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Agro-industrie :

Argumentaire adressé aux parlementaires par l'AGPB et l'AGPM à propos du traitement du bioéthanol (taxe carbone ; exonération partielle de TIC) dans le projet de loi de Finances pour 2010.
 



I -   Pas de taxe carbone pour les biocarburants : une question de principe

La taxe carbone s'applique au contenu en carbone d'origine fossile des produits énergétiques. Son montant est proportionnel à la quantité de CO2 d'origine fossile rejeté dans l'atmosphère lors de la combustion de ces produits.

Le protocole de Kyoto ratifié par l'UE et la réglementation européenne* , établissent sans aucune ambiguïté que les énergies renouvelables - dont font partie les biocarburants - ont un facteur d'émission de CO2 égal à zéro. Cela provient du fait que leur contenu en carbone est intégralement d'origine renouvelable. Le Président de la République a d'ailleurs clairement indiqué lors d'une interview télévisée le 24 septembre que " nous exonérons de taxe [carbone] les énergies renouvelables ".

En recvanche, les consommations d'énergie d'origine fossile, mises en œuvre lors des procédés de fabrication des énergies renouvelables sont soumises soit au système d'échange de quota de gaz à effet de serre, soit à la taxe carbone.

Conclusion :

L'application de la taxe carbone aux biocarburants, telle que prévue actuellement dans l'article 5 du PLF 2010, est contraire à la réglementation en vigueur dans l'UE.


II -   Ne pas taxer l'éthanol plus que l'essence

Contrairement à la taxe carbone qui a vocation à donner un signal prix, la taxe intérieure sur la consommation (TIC) applicable aux carburants à une vocation de rendement. Ce dernier est égal au montant unitaire de la taxe (exprimé en € /hl) multiplié par le volume annuel de carburant consommé (en hl).

Or, le contenu en énergie de l'éthanol est inférieur à celui de l'essence à laquelle il est incorporé. De ce fait, la généralisation des essences éthanolées conduit, toutes choses égales par ailleurs, à une légère hausse des volumes annuels d'essence consommés.

Avec une exonération partielle de TIC égale à 20,20€  /hl, la taxation de l'éthanol à l'unité énergétique est identique à celle de l'essence et l'Etat maintient le niveau de ses recettes fiscales. La dépense liée à l'exonération partielle est compensée par un surplus de recettes induit par une légère surconsommation. Ce principe de taxation en fonction du contenu énergétique est celui retenu par la Commission Européenne dans son projet de révision de la directive 2003/96/CE sur la taxation des énergies

Conclusion :

Avec le niveau de TIC actuellement en vigueur sur l'essence, l'exonération partielle de TIC doit au moins être égale à 20,20 € /hl, sinon l'éthanol supporterait une fiscalité rapportée à l'unité d'énergie supérieure à celle de l'essence.


III -   Maîtriser le contournement des droits d'importations sur l'éthanol

En 2008, plus de 10% de l'éthanol consommé en France a été importé, hors agrément. Il est donc possible pour un opérateur économique français de s'approvisionner avec un éthanol importé ayant payé un droit de douane suffisamment faible pour rester compétitif sans bénéficier de la réduction de TIC.

Aujourd'hui, la réduction du taux de prélèvement de TGAP sur l'essence et le superéthanol est accordée quelque soit la nomenclature douanière des produits mentionnés au 3 et au 4 de l'article 265 bis A du code des douanes et notamment à des importations effectuées sous des nomenclatures à faible droit de douane.

En Allemagne, seul l'éthanol non dénaturé c'est-à-dire sous nomenclature douanière 220710 peut bénéficier des incitations publiques. Le droit de douane alors appliqué aux importations est de 19,2 € /hl. Cette disposition, validée par la Commission européenne, décourage les pratiques de contournement visant à acquitter des droits de douanes fortement réduits pour de l'éthanol importé en mélanges, et dont la durabilité n'est pas vérifiable.


Conclusion :

Comme c'est le cas en Allemagne, et pour assurer une concurrence loyale, il faut restreindre toutes les mesures publiques en faveur de l'éthanol d'origine agricole, y compris la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), au seul éthanol agricole non dénaturé, sous nomenclature douanière combinée NC 220710.

IV -   Complément d'information suite à la publication de l'étude ADEME
" Analyses des cycles de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France ".

Cette étude réalisée dans le cadre du Grenelle sur l'Environnement confirme l'impact très positif des biocarburants produits en France en matière de réductions de gaz à effet de serre (du champ à la roue). Les niveaux de performance atteints par les filières françaises permettent d'ores et déjà de dépasser les seuils minimum de réduction d'émission de gaz à effet de serre prévus dans la directive européenne sur les énergies renouvelables pour 2017.

L'ETBE, dans la directive, est considéré comme renouvelable pour sa fraction éthanol. Les niveaux de performance atteints par l'éthanol qualifient donc aussi la filière ETBE.

Ces résultats ne peuvent être remis en cause par la problématique du changement d'affectation des sols.
En effet, dans le cadre de l'étude que France Agrimer (à l'époque ONIGC) a publié en octobre 2007, la conclusion était :
" Il est clair que le développement des biocarburants à l'horizon 2010 pourra être assuré par le disponible national en surface, sans modification des systèmes de production, tout en répondant à la demande alimentaire ".

(*) Décision 2007/589 du 18 juillet 2007 définissant les lignes directrices pour la surveillance et la déclaration des émissions de gaz à effet de serre (annexe1) ; Directive 2009/28/CE du 23 avril 2009 relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables
[AGPB/AGPM - 20 octobre 2009]
 
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