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Congrès de l'AGPB 20 - 21 juin 2000 Futuroscope, Poitiers
A marchés concurrentiels, céréaliers entreprenants
Comme le rappelle le thème de notre Congrès, les céréaliers sont nécessairement des agriculteurs confrontés à des marchés. Avec leurs partenaires de filière, ils sont donc obligés de faire face aux réalités qui commandent l'évolution de ces marchés. C'est ce que nous voulons rappeler les 20 et 21 juin à Poitiers. Il s'agit de faire le point, entre nous et avec ces partenaires, sur ce que nous devons mettre en uvre pour rester compétitifs. Il s'agit aussi de rappeler aux pouvoirs publics -à Bruxelles, à Paris- qu'eux aussi ont des responsabilités face aux contraintes que nous impose la concurrence.
Des marchés porteurs d'espoir, mais exigeants
1) Si l'on considère le futur, les marchés céréaliers s'avèrent plutôt porteurs d'espoir à moyen long terme. Les raisons en sont connues. La démographie, la croissance économique, l'évolution de technologies et aussi la lutte contre l'effet de serre conduisent à des besoins supplémentaires de céréales de l'ordre de 25 millions de tonnes par an dans le monde. Et les limites que rencontrent de nombreux pays dont leur capacité à développer leur production laissent entrevoir une augmentation de 3 Mt/an du marché mondial des céréales.
2) Pour les producteurs de céréales français et européens, tirer parti de ces perspectives n'est pas acquis d'avance.
a) Il ne s'agit pas seulement d'exportation vers les pays tiers. Il s'agit tout autant de rester maître chez soi. Rappelons que 170 des 200 Mt de céréales récoltées chaque année dans l'U.E. sont écoulées sur le marché européen, dont 110 en alimentation animale.
Or, même en faisant abstraction des négociations de l'OMC, déjà, les accords de Marrakech et Agenda 2000 vont se conjuguer pour faire baisser encore plus les droits de douane sur les céréales des pays-tiers.
Exportation, marché intérieur : dans les deux cas, le prix mondial va devenir de plus en plus prépondérant, à qualité donnée, dans la détermination du prix au producteur français. Ce sera un avantage en cas de tension sur le marché mondial. Mais en cas de dépression, il faudra être en mesure d'endurer la baisse des cours.
b) Tenir notre place sur les marchés signifie également que les producteurs devront entreprendre de plus en plus d'efforts qualitatifs.
D'une part, sur le plan de la qualité intrinsèque (qualité technologique, qualité sanitaire) ; d'autre part, en adoptant des pratiques perçues par les consommateurs comme des signes de qualité.
Des producteurs et filières entreprenants dans un environnement adapté
1) Des producteurs et des filières entreprenants
Exposé à une imprévisibilité croissante des marchés, les producteurs et leurs filières doivent conforter leurs atouts en poursuivant leurs efforts d'innovation et d'organisation. Cela vaut pour les coûts et pour la qualité des produits.
Evoquons en ce qui concerne les producteurs le travail simplifié des sols, l'agriculture de précision, par exemple, ainsi que l'utilisation de guides de production raisonnée.
Evoquons en ce qui concerne les filières la nécessité d'abaisser les coûts de transport, l'évolution des organismes stockeurs, l'organisation du secteur semences. Du côté des transformations industrielles nouvelles, de larges progrès sont possibles aussi, comme en témoigne l'évolution récente des procédés de production de bio éthanol.
Plus spécifiquement encore, en termes d'organisation, il y a de vastes champs d'action en matière de promotion de nos céréales, en matière d'action interprofessionnelle également. Plus les exigences du consommateur ou de l'acheteur final s'affirment, plus les acteurs des filières sont amenés à se concerter et à s'imposer des disciplines.
2) Un environnement politique, budgétaire et réglementaire adapté
Les efforts tout à fait nécessaires qui viennent d'être évoqués porteront d'autant plus leurs fruits -c'est à dire permettront à des producteurs de vivre plus nombreux des céréales- que l'environnement politique budgétaire et réglementaire de leurs exploitations sera adapté. Il faut parler là de l'OMC, de l'organisation commune de marché céréales et de l'attitude des pouvoirs publics français.
a) A l'OMC se pose évidemment la question des aides. On ne saurait s'en tenir au classement en boîtes de diverses couleurs, qui est purement factice. Chacun sait que les aides vertes américaines contribuent à amener les prix au-dessous des coûts.
Au-delà, les négociateurs européens doivent être très attentifs aux propositions de nouvelles concessions douanières. D'abord, il est difficilement envisageable de faire des concessions si la concurrence continue à biseauter le marché. Ensuite, il faut bien le voir, de nouvelles concessions pourraient aboutir à mettre en concurrence frontale sur le marché européen les céréales communautaires de qualité fourragère et le maïs américain. 20 millions d'hectares de céréales sur 36 seraient concernés en Europe, dont 6 en France.
Compte tenu du prix du maïs sur le marché mondial -de 20% inférieur à celui du blé- il faudrait réaliser un effort de compétitivité très brutal. Une telle évolution est impensable. Si la céréaliculture européenne doit un jour produire au prix du maïs américain pour l'alimentation animale européenne, ce ne peut être qu'au terme d'une évolution progressive.
b) Plus globalement, il est nécessaire de maintenir l'organisation commune de marché "céréales" européenne (OCM).
On en a eu confirmation avec la saga du Fair Act, une auto-régulation des marchés est purement illusoire. Le Fair Act, n'a pas résisté à la première baisse des cours et le Congrès des Etats-Unis a dû voter des aides exceptionnelles considérables en faveur de ses producteurs de grains. Pendant ce temps, l'OCM européenne permettait d'assurer le minimum de recette/hectare prévu en 1992 au prix d'un accroissement des dépenses d'intervention et d'exportation de quelques centaines de millions d'euros seulement. Il est facile par ailleurs de mettre en évidence que les systèmes d'assurance récolte sont très coûteux eux aussi.
L'OCM européenne s'avère être le meilleur des outils pour assurer une régularité à la production de céréales, denrée de base stratégique. Mais, il n'y a pas qu'à l'OMC qu'elle doit être préservée. En Europe même, elle est menacée par une orientation de plus en plus budgétaire de la PAC.
Non seulement le plafond de dépenses agricoles décidé à Berlin enlève quasiment toute marge de manuvre, mais encore on assiste régulièrement à des assauts contre l'OCM. Cela a été le cas notamment avec le durcissement des critères d'intervention et de réfaction.
Et aujourd'hui se pose cette question : comment financer un éventuel versement d'aides directes aux producteurs des PECO ? Agenda 2000 n'a pas prévu de crédits en ce sens, et, depuis lors, le sommet d'Helsinki a acté que les pays candidats seraient 12 au lieu de 6. La Commission évoquant désormais le versement des aides dans ces pays, il est indispensable que le plafond des dépenses agricoles soit augmenté autant que nécessaire. Vouloir élargir à budget agricole européen constant ou insuffisant signifierait ponctionner les compensations pour financer celles de nos homologues polonais, hongrois, etc. Pour les producteurs français, cela aurait le même effet qu'un mauvais accord à l'OMC : des baisses de recettes difficilement supportables.
c) Reste à évoquer un paramètre important, à savoir l'attitude des pouvoirs publics français.
Ce n'est évidemment pas en privant les producteurs français de leurs compensations face à leurs concurrents, ce n'est évidemment pas en pénalisant les formes de rapprochement entre agriculteurs, ni en taxant ou en plafonnant les utilisations d'intrants, ni en imposant des contraintes sécuritaires démesurées aux organismes stockeurs que le Gouvernement français permettra au plus grand nombre à affronter la concurrence.
Nous ne croyons pas que l'on sauvera l'agriculture française en redistribuant les revenus entre les exploitants, en figeant les structures, en isolant les exploitations des réalités économiques et en leur assignant avant tout comme mission de produire des biens et services d'intérêt public.
Encore une fois, nous souhaitons gérer des exploitations économiquement viables, fortes, efficaces. Nous souhaitons que l'Etat les accompagne dans leur progression en édictant une réglementation cohérente, qui prenne en compte les résultats des négociations internationales et l'évolution des conditions de marché en résultant.
Nous sommes prêts à faire en sorte que nos exploitations soient davantage reconnues par nos concitoyens comme respectant l'environnement, assurant la sécurité du consommateur, produisant de la qualité. Mais nous voulons y parvenir en innovant, non en régressant.
C'est en suivant cette voie, en entreprenant sans relâche, que nous voulons faire face aux mutations du monde moderne.
Programme de l'Atelier N°1 - "Comment baisser les charges dans les exploitations ?"
Introduction, par Monsieur Joël Cottart, président de séance, membre du Bureau de l'AGPB
Les charges sur lesquelles l'agriculteur peut agir
a) Les charges proportionnelles. Travaux présentés par Mr Jean-Marc Maynard, professeur à l'I.N.A.P.G.
Discussion
b) Les charges de mécanisation et de main d'uvre. Travaux présentés par Mr Guy Lemaître Chef du Service Etudes Economiques de l'ITCF et Monsieur Jean-Philippe Desdions, agriculteur dans le Cher
Discussion
Les charges fiscales et sociales : les prélèvements obligatoires
a) Les freins fiscaux et sociaux à la bonne gestion de l'exploitation, avec Maître Madignier et Mr Bruno Arnoult, agriculteur dans l'Aisne et membre de la Commission fiscale de la FNSEA et de la FRNBP
b) L'exemple suédois. Témoignage de Mr Thierry Jouanneteau, auteur d'une thèse sur la fiscalité suédoise
Discussion
Conclusion
Programme de l'Atelier n°2 "Environnement : contraintes ou opportunités"
Introduction, par M. Rémi Haquin, président de séance, membre du Conseil d'Administration de l'AGPB
La problématique environnementale
a) Les aspects réglementaires, avec Mr Jack Massé, Responsable du Département Recherche - Développement de l'ITCF
Les mesures en préparation : loi sur l'eau, TGAP, 2ème programme d'actions de la directive nitrates, écoconditionnalité, sécurité alimentaire.
b) A la frontière du réglementaire et du volontaire, avec Mr Guy Paillotin, Conseiller du Directeur Général de l'INRA
Présentation par M. Paillotin de son rapport sur l'agriculture raisonnée, une convergence de démarches.
Débat
Les réponses de la Profession
a) Témoignage de Mr Bernard Airieau, Président de l'Institut de l'Elevage
Comment les producteurs de lait se sont-ils adaptés face à des contraintes similaires ?
b) Témoignage de Mr Jean - Marc Paul, responsable du service agronomie de Coriolis, coopérative seine-et-marnaise
La formation des agriculteurs et la modification des pratiques (association démarche environnement et produit).
Débat
Perception des nouvelles exigences
a) Le point de vue de l'agriculteur, avec Mr Didier Chatté, agriculteur en Seine-et- Marne
Comment un producteur intègre t-il ces nouvelles exigences, dans ses pratiques agricoles, dans son métier ?
b) Le point de vue d'un expert
Comment un expert comme Mr. Paillotin perçoit la mise en place des différentes décisions et le comportement des différents acteurs
c) Le point de vue du sociologue, avec Mr Dominique Vastel, Directeur de Cofremca-Sociovision
Conclusion
Programme de l'Atelier N°3 "Mise en valeur des qualités de céréales sur les marchés par la filière"
Introduction, par Mr Jean-François Gleizes, président de séance, Secrétaire Général Adjoint de l'AGPB
L'évolution des exigences qualitatives des acheteurs de céréales
a) Evolution en Europe, sur les marchés de l'alimentation humaine et animale
b) Evolution sur le marché mondial
Témoignage de Mr Michel Rougé, Président du SYNACOMEX, Syndicat National du Commerce Extérieur des céréales, oléagineux et protéagineux
Discussion
Les réponses des opérateurs français
1) Exploitation des qualités des récoltes par les organismes stockeurs
a) Le repérage de la qualité avant récolte pour optimiser la logistique à la ollecte et autres aspects de la préparation de la moisson
b) Choix des investissements en capacités de stockage pour répondre à la segmentation des marchés , certifications ISO, traçabilité
Témoignages de Mr Francis Parent, Directeur d'Union des Betteraviers et Céréaliers Commerce et de Mr Guy Pérol, Directeur Général de Domagri
Discussion
2) Actions collectives de promotion des récoltes
a) L'affichage de la qualité : le recensement des qualités à la récolte et la diffusion des données, la grille
Témoignage de Mr Yves Madre, Responsable de la Mission des Marchés de l 'ONIC
b) La promotion sur les marchés extérieurs : démarche générale de France Export Céréales, exemples d'actions de promotion
Témoignages de MM. Jean Gault, Directeur de France Export Céréales, et Li Zhao You, Responsable du Bureau de France Export Céréales à Pékin
Discussion
Conclusion

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