européenne travaillant sur deux hypothèses dans la
perspective de la révision à mi-parcours - adoption d'une modulation
obligatoire ou dégressivité des aides dans le temps - l'AGPB demande
que :
· en cas de modulation obligatoire, le prélèvement soit linéaire
et limité à 2% des aides, les exploitants ayant un potentiel de
production de 92 tonnes de céréales étant exonérés,
· en cas de dégressivité, celle-ci ne soit pas supérieure aux gains
de productivité de l'agriculture et prenne en compte l'inflation.
Quelle que soit la mesure retenue, il est nécessaire qu'elle soit
effectivement obligatoire et appliquée de la même manière dans chacun
des Etats membres. Toute solution optionnelle ou à géométrie variable
ne peut que créer des distorsions de concurrence et inciter les
agriculteurs à faire des choix économiques qui ne sont pas cohérents
avec le marché.
Fiche 4 - Bio-carburants et bio-combustibles : des produits d'avenir pour la protection de l'environnement et l'approvisionnement énergétique
Les céréales et d'autres grandes productions végétales (oléagineux,
betteraves) peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre
l'effet de serre en réduisant la présence de dioxyde de carbone
(CO2) dans l'atmosphère. Elles peuvent également contribuer substantiellement
à la réduction de la dépendance énergétique de l'Europe.
Pour un hectare cultivé en céréales, il y a fixation de 5 à 6 tonnes
de carbone net* dans le grain et dans la paille grâce à la photosynthèse.
Par ailleurs le développement racinaire et l'enfouissement dans
le sol des résidus de culture de céréales aboutissent également
à soustraire durablement 0,2 tonne de carbone à l'atmosphère.
L'utilisation comme bio-carburants ou bio-combustibles du carbone
"récolté" permet de diminuer à due proportion les besoins de carbone
fossile, qu'il s'agisse d'hydrocarbure liquide, de gaz naturel ou
de charbon. Par ailleurs, ces carburants et combustibles sont relativement
neutres quant à l'émission de CO2 dans l'atmosphère : l'émission
de gaz carbonique issue de leur combustion est compensée par l'absorption
de gaz carbonique par les plantes dont ils proviennent.
Ces avantages ne pourront qu'être maximisés avec :
- la diffusion de l'agriculture de précision, qui permettra
soit une diminution, soit une meilleure rentabilisation des intrants,
- la progression des techniques de travail du sol simplifié
("non labour"), qui évitera de plus en plus l'oxygénation du carbone
contenu dans le sol et donc son émission dans l'atmosphère,
- l'utilisation de sources énergétiques qui proviendront
également de la biomasse pour le transport et la transformation
de céréales en bio-carburant.
A - Aller vers une utilisation généralisée des bio-carburants
L'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie)
a rassemblé des éléments dont sont tirés ces résultats, présentés
dans le tableau ci-après, sur l'épargne de CO2 qu'entraînerait l'incorporation
des bio-carburants issus des céréales - bio-éthanol et ETBE** - dans
l'intégralité des super distribués en France.
| Formule d'incorporation |
ETBE à 8% (seule formule actuellement autorisée en France) |
Bio-éthanol à 5% (autorisé par UE) |
Mélange bio-éthanol et ETBE (testé en 2002 en France) |
Bio-éthanol à 10% (formule USA) |
Epargne de C02 (millions de tonnes d'équivalent CO2) |
0,7 |
2,5 |
3 |
4,9 |
Pour entrer dans ce futur, il est indispensable :
1) dans l'immédiat, d'obtenir de l'U.E. la consolidation de notre
fiscalité sur les biocarburants au regard de la réglementation européenne
sur les droits d'accise applicable en la matière.
La demande a été faite il y a plus d'un an à Bruxelles et il faudrait
que la France accentue ses démarches auprès de ses partenaires pour
obtenir cette consolidation
2) d'étendre au bio-éthanol incorporé en direct au super la défiscalisation
jusqu'ici réservée au bio-éthanol destiné à la production d'ETBE.
3) de défendre les deux projets de directives biocarburants proposées
par la Commission européenne le 7 novembre dernier. Ces deux projets
affichent des objectifs d'incorporation de bio-carburants dans les
carburants conventionnels à hauteur de 5,75 % en 2010 et une défiscalisation
harmonisée dans l'Union. La Commission souhaite répondre ainsi aux
engagements de lutte contre le changement climatique et améliorer
la sécurité de l'approvisionnement.
B - Egaler nos partenaires européens dans le domaine de la bio-chaleur et de la bio-électricité
Des unités de chauffage urbain ou horticole alimentées en céréales
à paille sont apparues en France ces dernières années, dont le fonctionnement
donne satisfaction.
Ce mode d'alimentation présente l'avantage de limiter le recours
aux énergies fossiles et les émissions de CO2 dans l'atmosphère,
comme l'ont reconnu il y a plus dix ans déjà le Danemark et l'Allemagne,
pays où se sont développés des réseaux chaleur et des unités de
cogénération***. Sur le plan des coûts d'approvisionnement, la paille
devient intéressante à partir du moment où le fuel domestique dépasse
1,6 F/l environ.
Si la France utilisait comme combustible 15% de ses pailles comme
le Danemark, 4 millions de tonnes de paille viendraient se substituer
à environ 1,1 Mt d'équivalent pétrole de produits fossiles et il
en résulterait une économie de 3,2 Mt d'équivalent CO2, soit 20%
de l'objectif de réduction imparti à la France dans le cadre de
la convention de Kyoto sur la limitation des gaz à effet de serre.
Une étude récente de l'Agence Régionale de l'Environnement de l'Ile
de France sur une unité de chauffe et sur une unité de cogénération
fonctionnant toutes deux à partir de paille fait état d'économies
d'énergie fossile et de CO2 tout à fait intéressantes (voir tableau
ci-après).
Economies d'énergie fossile et de
CO2 dans les unités de chauffe
et de cogénération à alimentation paille
| |
Gains par référence à un fonctionnement... |
| ...au fuel domestique |
...au gaz naturel |
...au fioul lourd |
Unité de chauffe
à alimentation paille
1,7 MW d'énergie primaire
|
|
|
|
| Gain d'énergie fossile par tonne de paille (en tonne
d'équivalent pétrole) |
0,269 |
0,271 |
0,283 |
| Gain d'émission de gaz à effet de serre par tonne
de paille ( (en tonne d'équivalent CO2) |
0,77 |
0,55 |
0,86 |
Unité de cogénération à alimentation paille
21 MW énergie primaire |
|
|
|
| Gain d'énergie fossile par tonne de paille (en tonne d'équivalent pétrole) |
0,269 |
0,271 |
0,286 |
| Gain d'émission de gaz à effet de serre par tonne de paille (en tonne d'équivalent CO2) |
0,78 |
0,56 |
0,87 |
Malgré ses avantages, la bio-combustion ne progresse que lentement
en France, le coût des équipements étant encore trois fois plus
élevé que pour les équipements conventionnels. La raison en est
la faiblesse du nombre d'équipements offerts et l'absence d'économie
d'échelle au stade de leur fabrication, les séries étant trop courtes.
Des aides à l'investissement et des dispositions favorisant la valorisation
de l'énergie issue des bio-combustibles sont donc nécessaires. Il
s'agit :
1) de mettre en place des incitations représentant de 30 à 70% de
l'investissement pour les entreprises ou collectivités s'équipant
ou convertissant leur installation d'énergie fossile en installation
faisant appel à la biomasse issue de plantes annuelles.
Ce type d'incitation n'existe aujourd'hui réellement que pour les
équipements fonctionnant avec du bois.
2) dans le secteur spécifique de la cogénération, de mettre en uvre
le projet d'arrêté prévoyant le rachat de l'électricité par le réseau
de distribution à un prix identique à celui pratiqué en Allemagne
(0,10 euro/kWh jusqu'à 500 KW électriques; 0,09 euro/KWh jusqu'à
5 MW électriques; 0,08 euro/KWh de 5 à 20 MW électriques)
3) dans ce même secteur, de prendre un arrêté garantissant l'absence
d'entrave économique à l'accès au réseau de distribution électrique.
* "net" : l'équivalent carbone du CO2 généré
par la fabrication des engrais et autres intrants, ainsi que par
les interventions culturales, est déduit de la fixation réelle
de carbone par les plantes.
** ETBE : etyl-tri-butyl-éther; produit issu de bio-éthanol
et d'isobutylène, un co-produit du raffinage du pétrole.
*** Le terme cogénération désigne la production
simultanée de chaleur et d'électricité
Fiche 4bis - Protéines végétales : le secteur céréalier peut contribuer à réduire le déficit
L'interdiction dans l'Union Européenne d'utiliser des farines animales
pour l'alimentation du bétail a accentué le déficit des Quinze en
matières protéiques.
Une des voies utilisables pour réduire ce déficit est l'utilisation,
à la place du soja importé, de co-produits obtenus lors de la production
de bio-carburants. Les drêches de blé, co-produits obtenus dans
les distilleries produisant du bio-éthanol, offrent par exemple
un taux de protéine intéressant. En traitant en distillerie la production
d'un hectare de blé, on obtient en volume 2 à 3 tonnes d'équivalent
tourteau de soja, autant qu'avec un hectare de soja américain.
Les drêches étant moins riches en protéines que le soja, leur introduction
dans les aliments du bétail pour le remplacer partiellement impose
certes de recourir davantage à l'addition d'acides aminés obtenus
par fermentation ou synthèse. Cette contrainte est toutefois contrebalancée
par un avantage important : l'utilisation de ces formules alimentaires
limite l'azote (N) contenu dans les déjections des animaux, d'où
amoindrissement de la pollution de l'eau par les nitrates et de
la pollution de l'air par l'ammoniac (NH3). Une diminution d'un
point du taux protéine peut en effet entraîner une diminution de
10% des rejets d'azote en élevage de porc et de volaille. A noter
à ce sujet que les Pays-Bas se sont fixés comme objectif de diviser
par 10 les rejets d'azote entre 1990 et 2010.
A - Une justification supplémentaire pour
une vraie politique en faveur des bio-carburants
Aujourd'hui, le volume de drêches disponibles dans l'U.E. s'élève
à 200 000 tonnes environ. Avec une politique européenne visant à
une large utilisation des bio-carburants, il pourrait s'élever à
3 millions de tonnes au moins. C'est une hypothèse raisonnable,
si l'on considère qu'aux Etats-Unis, 6,8 Mt de drêches de maïs
("corn distillers") sont issues de la production de bio-éthanol.
L'utilisation de drêches de blé en alimentation animale -et celle
des co-produits, en volume bien supérieur, issus de la fabrication
d'ester méthylique d'huiles végétales, tel le diester- constitue
une justification supplémentaire en faveur des mesures demandées
par le secteur des grandes cultures végétales en faveur des bio-carburants
(voir Fiche 4).
B - Acides aminés : se donner les moyens
de développer la production européenne
Le recours à des formules alimentaires qui feraient davantage appel
à des produits céréaliers soulève la question du développement de
la production d'acides aminés en Europe, cette production étant
réalisée à partir de substrats issus de céréales.
A l'heure actuelle, la production de lysine est en forte proportion
réalisée par les Etats-Unis. Il faut éviter de sortir d'une dépendance
- celle du soja - pour retomber dans une autre. Cela suppose que les
producteurs européens d'acides aminés puissent travailler à partir
d'une matière première céréalière européenne aussi compétitive que
celle dont dispose leurs collègues d'Outre-Atlantique. Les restitutions
intérieures accordées par la Commission européenne pour la transformation
de matières premières européennes sur le territoire des Quinze doivent
être maintenues.
Plus globalement, c'est encore une fois de la remise en cause à
l'OMC de la politique céréalière américaine qu'il s'agit, puisque
celle-ci tend à faire baisser très fortement les prix de marché
au-dessous des coûts de production des agriculteurs (voir Fiche 2).
Fiche 5 - Pour un transport des céréales plus compétitif et plus écologique
La compétitivité des céréales françaises sur les marchés est largement
également dépendante du coût des transports et ce, de manière accrue
depuis que les réformes de la PAC de 1992 et 1999 ("Agenda 2000")
ont fait baisser les prix des céréales.
Avant 1992, les 50 F/tonne (7,5 euro) nécessaires pour amener une
céréale de Chartres en Bretagne représentait 4% du prix rendu à
destination. Aujourd'hui, ce coût s'élève à 12 euro/t et représente
12% du prix rendu. Sur des destinations plus lointaines comme l'Italie,
le coût est supérieur à 30 euro/t et la proportion atteint 20% et
plus.
Les prix "rendu" sont donc devenus très sensibles à la performance
des transports. Sur ce plan, la France possède théoriquement l'avantage
sur les autres grands pays producteurs de n'avoir que des distances
assez courtes entre les lieux de production et les zones de consommation
ou d'embarquement pour les pays tiers, même lorsqu'elle exporte
vers l'Italie ou sur le reste du marché européen.
Mais la situation actuelle de nos transports dessert la production
française. Sur les moyennes et longues distances, c'est-à-dire au-delà
de 250 km, la dégradation est constante depuis un certain nombre
d' années. Alors que le train et la voie fluviale sont en principe
les mieux adaptés sur ces distances, ils n'ont cessé dans notre
pays cessé de perdre des parts de marché au profit du camion (voir
tableau ci-dessous).
Répartition du transport des céréales en France
par modes de transport
| |
1997 |
2001 |
| Route |
56% |
65% |
| Fer |
25% |
20% |
| Voie fluviale |
19% |
15% |
| D'après sources diverses |
Régulièrement, les coopératives et négociants en grains doivent
faire face à des disfonctionnements de la SNCF qui se traduisent
par de nombreuses annulations et retards. Il en résulte l'obligation
pour eux de trouver des solutions de rechange en catastrophe auprès
des transporteurs routiers. D'où des coûts supplémentaires, y compris
en personnel, et de fortes pénalités lorsque des navires doivent
rester en attente de chargement. Il arrive également que des acheteurs
se rétractent.
Jusqu'à un effort de modernisation assez récent, la voie fluviale
a principalement reculé quant à elle à cause d'un manque d'entretien
du réseau par les Pouvoirs publics.
A - Pour un transport ferroviaire des céréales performant
Un accord-cadre a été signé le 24 avril 2001 entre l'Office National
Interprofessionnel des Céréales (ONIC) et la SNCF, comportant de
la part de chaque partie un certain nombre d'engagements : amélioration
de l'information donnée par les opérateurs céréaliers sur leurs
sorties de grains ; mise en uvre de mécanismes de fiabilité ; renouvellement
du parc des wagons ; mise en service de locomotives spécialisées
dans le transport des pondéreux et évolution des infrastructures.
Prêts à faire face à leurs engagements, les opérateurs céréaliers
demandent que la SNCF soit en position de concrétiser au plus vite
les siens. Ils souhaitent que les déclarations de Pouvoirs publics
sur la priorité à donner au fret ferroviaire soient suivies d'effet.
B - Pour accélérer le renouveau du trafic fluvial céréalier
Quand bien même la voie d'eau n'est pas accessible géographiquement
à tous les opérateurs céréaliers et souffre naturellement de certaines
contraintes logistiques (déchargement), la situation actuelle est
encore largement améliorable.
Un Livre blanc a été publié par l'ONIC en ce sens et un accord cadre
est en préparation avec Voies Navigables de France. Le Livre blanc
préconise pour des axes déterminants l'amélioration de l'entretien
des canaux, l'accroissement de leur profondeur, leur équipement
éventuel en moyens de guidage de nuit et l'automatisation des écluses.
Il demande par ailleurs une anticipation de la réalisation de la
liaison Seine/Nord -liaison entre bassins à grand gabarit- seulement
prévue actuellement pour 2020.
D'autres réflexions et propositions portent sur l'implantation et
la rénovation des embranchements fluviaux ainsi que sur la modernisation
de la flotte, l'augmentation de ses capacités et l'organisation
des professionnels de la batterie.
Le rôle des Pouvoirs publics dans la mise en uvre des préconisations
de ce Livre blanc est essentiel. La voie d'eau est un mode de transport
particulièrement écologique, qui mérite d'autant plus que la collectivité
y investisse.
Favoriser un regain du train et de la voie d'eau en prenant ces
mesures et d'autres encore (ouverture plus facile de lignes ferroviaires
gérées privativement, développement d'infrastructures portuaires
publiques
), ce serait également traiter des préoccupations d'intérêt
général en termes d'environnement et de sécurité. Le transport des
pondéreux par la route est en effet coûteux, anti-écologique et
potentiellement dangereux. Au-delà des céréales, enfin, d'autres
grands secteurs sont concernés et c'est un problème économique d'ensemble
que soulève cette importante question.
Fiche 6 - L'assolement en commun, pour être compétitifs en restant nombreux
L'exigence de compétitivité due à la mondialisation des marchés
et la baisse de leur revenu, conduisent les exploitants spécialisés
en céréales et oléoprotéagineux à suivre et à emprunter plusieurs
voies : recherche de qualité, diversification des activités agricoles,
adjonction à celles-ci d'activités non agricoles, conduite d'activités
ayant un caractère de service collectif, pluriactivité et, bien
sûr, réduction des charges.
En matière de réduction des charges, l'assolement en commun est
une pratique vers laquelle de nombreux agriculteurs voudraient s'orienter.
Il y a assolement en commun lorsque des agriculteurs regroupent
leurs surfaces pour les travailler en parcelles plus importantes
et moins nombreuses, sans pour autant se mettre en société et perdre
donc leur autonomie juridique et économique.
Grâce à la rationalisation des travaux qui en résulte, l'assolement
en commun permet des économies de matériel et des réaffectations
de temps de travail à des activités nouvelles. Ce dernier aspect
fait qu'il est plus facteur de développement que le simple agrandissement
d'exploitations. Enfin, au-delà de son impact économique, il garantit
aux exploitants une continuité de fonctionnement de leur exploitation
en cas de maladie ou d'accident.
Toutefois, depuis 10 ans environ qu'il est apparu, le système de
l'assolement en commun se heurte à des difficultés d'ordre juridique
et administratif. Alors que le ministère de l'Agriculture a reconnu
son opportunité et en recommande la mise en uvre dans le cadre
de CTE, notamment, il importe que les lois et règlements soient
adaptés, en particulier en modifiant les règles de mise à disposition
des baux ruraux et en élargissant l'application du principe de transparence
au calcul de la modulation des compensations de baisse de prix et
de jachère.
A - Retoucher les règles de mise à disposition
des baux ruraux
L'article L411-37 du code rural prévoit que des exploitants en fermage
peuvent mettre les terres dont ils sont locataires à disposition
d'une société à objet principalement agricole dans laquelle ils
sont associés, à condition d'en aviser le bailleur par lettre recommandée
avec demande d'avis de réception.
La mise à disposition au profit de sociétés en participation, lesquelles
ne sont pas dotées de la personnalité morale et peuvent, de l'avis
de certains, servir de structure pour porter l'assolement en commun,
est même explicitement autorisée.
Cependant, la mise à disposition n'est possible que dans la mesure
où les sociétés qui en bénéficient sont constituées entre personnes
physiques. Or, les producteurs de céréales et oléoprotéagineux étant
de plus en plus nombreux en EARL, ce sont ces EARL qui sont détentrices
des baux. Ces derniers ne peuvent donc être mis à disposition d'assolements
en commun.
C'est un obstacle majeur à la pratique de l'assolement en commun.
Il ne peut être levé qu'en modifiant la législation des baux ruraux.
B - Appliquer le principe de transparence
aux exploitants pratiquant l'assolement en commun, comme pour les
GAEC
La modulation des compensations s'applique au-delà de certains seuils
d'aides, d'activité etc. et son taux est progressif. Aussi la méthode
employée par notre administration pour calculer le taux de modulation
des exploitants pratiquant l'assolement en commun n'est évidemment
pas neutre.
L'administration est à l'heure actuelle tentée de globaliser les
paramètres déclarés par ces exploitants, ce qui reviendrait à les
soumettre à une modulation plus forte que s'ils demeuraient dans
une formule de travail individuelle.
Pourtant, elle ne procède pas de la sorte vis-à-vis des exploitants
en Groupement Agricole d'Exploitation en Commun (GAEC, forme de
société civile spécifique à l'agriculture) auxquels elle applique
le principe de la transparence dans le domaine de la modulation
comme en tous domaines.
Il serait logique, compte tenu de l'attachement des exploitants
à leur autonomie juridique et économique, qu'ils se voient eux aussi
appliquer le principe de transparence.
Fiche 7 - Pour une reconnaissance des actions interprofessionnelles des céréaliers et de leurs partenaires
Les producteurs, les organismes de collecte des grains - coopératives,
négociants - et la première transformation des céréales (meunerie,
semoulerie, fabrication d'aliments du bétail, malterie, amidonnerie,
maïserie) ont voulu se donner de nouveaux cadres d'action pour répondre
aux besoins de marchés qui se segmentent et expriment des exigences
en termes de qualité et de traçabilité.
C'est ainsi qu'ont été entreprises à partir de 1995, financées sur
taxes parafiscales et décidées par deux Comités d'Orientation à
caractère interprofessionnel, des actions de promotion des céréales
françaises sur pays tiers d'une part, et d'autre part, des actions
de promotion des produits alimentaires à base de céréales auprès
des consommateurs français.
Toutefois, la taxe parafiscale dédiée au financement de ces actions
a été supprimée, cette suppression procédant de la même philosophie
que celle qui a abouti à la suppression générale des taxes parafiscales
par la loi organique du 1er août 2001.
De ce fait, les différentes familles professionnelles ont souhaité,
avec l'AGPB et l'AGPM, poursuivre leurs actions dans le cadre d'une
interprofession reconnue, cette reconnaissance devant leur permettre
le prélèvement d'une "cotisation volontaire obligatoire" (CVO),
selon l'expression consacrée. Elles ont donc décidé de créer une
association dénommée "Intercéréales", où se trouve représentée
l'ensemble de la filière, et en ont demandé la reconnaissance au
ministère de l'Agriculture.
Clarifier le statut des interprofessions reconnues
La reconnaissance d'Intercéréales par les Pouvoirs publics est malheureusement
suspendue en raison d'une approximation d'écriture de la loi d'orientation
agricole du 9 juillet 1999. En son article 2, celle-ci prévoit que
les syndicats d'exploitants agricoles à vocation générale représentatifs
(FNSEA, Confédération paysanne, etc...) ont vocation à être représentés
dans les organismes de toute nature investis de missions de service
public ou assurant la gestion de fonds publics ou assimilés, cette
disposition n'étant pas applicable toutefois "aux interprofessions
reconnues opérant dans le secteur des produits à appellation d'origine".
Pour d'autres, en particulier le Comité de Liaison des Interprofessions
de l'Agro-Alimentaire (CLIAA), toute interprofession reconnue serait
dispensée de pareille présence. Le CLIAA fait valoir, au côté de
l'AGPB, que des interprofessions, par natures sectorielles, ne peuvent
être constituées et animées que par des acteurs appartenant à la
filière dont elles émanent, comme cela a toujours été le cas dans
les interprofessions déjà reconnues.
Les producteurs de céréales et leurs partenaires d'Intercéréales
demandent donc la modification en ce sens du texte de l'article 2
de la loi d'orientation agricole du 9 juillet 1999. Cette modification
permettra de poursuivre les actions interprofessionnelles de promotion
des céréales, de donner une certaine autorité aux accords interprofessionnels
conclu au sein d'Intercéréales et, éventuellement, d'envisager un
autre mode de financement de l'Institut Technique des Céréales et
des Fourrages, privé de taxes parafiscales à partir de 2004 en application
de la loi organique du 1er août 2001.
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