Les acteurs de la
filière du bioéthanol saluent la recommandation de la Cour des Comptes de
poursuivre le soutien à la production et la vente de biocarburants de première
génération. Toutefois, ils tiennent à répondre également aux réserves émises par
la Cour.
Les objectifs d’incorporation sont
réalistes Contrairement à ce que la Cour des Comptes extrapole,
l’objectif de 7% d’incorporation de biocarburants fixé par les pouvoirs publics
est tout à fait accessible avec les carburants disponibles sur le marché
(SP95-E10 et Superéthanol E85). Depuis 2010, le déploiement du SP95-E10 dans les
stations-service s’est accéléré car il permettra d’attendre plus de 95% de cet
objectif, une fois généralisé. De plus, le Superéthanol-E85 permet d’atteindre
le complément et l’État doit veiller à la fois au strict respect des engagements
pris par les parties prenantes pour son développement et à améliorer la
cohérence globale des mesures décidées en matière de transport automobile (prime
à la casse, bonus/malus environnemental et TVS). Les distributeurs pourront
donc atteindre l’objectif de 7% et éviter le paiement de la TGAP qui reste
incitative.
Une concurrence qui bénéficie aux
consommateurs A l’inverse de ce qu’affirme la Cour des comptes,
la réduction fiscale versée par l’Etat aux distributeurs, pour le bioéthanol
qu’ils incorporent dans les carburants, est répercutée par eux aux consommateurs
et non pas aux producteurs de bioéthanol. La filière du bioéthanol déplore que
la Cour n’ait nullement pris en compte ses remarques écrites dans ce sens alors
que la question du coût pour les consommateurs constitue l’essentiel de
l’argumentation du Président de la Cour des Comptes. On peut noter que le
prix du SP95-E10 est toujours inférieur à celui du SP95 dans des réseaux de
distribution comparables.
Le bioéthanol est une recette
fiscale pour l’État La Cour des Comptes met, enfin, en évidence
que le bioéthanol français a représenté entre 2005 et 2010 une recette fiscale
nette pour l’État à hauteur de 470 millions d’Euros. Aujourd’hui, l’énergie
renouvelable du bioéthanol est plus taxée que l’énergie fossile de l’essence,
malgré l’exonération fiscale apparente du bioéthanol. Si la défiscalisation
était supprimée après 2015, comme l’indique la Cour des Comptes, le surplus de
taxes payé par les consommateurs augmenterait encore, du fait de l’Etat.
Il est enfin utile de rappeler qu’aucune énergie renouvelable n’est
encore compétitive par rapport aux sources fossiles. Concernant les transports,
les biocarburants sont la principale alternative d’origine renouvelable aux
carburants fossiles. De plus, la transition énergétique est un impératif de
développement durable auquel le bioéthanol répond pleinement, sur le plan
social, économique et environnemental :
- Le volet social : en
réindustrialisant nos territoires, la filière du bioéthanol a créé ou maintenu 5
000 emplois industriels et agricoles en France.
- Le volet économique :
l’industrie française du bioéthanol a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires
estimé à plus de 600 millions d’euros, à partir de matières premières agricoles
françaises, et améliore la balance commerciale et l’indépendance énergétique de
la France.
- Le volet environnemental : l’étude ADEME réalisée en
concertation avec toutes les parties prenantes concernées, y compris les ONG, a
montré des réductions d’émissions de gaz à effet de serre de plus de 50%. Avec
ces réductions, la filière bioéthanol respecte déjà les critères de durabilité
que la directive européenne sur les Energies Renouvelables imposera à partir de
2017. Le bioéthanol permet d’économiser la moitié de l’énergie fossile par
rapport à l’essence qu’il remplace sur l’ensemble de leurs cycles de
vie.
Les producteurs français de céréales et d’oléo-protéagineux l’ont réaffirmé
lors de leur congrès, le Sommet du Végétal, tenu à Dijon les 18 et 19 janvier :
produire plus de grains pour répondre aux besoins du monde de demain exige de
produire plus partout, c’est-à-dire autant en France et en Europe que dans les
pays émergents et en développement. Ils ont souligné combien c’était un devoir
pour eux-mêmes et pour notre pays, l’un des plus exportateurs de grains au
monde, capable qui plus est de produire régulièrement à haut niveau année après
année.
S’appuyant sur de nombreuses preuves de leur aptitude à produire plus et
bien, les congressistes ont dénoncé vigoureusement l’état d’esprit qui se répand
sournoisement aujourd’hui dans les milieux de la décision publique, selon
lesquels pour produire bien, il faudrait produire moins. Fait de déni de la
science, de défiance de principe vis-à-vis d’eux et d’inconscience des besoins
des pays les moins bien pourvus, ce prêt-à-penser tend à restreindre toujours
plus l’accès des producteurs de grains aux moyens de production et innovations
grâce auxquels ils peuvent être performants. Ils le constatent dans toutes les
régions à maintes occasions.
En conséquence, ORAMA appelle les Pouvoirs publics à fonder avant tout leurs
comportements et décisions en matière environnementale sur l’expertise et sur
une concertation sincère avec les agriculteurs, sur le terrain comme à l’échelle
nationale. Les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux sont à même de leur
fournir de nombreuses garanties, sur la base d’actions peu coûteuses, quant à
leur volonté de produire plus et bien.
" Produire plus et bien, c’est prioritaire et c’est la seule voie
satisfaisante pour l’économie des exploitations, pour l’économie générale, pour
l’environnement et au regard des responsabilités de la France et de l’Europe en
tant que fournisseurs mondiaux de denrées agricoles de base ", a
déclaré Philippe PINTA, président d’ORAMA.
La PAC et sa prochaine réforme doivent porter un tel projet. Ce n’est pas
encore le cas dans les propositions actuelles de la Commission européenne. ORAMA
a remis au Ministre de l’Agriculture un document visant à amender en ce sens ces
propositions.
En lecture finale du projet de loi de Finances pour 2012 à l’Assemblée
Nationale, le Gouvernement a décidé de soutenir le passage de la TVA sur les
produits phytosanitaires du taux réduit au taux normal.
Certes, au-delà d’un impact sur les trésoreries, cette mesure n’aura pas
d’effet financier pour la quasi-totalité des exploitations, puisqu’elles
déduisent la TVA. Il n’empêche qu’elle reflète un état d’esprit regrettable. En
exposant devant les députés que le taux réduit favorisait la consommation des
produits phytosanitaires et se trouvait donc indirectement à l’origine de
dommages environnementaux, le Gouvernement a objectivement relayé la propagande
des écologistes et montré qu’il faisait peu de cas des capacités réelles des
agriculteurs à raisonner l’utilisation de ces produits. Les intéressés
apprécieront.
Selon les données diffusées ce jour par la Commission des Comptes de
l’Agriculture de la Nation, le revenu moyen par actif non salarié avant impôt et
cotisations sociales aura reflué en 2011 sur les exploitations spécialisées en
céréales et oléo-protéagineux pour s’établir à 32 600€, avec de larges
écarts du fait des différences d’impact de la sécheresse printanière. En valeur
réelle, c’est un niveau quasiment équivalent à la moyenne décennale.
A l’heure où s’annonce une réforme importante de la PAC, qui devrait se
traduire par des modifications importantes de la répartition des aides
européennes, il importe de souligner que ce niveau de revenu est du même ordre
que le montant d’aides alloués en moyenne aujourd’hui aux exploitations
spécialisées en céréales et oléo-protéagineux. Il est donc indispensable que les
décisions à venir en la matière soient parfaitement soupesées et que,
parallèlement, tout soit fait pour permettre aux exploitants de s’y adapter en
gagnant en compétitivité.
" Les chiffres du revenu 2011 montrent combien, face à l’évolution des
récoltes, des marchés et des charges, les aides de la PAC restent un paramètre
important du revenu des producteurs de grains. Les réformes à venir devront en
tenir compte. Il faudra aussi que les agriculteurs puissent accroître au maximum
leurs marges opérationnelles, non seulement en allant chercher de la valeur
ajoutée dans les filières, mais aussi en ayant la possibilité d’utiliser les
facteurs de production les plus performants et les plus innovants ", a déclaré
Philippe PINTA, président d’ORAMA.
Comment est-il admissible que des groupuscules extrémistes, et identifiés,
puissent prôner le recours à des actions illégales, et notamment le fauchage de
parcelles de production, dans l’hypothèse où du maïs OGM serait légalement
ensemencé ?
Comment comprendre le flot de déclarations des Pouvoirs
publics pour rechercher les voies d’une nouvelle interdiction du maïs OGM MON810
et le silence de ces mêmes Pouvoirs publics face à la menace d’actions illégales
?
Où sont le droit et le non-droit ?
" Faut-il que les maïsiculteurs, qui attendent beaucoup des OGM en termes
technique, économique, sanitaire et environnemental, soient légalistes en semant
du maïs MON810 dès le printemps 2012, voire symboliquement en expérimentant des
semis très précoces ? "
" Ou faut-il, compte tenu, selon les Pouvoirs publics, des risques pour la
santé et l’environnement, s’opposer désormais et fermement aux importations de
produits OGM qui se poursuivent pourtant massivement et en silence ? ", a
déclaré Daniel PEYRAUBE, Membre du Bureau ORAMA et Secrétaire Général de l’AGPM.
Les producteurs français de grandes cultures réunis le 30 novembre en
assemblée plénière d’ORAMA[1],
appellent à une véritable ambition pour l’agriculture française. Il s’agit de
Produire plus et produire bien, pour que la France soit au rendez-vous
du défi alimentaire mondial, en écho aux conclusions du G20. A ce stade, les
propositions de réforme de la PAC présentées par la Commission européenne se
limitent à un verdissement qui ne peut constituer une fin en soi. Cette
base doit être profondément modifiée. Dans un document cadre, ORAMA prend
position et fait des propositions.
ORAMA demande qu’il soit
donné corps au préambule de la proposition législative de la Commission
européenne du 18 novembre dernier qui déclare sans s’en donner les moyens
qu’ilest essentiel que l’agriculture européenne augmente sa
capacité de production.
Le maintien du budget à son niveau 2013
comme le propose la Commission représente un impératif.
Dans ce cadre les
aides directes à la surface constituent le socle du soutien européen et une part
essentielle du revenu des producteurs. La convergence préconisée des aides
historiques doit en premier lieu se faire au niveau national et ne saurait être
que progressive et linéaire sur une période allant au-delà de 2020. A ce titre,
la proposition d’une première marche de 40% en 2014 doit être
écartée.
ORAMA affirme ensuite que produire plus est
parfaitement compatible avec produire bien, avec le respect de
l’environnement et la protection des ressources naturelles. Face aux demandes de
la société, la Commission propose un certain verdissement du 1er pilier
de la PAC. Une telle approche ne peut être imaginée que si elle va de pair avec
un renforcement de la compétitivité. Ce n’est pas le cas actuellement pour les
trois mesures européennes de verdissement obligatoires proposées
(diversification des productions, création de surfaces d’intérêt écologique et
maintien des prairies permanentes) dont les curseurs doivent être profondément
modifiés. Les exigences de sécurité alimentaire nous interdisent en effet la
constitution stérile de jachères obligatoires masquées.
Les dispositifs
existants de soutien du marché en cas de crise doivent enfin être préservés,
renforcés et aménagés.
" L’agriculture française représente dans
cette période de crise un atout exceptionnel, propre à apporter une contribution
appréciable à la sécurité alimentaire mondiale, à la maîtrise de la volatilité
des marchés, à la richesse nationale et au développement des territoires. Les
producteurs français de grandes cultures portent cette ambition. Réunis dans
ORAMA, ils soumettent aujourd’hui un document de propositions Ils ont
l’intention de prendre une part active aux discussions lors des différentes
phases de négociations à venir. " a déclaré Philippe PINTA, Président
d’ORAMA.
[1] Association Générale des Producteurs de Blé(AGPB), Association
Générale des Producteurs de Maïs (AGPM), Fédération Française des Producteurs
d’Oléagineux et de Protéagineux
(FOP)
Les producteurs français de biodiesel et de bioéthanol dénoncent les
graves conséquences de l’amendement sur les biocarburants déposé par des
Sénateurs d’Europe Ecologie Les Verts, avec le soutien du Groupe
Socialiste-EELV, et voté par la majorité sénatoriale. Cet amendement supprime
l’allégement partiel de la taxe intérieure de consommation (TIC) dont
bénéficient les biocarburants. Cette décision brutale pénalise l’utilisation des
biocarburants français, menace les emplois des filières industrielles du
biodiesel et du bioéthanol et compromet le développement des énergies
renouvelables en France.
1. Cet amendement ouvre la porte aux importations de
biocarburants subventionnés. La suppression de l’allégement fiscal
renchérit mécaniquement les biocarburants consommés en France, essentiellement
produits localement, et donc les carburants à la pompe. Ils seront directement
concurrencés par des biocarburants importés, provenant d’Amérique du Sud, des
Etats-Unis et d’Asie, qui bénéficient de subventions dans leur pays
d’origine.
2. Il compromet la capacité de la France à respecter ses
engagements sur les énergies renouvelables à partir de ses biocarburants
durables. La Directive sur les Energies renouvelables (2009/28 CE),
votée par le Groupe des Verts au Parlement européen, impose aux Etats membres
une part de 10% d’énergies renouvelables dans les transports d’ici 2020. Elle
établit des critères stricts de durabilité que les biocarburants français
respectent déjà. Ceux-ci réduisent les émissions de GES de 49% à 73%, suivant
les matières premières utilisées, d’après les études " du champ à la roue "
existantes, notamment celle de l’ADEME.
3. Il menace la diversification énergétique de la
France. Les biocarburants représentent actuellement plus de 6,5% des
carburants utilisés dans les transports en France. Ils contribuent à une
diversification énergétique indispensable pour anticiper la raréfaction des
énergies fossiles et améliorer l’indépendance énergétique nationale.
4. Il met en danger des emplois industriels et agricoles
dans des territoires ruraux. Les filières du bioéthanol et du
biodiesel comptent 29 sites industriels en France, qui ont requis près de 2
milliards d’euros d’investissement au cours des 5 dernières années, non amortis
à ce jour. La décision du Sénat fragilise près de 10 000 emplois industriels et
agricoles.
5. Il accroît la dépendance de la France aux protéines
végétales importées. La production de biocarburants en France génère
des co-produits (tourteaux, drèches) qui se substituent aux tourteaux de soja
importés dans l’alimentation animale. Grâce aux biocarburants, l’indépendance en
protéines de la France est passée de 30% dans les années 80 à plus de 55 %
aujourd'hui.
6. Il fragilise le financement de l’innovation sur les
carburants de 2e et 3e génération. Les biocarburants de 2e
génération ne pourront se développer qu’en s’appuyant sur la 1ère génération. Il
en est de même de la chimie du végétal, secteur économique en forte croissance,
porteur d’emplois très qualifiés dans les régions.
7. Il ne prend pas en compte le bilan fiscal global des
biocarburants. L’allègement partiel des taxes sur les biocarburants
a régulièrement baissé depuis 2003. Aujourd’hui, il est plus que compensé par
les recettes fiscales et sociales perçues par l’Etat lors de leur production et
de leur consommation.
Pour toutes ces raisons, les producteurs français de biocarburants
comptent sur le Gouvernement et l’Assemblée nationale pour corriger cette erreur
du Sénat.
Le Sommet du G 20 à Cannes a
confirmé l’accord intervenu en juin dernier à Paris dans le cadre du G 20
agricole, qui posait comme prioritaire l’augmentation de la production et de la
productivité agricoles partout dans le monde afin d’assurer à tous demain un
approvisionnement alimentaire régulier à un prix abordable.
Pour les céréaliers, la
réaffirmation de cette priorité doit aboutir à amplifier l’élan donné à Paris,
qui s’est déjà traduite en septembre par le lancement de " l’Iinitiative
internationale de recherche pour l’amélioration du blé ".
Cette réaffirmation au plus haut
niveau politique a également pour valeur de mettre encore plus en évidence les
responsabilités de l’Europe et de la France quant à la satisfaction des besoins
alimentaires mondiaux dans le futur, compte tenu de leur capacité à réaliser
plus régulièrement que d’autres des récoltes élevées et au vu de l’accroissement
considérable de la demande au sud de la Méditerranée, tout particulièrement.
"Dans le cadre du G
20 de Cannes comme lors du G 20 agricole à Paris en juin, l’Europe a clairement
pris l’engagement de produire plus pour relever le défi de la sécurité
alimentaire dans le monde. Elle ne peut s’en dédire et ne saurait donc entériner
les propositions de réforme de la PAC de la Commission européenne, qui, sous
couvert de verdissement de cette politique, tendent à imposer des jachères
masquées ", a déclaré Philippe PINTA, président de Céréaliers de
France.
Orama prend acte des propositions de la
Commission européenne relatives à la prochaine réforme de la PAC 2014-2020.
Au regard des enjeux majeurs auxquels doit
répondre l’agriculture européenne, ORAMA et les filières des grandes cultures
françaises qu’elle représente rappellent que l’agriculture française a un devoir
stratégique et moral : celui de produire plus à l’avenir, dans le respect des
impératifs environnementaux, et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire
mondiale.
ORAMA entend par conséquent exprimer ses réserves sur des propositions de la
Commission européenne qui affaibliraient le secteur des grandes cultures et son
potentiel de production. Tel est le cas du " verdissement de la PAC " dans ses
modalités proposées aujourd’hui, alors même que les agriculteurs ont bien
entendu à cœur de faire leur la dimension environnementale.
De même, outre les incertitudes budgétaires et le démantèlement des derniers
outils de gestion des marchés, la plus grande vigilance sera apportée sur
l’évolution des soutiens européens au secteur des grandes cultures et à leurs
modalités d’application.
ORAMA attend une orientation politique claire et volontariste en faveur d’une
agriculture de production, dans le respect des équilibres territoriaux et
environnementaux, d’une agriculture qui doit pouvoir mobiliser l’ensemble des
facteurs de production nécessaires disponibles. Au cours des prochaines
semaines, ORAMA continuera à être source de propositions pour une Politique
européenne ambitieuse, assurant aux grandes cultures françaises, la place qui
doit être la leur sur les marchés nationaux, européens et
internationaux.
Action contre la Faim, en partenariat avec Céréaliers de France et
Unigrains, expédie actuellement par fret maritime 80 tonnes de farine à
Mogadiscio pour mettre en place un programme nutritionnel bénéficiant à 1 500
familles.
Un programme nutritionnel pour 1 500 familles La
sécheresse qui touche actuellement la Corne de l’Afrique, notamment la Somalie,
a entrainé des mouvements de populations fuyant les pénuries d’eau et de
nourriture et des milliers de personnes ont ainsi afflué à Mogadiscio. Dans la
capitale somalienne, des taux alarmants de sous-nutrition ont été
constatés. Pour faire face à cette situation et prévenir l’augmentation de la
malnutrition, Action contre la Faim va réaliser à Mogadiscio des distributions
de denrées alimentaires. Le programme ciblera prioritairement des familles dont
les enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère. Ce programme permettra de
venir en aide à 1 400 familles sur un mois, soit 8 400
bénéficiaires environ. Chaque famille se verra remettre une ration de
nourriture composée de riz, de haricots issus de l’agriculture locale, de 50
kilos farine de blé et d’huile végétale. La farine de blé, fournie dans les
rations, a été offerte par Céréaliers de France et Unigrains à Action contre la
Faim.
Envoi de 80 tonnes de farine à Mogadiscio En début de
semaine les 80 tonnes de farine offertes par Céréaliers de France et Unigrains
ont été chargées dans des conteneurs et sont parties de Gennevilliers à
destination du Havre par la Seine. Action contre la Faim, qui prend en charge
l’envoi du chargement, l’expédiera dans les prochains jours par fret maritime à
Destination de Dubaï puis de Mogadiscio. Le chargement arrivera dans la capitale
somalienne à la fin du mois de novembre pour la mise en place du programme
nutritionnel.
"Avec ce don de farine destiné aux populations les plus démunies de Somalie,
Céréaliers de France et UNIGRAINS, par l'entremise d'Action contre la Faim,
manifestent les valeurs de solidarité qui fondent l'engagement de toute une
profession. Ils tiennent à affirmer à cette occasion la contribution
déterminante de la France à la sécurité alimentaire mondiale. Les céréaliers de
France ont la volonté de conforter cette contribution à l'avenir, conformément
aux recommandations du G20 et, pour cela, continuer à produire plus de céréales
grâce a un contexte pédo-climatique favorable et stable et à des conditions de
production performantes et durables", a declaré Philippe PINTA, président de
Céréaliers de France et d'UNIGRAINS à l'occasion de l'embarquement des
conteneurs à Gennevilliers.
ORAMA salue l'accord obtenu dans le cadre du G 20 agricole, qui
replace l'Agriculture et la Production Agricole dans les priorités stratégiques
du Monde et des Etats.
Augmenter la production agricole et la productivité constitue
incontestablement une orientation forte et novatrice de ce Sommet agricole voulu
et présidé par la France. Sa traduction concrète impose désormais des
investissements, de la recherche, des innovations, du développement mais aussi
la levée des contraintes et l'activation des leviers de la productivité :
biotechnologies, protection phytosanitaire, gestion de la ressource en eau.
Ainsi, l'agriculture saura répondre aux défis alimentaire,
énergétique, environnemental et à la diversité de ses débouchés gérés dans le
cadre de filières. C'est tout l'enjeu de la poursuite, ces prochains mois, des
travaux du G 20 et c'est dès aujourd’hui la responsabilité des Gouvernements
dans leurs politiques nationales.
ORAMA sera particulièrement attentive et vigilante à ce que les
orientations adoptées, attendues par les producteurs, se déclinent maintenant en
autant d’actions concrètes et effectives.
ORAMA demande donc à la France de poursuivre avec un volontarisme
toujours plus affirmé ses efforts politiques et diplomatiques qui ont permis
d’obtenir ces avancées réelles. Elle lui demande aussi d’en tenir compte en
affirmant résolument, dans son action quotidienne et sur le terrain, des
propositions ambitieuses en faveur d’un « produire plus et produire mieux
».
Le
G20 doit, à l’initiative de la France, clairement afficher la nouvelle donne
mondiale pour les années qui viennent : la première manière de réguler les
marchés, c’est de produire suffisamment, c'est-à-dire de produire plus a déclaré
Philippe PINTA Président de AGPB et président d’ORAMA à l’issue du congrès
exceptionnel " G120, les agriculteurs du monde prennent la parole ".
Réuni
à Paris les 22 et 23 juin prochains, le G 20 traitera pour la première fois de
questions agricoles. Parmi tous les sujets abordés, il en est un qui domine tous
les autres : pour nourrir 9 milliards d’habitants d’ici 2050, les besoins
alimentaires vont augmenter de +70%.
L’enjeu
central est donc dès aujourd’hui de produire plus. Produire plus de
céréales, notamment, pour assurer à tous un approvisionnement régulier à un prix
abordable.
Face
à un défi d’une telle ampleur, il faut produire plus partout, dans le cadre d’un
développement durable volontariste :
•
dans les pays en développement pour améliorer leur
auto-suffisance,
•
dans les pays émergents où il existe de larges potentialités,
•
dans les pays développés exportateurs au climat stable tels la France.
Telle
est la conclusion centrale des 120 délégations des paysans du monde, réunis
pendant deux jours à Paris à l’initiative de la FNSEA et des JA les 16 et 17
juin dernier, pour préparer les discussions du G20 et auxquelles le Président de
la République a tenu à s’adresser en ce sens.
A
nos portes, au sud de la Méditerranée, se trouve la partie du globe où le
déficit en céréales est le plus élevé au monde. Ce besoin urgent va encore
s’accroître du fait de la croissance démographique et des contraintes
climatiques. La France a dans cette zone une responsabilité particulière
évidente.
Face
à la volatilité des prix, les filières céréales-oléo-protéagineux, nutrition
animale et élevage misent sur la contractualisation. 15 organisations ont signé
ce mercredi 15 juin un accord inter-filière qui entrera en application le
1er juillet. Cet accord volontaire, conclu à l’initiative de la
profession, marque la volonté de donner une visibilité aux éleveurs et
d’atténuer les fluctuations extrêmes des prix. Il sera remis au Ministre de
l’Agriculture, auquel les signataires demandent de faire respecter par la grande
distribution l’accord du 3 mai sur la répercussion des prix des matières
premières.
Volatilité: une nécessaire régulation et produire
plus
L’équilibre entre l’offre et la demande de grains sera plus
tendu à l’avenir ; la sécurité alimentaire passe d’abord par une politique
d’augmentation de la production: il faut produire plus et libérer les
contraintes inutiles pesant sur les moyens de production. Les partenaires des
deux filières soutiennent par ailleurs lespropositions de régulation et de transparence des marchés à terme
des matières premières agricolesque la France présente dans le cadre du
G20.
Visibilité pour les éleveurs : un accord de
contractualisation inter-filières
Plusieurs contrats-type sont ainsi proposés, dès la prochaine
campagne, entre collecteurs de grains et fabricants d’aliments d’une part, entre
fabricants d’aliments et éleveurs d’autre part. Ces contrats s’appuient sur des
modalités de lissage des prix de marché et sur un abaissement du coût de
couverture du risque prix.
L’accord prévoit aussi de favoriser des contrats de livraison
physique entre céréaliers et éleveurs par l’entremise et sous la garantie de
l’organisme stockeur.
L’ambition des signataires est de contractualiser dans l’immédiat
25% des volumes destinés à l’alimentation animale, avec un objectif à terme de
40%.
« Les acteurs des filières grandes
cultures et élevage s’engagent dans une démarche de progrès, innovante et
structurante. Dans un contexte difficile rendu dramatique par la sécheresse. En même
temps que cette contractualisation structurante, chacun se mobilise face à la
pénurie de fourrage pour que les éleveurspuissent alimenter leur cheptel. La profession prend en cela ses
responsabilités. Je demande au Ministre de l’Agriculture de faire en sorte que
la distribution respecte ses engagements. Il y va de l’avenir de
l’élevage » a déclaré Xavier BEULIN, Président de la FNSEA,
à l’issue de la signature de l’accord.
Participent à l’accord :
Association Générale des Producteurs de Blé et autres céréales
(AGPB)
Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM)
Fédération Française des Producteurs d’Oléagineux et de
Protéagineux (FOP)
ORAMA
Fédération
Nationale Porcine (FNP)
Confédération
Française de l’Aviculture (CFA)
Fédération
Nationale Bovine (FNB)
Fédération Nationale des Producteurs de Lait
(FNPL)
Fédération Nationale Ovine (FNO)
Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres
(FNEC)
Coop de France
Métiers du Grain
Coop de France
Nutrition Animale
Coop de France
Bétail et Viandes
Coop de France
Aviculture
Fédération du
Négoce Agricole (FNA)
Syndicat des
Industriels de la Nutrition Animale (SNIA)
« Face à la sécheresse, la solidarité entre céréaliers et éleveurs doit
prévaloir », a déclaré Philippe PINTA lors du Conseil d’Administration d’ORAMA
réuni ce jour. « Pour la prochaine moisson, les producteurs de céréales sont
prêts à conserver leur paille au lieu de la broyer, autant que les éleveurs
manifesteront individuellement ou collectivement leurs besoins dans un cadre
contractuel » a souligné le président d’ORAMA, ajoutant qu’ « il appartiendra
aux Pouvoirs publics de prendre les dispositions nécessaires pour traiter
efficacement les contraintes du transport d’importants volumes de paille sur de
longues distances. »
Rien ne sera plus efficace que l’esprit de solidarité et le sens des
responsabilités pour faire face aux exigences qu’impose le contexte de
sécheresse actuel en vue d’un bon approvisionnement en paille des éleveurs.
En s’engageant sans retard dans la conclusion de contrats de fourniture de
paille avec les céréaliers, les éleveurs leur signifieront qu’ils peuvent
conserver leur paille en l’état sans crainte de ne pas trouver preneurs.
ORAMA appelle en conséquence les intéressés à utiliser les contrats-type que
proposent d’une part la FNSEA, par l’intermédiaire et avec l’intervention de ses
fédérations départementales, et, d’autre part, le Bureau commun des pailles et
fourrages (BCPF).
Depuis des
années, les représentants agricoles français demandent une vraie politique de
stockage de l’eau. La sécheresse subie actuellement par la France montre qu’il y
a plus que jamais urgence à agir. Dans ce contexte la FNSEA, Irrigants de
France, les JA et ORAMA, organisent le 28 juin à la maison de la chimie, le
colloque « Sécheresse : arrêtons de gaspiller
l’eau ».
La sécheresse subie actuellement par la France et l’Europe du nord
affecte l’ensemble des productions agricoles végétales (céréales, oléagineux,
fourrages, arboriculture…) et par conséquent l’élevage. S’il ne pleut pas dans
les semaines qui viennent, la crise que subit déjà l’agriculture va s’aggraver…
ce qui aurait sans doute pu être en grande partie évité par la mise en place
d’une vraie stratégie de stockage de l’eau.
La réduction arbitraire de la consommation d’eau en agriculture ne
doit pas être une fin en soi car elle ne permettra pas de lutter contre les
conséquences des sécheresses à venir. Les agriculteurs se sont déjà engagés
depuis plusieurs années sur la voie des économies d’eau en adaptant leurs
pratiques. Mais la logique d’économie a ses limites car l’agriculteur ne peut
pas se passer d’eau. Il est nécessaireau pragmatisme afin de mettre en œuvre dès maintenant des solutions
conciliant la préservation des ressources en eau et la croissance durable de
l’agriculteur française.
La production agricole est stratégique, de nombreux pays du sud
l’ont bien compris en investissant dans des programmes efficaces de gestion de
l’eau. En France, la solution serait d’arrêter de gaspiller l’eau dont bénéficie
notre pays. Sur les 170 milliards de mètres cubes de pluies efficaces qui
tombent chaque année sur notre territoire, il suffirait d’en stocker 300 à 400
millions (soit 0,2 %) pour palier aux situations de sécheresse.
C’est l’objet du colloque organisé le 28 juin prochain à la maison
de la chimie sur le thème : « Sécheresse : arrêtons de gaspiller
l’eau ».
Nous donnerons la parole à de nombreux experts : industriels,
géographes, météorologues, économistes, agronomes, qui montreront tout l’enjeu
d’une politique ambitieuse de gestion et de stockage de l’eau pour l’agriculture
et plus largement l’alimentation de demain.
L’Agriculture est pour la première fois inscrite à l’ordre du jour du G20,
présidé cette année par la France. ORAMA , qui suit la préparation de ces
travaux, a été attentive à la rencontre du lundi 7 mars entre M Bruno LE
MAIRE, Ministre de l’Agriculture et Jacques DIOUF, Directeur Général de la
FAO. Face à l’évolution de la demande mondiale de produits de base pour
assurer demain l’alimentation de 9 milliards d’habitants, la FAO souligne la
nécessité de produire plus, à la fois dans les pays en développement et dans les
pays développés. Telle est la position qu’ORAMA a également adoptée dans son
projet « Pour une nouvelle PAC 2014-2020 » et réaffirmée le 19 janvier à
Marseille lors de son congrès annuel. L’Europe et singulièrement la France
disposent de conditions pédo-climatiques stables qui leur permettent de produire
plus de grains pour satisfaire les besoins mondiaux. Elle est ainsi capable de
répondre, comme cette année, aux besoins considérables des pays du sud de la
Méditerranée. A l’avenir, il faudra aussi faire appel aux innovations
technologiques indispensables. ORAMA, avec tous ses partenaires de la
filière, propose également la constitution de stocks, qui contribueront à un
approvisionnement régulier et sûr du marché. Elle propose que la France donne
l’exemple avec le lancement d’un plan Silos dont la première tranche
représenterait 5 millions de tonnes de capacités nouvelles de stockage. « Les
producteurs sont prêts à apporter leur contribution aux réflexions en cours,
notamment lors de la réunion internationale des agriculteurs du G20 qui se
tiendra à Paris en juin prochain à l’initiative de la FNSEA, et à agir
concrètement » a déclaré Philippe PINTA, Président d’ORAMA.
Face à la volatilité des prix, les filières
céréales-oléo-protéagineux, nutrition animale et élevage décident de mettre en
place des outils de contractualisation. La démarche ne pourra aboutir que si la
distribution accepte d’intégrer la hausse des prix des céréales et des tourteaux
déjà constatée. Tous les partenaires ont affiché leur détermination à être
opérationnels d’ici le 1er juillet prochain.
Volatilité: une action de régulation s’impose
L’équilibre entre l’offre et la demande de blé, de maïs et
d’oléo-protéagineux sera plus tendu au cours des prochaines années.
La sécurité alimentaire et la régulation des cours passent d’abord
par une politique d’augmentation de la production de grains en Europe et en
France, de fait abandonnée depuis la première réforme de la PAC en
1992: il faut produire plus et produire mieux. La régulation passe
ensuite par des stocks physiques dont l’existence a un effet
stabilisateur sur le marché. Il est proposé de lancer en France un
plan silos de 5 millions de tonnes d’un coût d’investissement
estimé à un milliard d’euros. Il reste enfin à instaurer une
régulation et une transparence des marchés à terme des « commodities »
agricoles et de leurs produits dérivés. Les partenaires des deux
filières soutiennent cette approche qui doit faire l’objet de propositions de la
France dans le cadre du G20, à l’initiative du Président de la République.
Créer une visibilité pour les éleveurs : la contractualisation
Depuis le mois de septembre 2010, les partenaires travaillent aux outils
d’une contractualisation entre les filières céréales-oléo-protéagineux
et d’élevage qui permette d’atténuer les excès de la volatilité des
prix pour les matières premières nécessaires à l’élevage en particulier de
porcs, de volailles et de bovins (viande et lait). Plusieurs outils de
contractualisation sont proposés : • Entre collecteurs de
grains et fabricants d’aliments : des contrats-type prévoyant le lissage
des prix de marché sur plusieurs mois ou s’appuyant sur les prix
moyens de campagne payés aux producteurs de grains ; • Entre
fabricants d’aliments et éleveurs : des contrats-type d’aliments assurant aux
éleveurs une visibilité du coût de l’aliment ; • Au-delà
de ces contrats, le développement d’outils de couverture de marché,
mutualisés afin d’en limiter le coût. Il est aussi proposé la création d’un
marché à terme du tourteau de colza. Ces contrats-type,
finalisés dans les interprofessions concernées, toucheront une part des besoins
des différents partenaires.
Répercuter les hausses déjà constatées sur le prix des produits
finis Face à la volatilité, la distribution doit intégrer l’impact sur
les viandes et des produits laitiers des évolutions d’un marché mondial
des matières premières agricoles désormais totalement
ouvert. Pour que l’approche précédente porte ses fruits, il est
indispensable de mettre en place une contractualisation « aval ». Il
importe de donner aux éleveurs une visibilité sur leur prix de vente et de
répercuter l’évolution du prix des matières premières. A défaut la
démarche « amont » verrait ses effets immédiatement accaparés par la
distribution sans aucun bénéfice pour les éleveurs. Le Ministre de
l’Agriculture Bruno LE MAIRE et le Secrétaire d’Etat au Commerce et l’Artisanat
Frédéric LEFEBVRE doivent mettre tout leur poids dans la balance pour aboutir à
ce résultat d’ici le mois de mars.
Un comité de suivi et des indicateurs devront être mis en place.
« La filière céréales et oléo-protéagineux est solidaire des
éleveurs. Elle prend ses responsabilités en proposant ce pacte de
contractualisation. Nous sommes déterminés à le faire aboutir à condition que
l’aval et la distribution jouent le jeu. » a déclaré
Philippe PINTA, Président d’ORAMA(1) .
« La FNSEA et l’ensemble de ses Associations Spécialisées portent
ce projet ambitieux. La distribution doit apporter sa pierre à l’édifice dans un
esprit de partage équitable de la valeur. Il y va de l’avenir de l’élevage et de
nombreux territoires. Je demande au Gouvernement de mettre tout son poids dans
la balance pour faire aboutir cette initiative des céréaliers et des éleveurs
soutenu par la FNSEA a déclaré Xavier BEULIN,
Président de la FNSEA
[1]ORAMA :
réunion de l’Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB), de
l’Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et de la Fédération des
Oléo-Protéagineux (FOP)
Participent à l’accord : Association Générale des
Producteurs de Blé (AGPB) Association Générale des Producteurs de Maïs
(AGPM) Fédération Française des Producteurs d’Oléagineux et de Protéagineux
(FOP) ORAMA Fédération Nationale Porcine
(FNP) Confédération Française de l’Aviculture (CFA) Fédération Nationale
Bovine (FNB) Fédération Nationale des Producteurs de Lait
(FNPL) Fédération Nationale Ovine (FNO) Coop de France Métiers du
Grain Coop de France Nutrition Animale Coop de France Bétail et
Viandes Coop de France Aviculture Fédération du Négoce Agricole
(FNA) Syndicat des Industriels de la Nutrition Animale
(SNIA)
Philippe PINTA, Président de l’Association des Producteurs de Blé, Président
d’ORAMA a abordé la question de l’approvisionnement du marché des céréales lors
d’une conférence de presse ce mardi 11 janvier au cours de laquelle il
présentait les thèmes du prochain congrès -Sommet du Végétal- qui se tiendra à
Marseille les 18 et 19 janvier prochain. « Il n’y a pas de problème
d’approvisionnement du marché du blé ni en France ni en Europe », a-t-il
déclaré. « Une limitation des exportations n’est en rien justifiée. Je
m’en suis entretenu avec Bruno LE MAIRE au téléphone ce matin et nous partageons
la même analyse. La question d’une éventuelle taxe européenne à l’exportation
n’est absolument pas à l’ordre du jour. Nous travaillons par contre avec nos
partenaires des filières animales et les fabricants d’aliment du bétail pour
trouver au travers de la contractualisation des moyens de lisser les
fluctuations erratiques du marché. Le Gouvernement travaille de son côté dans
la perspective du G20 à une meilleure régulation des marchés à terme de produits
agricoles. En ce qui concerne les exportations, la France et nous
agriculteurs, nous avons un rôle déterminant et une responsabilité vis-à-vis de
nos voisins du sud de la Méditerranée -Algérie, Maroc, Tunisie et
Egypte… - qui ont besoin de trouver en nous des partenaires
réguliers et fiables. Les évènements actuels en sont l’illustration. Il
n’y a qu’une seule réponse à cet enjeu qui touche à la sécurité de
l’alimentation : il faut produire . Produire des grains, produire du blé,
plus de blé. Nous devons parallèlement constituer des stocks physiques
plus importants et pour cela lancer en France un « plan silos » pour disposer
des capacités de stockage nécessaires. Ces questions forment l’ossature de
notre congrès de la semaine prochaine à Marseille dont la localisation a
précisément été choisie en fonction de ces enjeux méditerranéens. »
La Commission des comptes de l’agriculture de la nation vient de publier ses
chiffres prévisionnels de revenu 2010 des exploitants. Bénéficiant d’une
progression d’autant plus prononcée qu’ils avaient connu une année 2009
exécrable(1) , les producteurs spécialisés en céréales et oléoprotéagineux
retrouvent un niveau de revenu moyen(2) en phase avec les capitaux qu’ils
investissent, les compétences qu’ils doivent déployer et les risques qu’ils
prennent. Le contraste est fort entre la situation de cette fin d’année,
illustrée par cette remontée, et celle que connaissait le secteur au printemps,
au moment de la confluence de 1500 tracteurs à Paris, quand tout promettait une
année 2010 pire encore que la précédente. Deux évolutions imprévisibles,
l’emballement des marchés déclenché par la chute catastrophique des récoltes
autour de la Mer Noire et, dans une moindre mesure, le recul de l’euro par
rapport au dollar, ont fait pencher la balance du bon côté. Tout cela fait
ressortir le caractère de plus en plus aléatoire des résultats des exploitations
de grandes cultures. Il est indispensable d’en tenir compte dans la réforme de
la PAC pour la période 2014-2020, à la fois en matière de régulation des
marchés, sur le plan de l’évolution des aides et en permettant aux agriculteurs
de lisser les hauts et les bas de leurs résultats.
[1]13
200 €de revenu moyen avant impôt
et cotisations sociales propres à l’exploitant
[2]36 600 € avant impôt et cotisations
sociales propres à l’exploitant
La Commission européenne vient de faire connaître ses orientations pour la
politique agricole commune à mettre en œuvre sur la période 2014-2020.
Pour ORAMA, si le maintien de deux piliers est de nature à conserver une
bonne lisibilité à la PAC, l’accent mis dans le premier sur la gestion de
l’environnement et sur l’équilibre des territoires ne doit pas faire perdre de
vue les enjeux de l’économie agricole. Aussi est-t-il indispensable de donner
véritablement corps à l’ambition affichée par la Commission de voir
l’agriculture européenne contribuer activement à la sécurité alimentaire
mondiale.
La réalité de la future PAC dépendra par ailleurs de facteurs qui restent
actuellement dans l’ombre : le niveau et la répartition des enveloppes
budgétaires qui seront consacrées à cette politique, l’évolution des instruments
de régulation des marchés, notamment.
La communication diffusée aujourd’hui par la Commission ne constitue qu’un
point de départ. Avec ses partenaires syndicaux français et européens, ORAMA
agira pour que la future PAC soit propice à une expansion de l’agriculture
européenne, la rendant ainsi d’autant plus apte à répondre aux préoccupations de
tous, qu’il s’agisse d’approvisionner, de relever les défis environnementaux et
d’être acteur d’une vie économique et sociale harmonieuse sur les
territoires.
ORAMA compte sur la détermination des Pouvoirs publics français à suivre
cette ligne et à y entraîner avec eux leurs partenaires
européens.
Les fuites sur les propositions que la Commission européenne devrait mettre
au débat à partir du 17 novembre au sujet de la PAC post 2013 s’avèrent très
inquiétantes.
Dans ces propositions, les approches gestion de l’environnement et équilibre
territorial de la PAC prennent une dimension accrue, ce qui n’est pas
critiquable en soi, mais, au vu des mécanismes proposés, cette évolution se
ferait au détriment de l’économie agricole. Fondés sur la réaffectation de
soutiens économiques à la compensation d’exigences environnementales amplifiées,
ces mécanismes ne répondent pas à l’obligation de compétitivité des
exploitations européennes face à la concurrence et sont donc de nature à
remettre en cause leur viabilité économique. En outre, l’impératif d’une
régulation des marchés améliorée, élément de stabilité indispensable aux
producteurs et à leurs partenaires des filières, est totalement oublié.
ORAMA regrette vivement que l’accroissement inexorable de la demande mondiale
de produits agricoles -notamment de grains- pour l’alimentation, pour la
production d’énergie et comme matières premières renouvelables soit ainsi
absente de la stratégie européenne.
ORAMA tient par ailleurs à rappeler que depuis de nombreuses années, les
agriculteurs intègrent les préoccupations environnementales dans la conduite de
leurs exploitations et qu’ils espèrent avoir accès aux technologies disponibles
pour parfaire encore plus une agriculture durable.
ORAMA ne peut se satisfaire d’un « verdissement » déséquilibré de la PAC et
de la régression de son économie agricole qui s’en suivrait. Elle agira
avec ses organisations partenaires en France et en Europe afin de corriger
les orientations prises. C’est l’enjeu des prochains mois. Enfin, elle demande
aux Pouvoirs publics français de faire savoir si ces orientations leur semblent
correspondre aux intérêts de notre pays et à ceux de l’U.E., non seulement sur
le plan agricole, mais aussi sur un plan économique plus global et sur le plan
géopolitique.
Le Conseil d’Administration de l’AGPB a tenu sa réunion de rentrée le 6
septembre.
Alors que, jusqu’au début de l’été, la situation des marchés et l’amputation
à venir des paiements de la PAC en grandes cultures laissaient entrevoir le pire
pour de nombreux exploitants, le Conseil s’est dit rassuré par l’évolution
des prix des céréales survenue depuis lors, même si une partie des récoltes
avait déjà été vendue auparavant.
Le Conseil s’est également déclaré conscient des difficultés qu’entraîne
l’ampleur de la hausse des prix des matières premières végétales pour les
élevages porcins et avicoles. Considérant les impacts destructeurs que peuvent
avoir, tantôt sur l’économie de ces élevages, tantôt sur celle des exploitations
de grandes cultures, les variations devenues très amples des cours de ces
matières premières, il s’est prononcé en faveur de discussions entre ORAMA et
l’industrie de la nutrition animale en vue d’une régulation des prix auxquels
cette dernière est approvisionnée.
Enfin, le Conseil d’Administration de l’AGPB a souligné combien la situation
globale des marchés céréaliers faisait ressortir une nouvelle fois la vocation
qu’ont l’Union européenne et particulièrement la France à contribuer à la
sécurité alimentaire au-delà des frontières des 27, notamment dans les pays de
la rive sud de la Méditerranée. Bien moins sujettes à des accidents de
production, du fait de leur climat, que les autres grands pays exportateurs,
elles ont là une obligation morale à assumer, au-delà d’un atout économique à
faire valoir.
De 2008 à 2009, -57,1% de revenu avant impôt et cotisations sociales
personnelles pour les producteurs spécialisés de céréales et d’oléoprotéagineux
: c’est le chiffre, affiné par rapport aux prévisions de décembre 2009, que
vient de publier la Commission des comptes de l’Agriculture de la Nation. Il
révèle une chute encore supérieure aux -51% annoncés en décembre dernier. C’est
la chute la plus forte par secteur de production agricole et elle fait baisser
le revenu en valeur absolue des intéressés à un niveau inférieur à la moyenne
nationale tous secteurs.
Dans ces circonstances, ORAMA demande d’autant plus aux députés de
véritablement ouvrir aux producteurs de grains le mécanisme de Déduction pour
aléas ou DPA(*) dans le cadre de leurs débats actuels sur le projet de loi de
Modernisation de l’agriculture. Il est aberrant que l’accès à la DPA soit lié à
l’obligation de souscrire une assurance-récolte qui ne présente aucun intérêt
pour la plupart des producteurs de grains et dont le prix représente donc pour
eux une charge inutile.
Ces circonstances exigent également que le 8 juillet prochain, la réunion du
Comité de suivi des Grandes cultures au ministère de l’Agriculture débouche sur
des décisions qui limitent puissamment l’impact de l’amputation des aides 2010
en grandes cultures, mesure voulue par le Gouvernement français dans le cadre du
bilan de santé de la PAC.
On ne peut rajouter sans fin du moins au moins.
(*) Possibilité de déduire fiscalement une partie des bénéfices les
bonnes années pour la réintégrer dans les comptes les mauvaises années,
les sommes déduites étant entre temps bloquées en banque
Président des céréaliers, Philippe PINTA, annonce la prochaine
nomination de Pierre-Olivier DRÈGE à la Direction Générale de l’AGPB et à la
Direction Générale de la holding de tête d’UNIGRAINS.
Pierre-Olivier DRÈGE a, au cours de la période récente, exercé d’importantes
responsabilités dans le secteur agricole et agro-alimentaire : il a notamment
été Directeur Général de l’Office National Interprofessionnel des Céréales -
ONIC (1998-2003) après avoir dirigé Rungis-Marché International (1989-1993) ,
Directeur de Cabinet du Ministre de l’Agriculture (1993-1995), Directeur au
Ministère de l’Agriculture chargé des questions économiques européennes et
internationales – DPE (1994-1998). Il est depuis 2003 le Directeur Général de
l’Office National des Forêts (ONF).
Pierre-Olivier DRÈGE est ancien élève de l’Ecole Polytechnique et Ingénieur
Général des Ponts des Eaux et des Forêts.
Il prendra ses fonctions courant septembre.
« Pierre-Olivier DRÈGE aura comme mission de renforcer la cohérence des
actions du Groupe Céréaliers de France. Il contribuera notamment à la
préparation des échéances liées à la réforme de la Politique Agricole Commune,
en relation avec les autres organisations professionnelles et tous les
partenaires concernés» a déclaré Philippe PINTA devant le Conseil
d'administration de l'AGPB.
Dans une interview accordée aux hebdomadaires La France Agricole et Agra
Presse la veille de la manifestation à Paris, mais parue dans leurs éditions de
vendredi, le Président de la République a annoncé des mesures relatives à
l’impôt sur le revenu des exploitants [1] et au
transport routier des produits agricoles et agroalimentaires [2] .
ORAMA prend acte de ce début de concrétisation de l’attitude qu’avait
manifestée le Président de la République en se rendant le 6 avril dernier sur
une exploitation céréalière de l’Essonne.
Elle attend que ces premières mesures soient suivies rapidement de nombreuses
autres réponses concrètes aux attentes exprimées au nom des producteurs de
céréales et d’oléoprotéagineux dans le cadre du Comité de suivi des Grandes
cultures.
[1] Possibilité désormais pour les agriculteurs « de déduire une
fraction de leurs cotisations sociales dues à la MSA pour l’année
suivante ».
Les agriculteurs « dont l’impôt est calculé sur une moyenne de 3 ans
bénéficieront, en 2010, d’une année supplémentaire pour le
payer ».
[2] Généralisation de l’utilisation de camions de 44 tonnes dans le
secteur de l’agriculture et de l’agro-alimentaire.
La manifestation des producteurs grandes cultures venus de 14 régions
françaises hier à Paris aura illustré sans aucune équivoque dans quelle
situation se trouvent les exploitations de ce secteur.
Ce n’est ni par caprice ni par plaisir que, notamment, autant
d’agriculteurs ont laissé leurs travaux de côté pendant plusieurs jours pour
faire un long-aller retour de tracteur entre leurs fermes et Paris.
Les pouvoirs publics sont maintenant à même de comprendre avec quelle
intensité et avec quelle urgence ils doivent réagir. Le tempo doit être calé sur
le calendrier des exploitations et non sur le rythme de l’administration. Et les
faux-fuyants du ministre de l’Ecologie et de sa secrétaire d’Etat ne sont pas
recevables.
Lors du Comité de suivi des Grandes Cultures, ORAMA a fortement insisté sur
la situation extrêmement difficile dans laquelle se trouvent les producteurs de
céréales et d’oléoprotéagineux. Elle a formulé des propositions concrètes
immédiatement applicables en privilégiant une vision d’une agriculture
résolument économique et compétitive.
En ce qui concerne le revenu, ORAMA a demandé le versement
des aides PAC au 16 octobre. Elle a également demandé un allègement des charges
fiscales, sociales et financières, notamment via des reports d’annuités,
une prise en compte de l’année « n » pour le calcul des cotisations sociales et
encore une suppression du plancher - 800 SMIC – pour le calcul des cotisations
d’assurance-maladie.
Afin d’alléger les contraintes pesant sur les exploitations,
ORAMA a demandé que soit réévalué l’intérêt des mesures environnementales en
fonction de leur impact sur la production. Elle a demandé aussi que les
dispositifs des mesures rotationnelle et de diversification soient revus et
pérennisés. ORAMA demande enfin que cesse le grand bazar des tracasseries
administratives subies par les producteurs, comme récemment encore la remise en
cause de la cartographie de leurs parcelles.
Au-delà, ORAMA a exprimé l’attente que les Pouvoirs publics donnent
les impulsions relevant de leur responsabilité pour dynamiser l’accès aux
marchés. Il s’agit par exemple de prendre des mesures pour faciliter le
stockage et le crédit export, notamment sur des marchés de proximité tels que
ceux du bassin méditerranéen et des Proche et Moyen Orients. De la même manière,
ORAMA a réclamé que les Pouvoirs publics prennent enfin des dispositions
énergiques pour mettre fin aux dysfonctionnements en matière de fret
ferroviaire, qu’ils autorisent le passage généralisé aux 44 tonnes en mode
routier, et, plus généralement, qu’ils favorisent la compétitivité des
transports.
Enfin, ORAMA a demandé que les Pouvoirs publics français et européens
s’engagent de façon responsable, aux côtés de la profession, dans la régulation
des marchés. Cela implique par exemple de maintenir des outils pour gérer des
situations de crise comme celle que traverse actuellement le secteur des grandes
cultures.
Sur tous ces sujets, ORAMA a très fermement invité les Pouvoirs publics à
prendre les mesures qui s’imposent sans tarder. C’est ce qu’exprimeront
également avec la plus vive intensité les producteurs de grandes cultures dans
le cadre de l’action syndicale qu’ils préparent pour le 27 avril prochain et
qu’ORAMA soutient pleinement.
La FNSEA, JA, ORAMA, Irrigants de France et l’APCA, réunis le 13 avril à
Paris,
Après avoir fait le constat : - des efforts et des investissements
importants des agriculteurs en faveur de la préservation des ressources en eau,
en particulier en période d’étiage, en mettant en place des gestions collectives
de l’eau, un comptage de l’eau prélevée, une modernisation du matériel
d’irrigation, une meilleure conduite de l’irrigation, des modifications des
itinéraires techniques et une évolution des assolements, - de
l’importance de l’irrigation pour le maintien d’une agriculture performante et
durable, de territoires vivants et d’emploi dynamique, - d’une
application de la loi sur l’eau du 26 décembre 2006 en décalage avec les
objectifs initiaux d’organisation collective simple des irrigants et
d’application de taux de redevance adaptés - de décisions prises dans le
cadre des SDAGE en décalage avec les réalités des milieux (notamment par la
fixation de certains débits objectifs d’étiage) - d’une mise en œuvre à
marche forcée de la définition des volumes prélevables sans prise en compte des
données socio-économiques et avec des prévisions de réduction des volumes d’eau
disponibles - d’un blocage de la politique de stockage de la ressource
en eau par le fait du désengagement de l’Etat du financement et d’une insécurité
juridique grandissante pour les porteurs de projet
Demandent : - une suspension immédiate du processus de définition des
volumes prélevables dans l’attente d’études environnementales et
socio-économiques fiables et partagées - une remise à plat des
discussions sur les organismes uniques pour les sécuriser - une baisse
des taux de redevance « prélèvement » des agences de l’eau dès cette année pour
les irrigants engagés dans des démarches collectives de gestion de
l’eau - une politique de stockage de la ressource visant à sécuriser la
production et à assurer une diversité de biens en quantité et en qualité
répondant aux attentes des consommateurs, et une intégration de cette
problématique du stockage dans le cadre des discussions sur la Loi de
Modernisation Agricole - un rendez-vous avec les ministres en charge de
l’agriculture et de l’écologie pour aborder ces points et trouver des solutions
satisfaisantes tant pour les milieux aquatiques que pour les activités
économiques au rang desquelles l’irrigation reste un enjeu majeur, au regard en
particulier des objectifs élevés de production diversifiée, alimentaire et non
alimentaire, dans les années à venir et des perspectives de changements
climatiques.
Présente lors de la réunion de travail tenue ce matin avec le Président de la
République à Buno-Bonnevaux sur l’exploitation de Samuel HERBLOT, ORAMA a pris
acte de l’attention qu’a décidé de porter le chef de l’Etat à l’évolution de la
situation sur les exploitations de grandes cultures dans les mois à venir.
Les Pouvoirs publics français se révèlent tout à fait conscients maintenant
de l’impact désastreux que risque fort d’avoir leur décision de février 2009
d’amputer à la fin de 2010 les soutiens de la PAC à ces exploitations.
Les travaux du Comité de suivi des Grandes cultures, qui vont démarrer le 14
avril, devraient permettre de prévoir avec la plus grande expertise ce que sera
cet impact en fonction des récoltes, du profil des marchés et des variations des
charges. ORAMA fonde beaucoup d’espoir dans ces travaux. Ils seront essentiels
pour que puissent être prises à temps et avec l’intensité adéquate les mesures
de compensation potentiellement nécessaires.
Le quotidien Libération du 25 mars rapporte que la Secrétaire d’Etat à
l’Ecologie tient les « céréaliers intensifs » pour responsables, parmi d’autres,
de l’ajournement de l’adoption de la taxe carbone en France.
ORAMA ne comprend pas sur quelle base repose cette mise en cause. Il ne
saurait lui être reproché d’avoir plaidé pour le non-assujettissement des
biocarburants à la taxe carbone, comme en Suède, pays fréquemment cité comme
modèle en matière de fiscalité écologique.
Sur un plan plus large, ORAMA craint que la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie ne
cède à des idées préconçues sur le secteur des grandes cultures et notamment
qu’une production agricole intensive vaille par nature opprobre à ses yeux.
ORAMA serait en conséquence heureuse d’accueillir enfin la Secrétaire d’Etat
sur des exploitations et dans des centres techniques de ce secteur afin qu’elle
mesure tous les progrès dont les exploitants ont été, sont et seront
capables pour produire de plus en plus « écologiquement intensif ». Les
producteurs français de céréales et d’oléoprotéagineux sont en effet des
professionnels qui aiment leur métier, qui sont responsables, innovants et
veulent contribuer au bien-être de tous sous tous ses
aspects.
ORAMA et IRRIGANTS de France* apportent tout leur soutien aux irrigants des
régions Aquitaine et Midi-Pyrénées qui se sont rassemblés ce jour à Mont de
Marsan et à Toulouse face aux annonces de réductions drastiques de volumes d’eau
alloués à l’agriculture.
L’eau est un facteur essentiel pour la production agricole, garant d’une
production régulière, en qualité comme en quantité. Les irrigants ont toujours
été conscients de la nécessité de partager cette ressource et se sont organisés
depuis de nombreuses années dans des démarches de progrès : compteurs d’eau,
partage concerté des volumes, mise en place de tours d’eau, semis plus précoces…
Les baisses de volumes alloués à l’irrigation annoncées – jusqu’à 70% voire
100% dans certains bassins – impacteront fortement les filières agricoles déjà
fragilisées par la chute des revenus. Cette nouvelle contrainte technique et
économique est inacceptable et justifie de nombreuses actions syndicales
aujourd’hui dans le Sud-Ouest et à venir au niveau national. Et pourtant des
alternatives existent. L’une d’entre elles est le développement d’un plan
national ambitieux de stockage de l’eau.
ORAMA et IRRIGANTS de France appellent donc les pouvoirs publics à davantage
de pragmatisme sur le dossier des volumes prélevables, qui doivent prendre en
compte les impacts socio-économiques pour les filières et les progrès déjà
réalisés depuis de nombreuses années par les irrigants (amélioration de
l’efficience de l’eau apportée, cycle des cultures, réduction des volumes
prélevés…). A cet égard, il serait incompréhensible que restent sans effet les
affirmations du Président de la République samedi au SIA à propos de la
légitimité des mesures environnementales touchant l’agriculture.
IRRIGANTS de France organisera le 13 avril prochain un grand meeting à
l’Assemblée Nationale pour mettre en avant l’enjeu stratégique de l’irrigation
pour la ferme France et la nécessité d’avancer de façon volontaire sur le
stockage de la ressource en eau dans un contexte de changement climatique
annoncé.
L’économie des exploitations de grandes cultures est confrontée à une très
grave crise économique en termes de revenu et de trésorerie des exploitations
sans perspective positive pour la prochaine campagne.
C’est à ce titre qu’ORAMA avait insisté sur l’urgence de réunir le Comité de
Suivi annoncé par le Président de la République Nicolas Sarkozy en mars
2009.
ORAMA prend donc acte de la décision du Ministre de l’Alimentation, de
l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, de réunir prochainement le Comité
de Suivi tel qu’il l’a exprimé, suite aux dernières manifestations des
agriculteurs de la Région Centre.
ORAMA participera activement à la préparation de ce rendez-vous, d’une part
en termes d’éléments économiques traduisant la réalité financière des
exploitations de grandes cultures et d’autre part en termes de propositions
concrètes.
Le Conseil d’Administration de l’AGPB, réuni le 24 février 2010, a manifesté
sa grande inquiétude devant l’évolution des marchés des céréales d’ici la
prochaine récolte, et plus particulièrement devant la situation de marché de
l’orge, quelle soit de brasserie ou de mouture.
Il considère qu’il faut d’ores et déjà prendre des mesures afin de ne pas
trop obérer l’écoulement de la prochaine récolte et préparer la campagne de
commercialisation 2010-11. Tous les indicateurs sont au rouge dans la
filière orge/malt/bière jusqu’à la fin de l’année civile 2010 ; les exportations
d’orge de mouture sont à des niveaux extrêmement faibles car durement
concurrencées par les orges de la Mer noire.
Il est donc essentiel d’alléger le marché dès à présent : les instruments de
régulation, en l’occurrence l’intervention, peuvent être activés automatiquement
pour la dernière fois. La prochaine campagne ne bénéficiera plus de cette
possibilité. FranceAgriMer et les Pouvoirs Publics doivent trouver rapidement
les capacités de stockage nécessaires.
La mise à l’intervention de quantités significatives d’orge, partout où c’est
possible, est devenue un impératif !
Le Conseil d’Administration de l’AGPB a procédé le 24 février 2010 à
l’élection de son président et de son Bureau. Il a reconduit Philippe PINTA
(Aisne) dans ses fonctions de Président.
Le Bureau est composé de :
Vice Président Dominique CHAMBRETTE (Côte d’Or) Rémi HAQUIN
(Oise)
Secrétaire Général Jean-François ISAMBERT (Essonne)
Membres François BARRET (Eure et Loir) Max COQ (Vaucluse) Paul-Henri
DOUBLIER (Eure et Loir) Michel GRENOT (Charente-Maritime) Bernard GUIDEZ
(Tarn) François JACQUES (Meurthe et Moselle) Jean-François LOISEAU (Loir
et Cher) Pierre PAGESSE (Puy-de-Dôme) Jean-François RENOUX (Haute
Garonne)
A juste titre, des agriculteurs de tous les départements de la région
Centre et de la Sarthe ont manifesté hier dans le Loir-et-Cher sur divers axes
routiers conduisant au lieu où le Président de la République venait clôturer les
Assises des territoires ruraux.
Que les organisations agricoles de la région se soient vu refuser l’audience
qu’elles avaient demandée à cette occasion était en effet insupportable, compte
tenu :
- de ce que représentent pour la vie rurale de la région l’activité des
agriculteurs et celle qu’ils génèrent dans les filières,
- des perspectives désastreuses qu’entraîne la décision qu’a prise il y
a un an le Gouvernement, sous prétexte de prix dits « durablement élevés »,
d’amputer lourdement les aides de la PAC aux producteurs de grandes cultures en
2010,
- du refus tacite des mêmes Pouvoirs publics de réunir le Comité de
suivi des Grandes cultures promis en mars 2009 au plus haut niveau de l’Etat
pour le cas où la prédiction de prix durablement élevés ne se réaliserait
pas.
Hier, en manifestant comme ils l’ont fait avec détermination et
gravité, les agriculteurs de la région Centre et de la Sarthe ont exprimé
non seulement leur propre colère mais aussi celle de leurs confrères de toutes
les régions de grandes cultures, face à l’indifférence des Pouvoirs
publics.
ORAMA a pris connaissance des conclusions de l’étude « Ecophyto R &D »
publiées hier par l’INRA au sujet des voies de réduction de l’usage des produits
phytosanitaires. Il apparaît qu’en quasi-totalité, les scenarii de réduction
étudiés aboutissent à une diminution de la production. Or, même limitée - à 6%
par exemple, dans l’hypothèse intermédiaire de 30% de réduction des
pesticides - une régression des récoltes françaises serait contraire à
l’objectif de produire plus assigné à l’agriculture par les Pouvoirs publics
conjointement à celui de produire mieux. La diminution de la production ne
peut être une tendance à prendre face aux enjeux globaux de la sécurité
alimentaire et du développement des matières premières durables. En même temps
que les exploitations doivent continuer à améliorer leurs pratiques, la
recherche doit poursuivre ses efforts pour apporter des solutions répondant
véritablement à la commande des Pouvoirs publics : produire plus et
mieux.
Lors de leur congrès -le Sommet du Végétal d’ORAMA- le 19 janvier,
les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux ont demandé au ministre de
l’Agriculture de réunir sans délai le Comité de suivi des grandes cultures
annoncé en mars 2009 par le Chef de l’Etat à la suite des décisions prises en
France dans le cadre du Bilan de Santé de la PAC. Toutes les conditions sont en
effet réunies et il y a désormais urgence, le Gouvernement le sait.
Contrairement à ce qu’il avait prédit début 2009 en décidant de l’amputation
brutale des soutiens qui affectera prochainement les grandes cultures, les prix
devraient rester encore très dégradés cette année. Du fait de cette amputation,
les exploitants se trouveront donc à nouveau dans une situation de revenu
catastrophique en dépit de la diminution de leurs charges. Beaucoup n’y
résisteront pas si des mesures compensatoires ne sont pas adoptées. S’il ne veut
être encore davantage suspecté d’indifférence, le Gouvernement doit cesser de se
dérober à ses engagements.
ORAMA, union des syndicats de producteurs français de céréales et
d’oléoprotéagineux, assure de son soutien absolu les jeunes agriculteurs d’Ile
de France et de régions voisines qui ont organisé une manifestation-surprise tôt
ce matin devant le Palais de l’Elysée. Comme le 16 octobre dernier devant le
Fouquets, ces syndicalistes ont légitimement rappelé avec force aux Pouvoirs
publics dans quelle situation insupportable les modalités françaises
d’application du Bilan de Santé de la PAC en 2010 (*) mettront les exploitants
du secteur des cultures arables, eux qui viennent de connaître une nouvelle
chute de 51% de leur revenu en 2009 après celle de 34% en 2008. Les Pouvoirs
publics, qui avaient justifié l’adoption de ces modalités en prétextant que les
prix des céréales et des oléoprotéagineux seraient durablement élevés, doivent
très vite donner des signes tangibles d’une vraie volonté de réparer leur
erreur. (*) prélèvement de 60 à 100 €/ ha sur les paiements directs en
céréales et oléoprotéagineux
Après une chute de 34 % en 2008, le revenu moyen des exploitants spécialisés
en céréales et oléoprotéagineux aura baissé de 51 % en 2009, selon les données
publiées aujourd’hui par le ministère de l’Agriculture.
Pour 115 ha, surface moyenne des exploitations du secteur, ce revenu
s’élèvera en valeur absolue à un peu plus de 15 000 € avant impôt et cotisations
sociales propres à l’agriculteur. Dans bien des situations, en particulier dans
les régions du sud de la France où les récoltes ont été mauvaises, les résultats
seront encore pires, les premiers chiffres des centres de gestion en
témoignent.
De ce fait, et alors que le marasme sur les marchés risque de durer compte
tenu du niveau élevé des stocks, les producteurs de céréales d’oléo-protéagineux
remettent plus que jamais en cause le prélèvement de 60 à 100 €/ha sur leurs
paiements directs qu’a décidé d’opérer le Gouvernement à partir de 2010 au titre
du Bilan de Santé de la PAC.
Ce prélèvement sera insupportable sans modification profonde de la donne. Les
Pouvoirs publics sont aujourd’hui forcés de reconnaître la grave erreur qu’ils
ont commise en début d’année en décidant ce prélèvement au prétexte que les prix
des céréales et des oléoprotéagineux seraient durablement élevés. Ils doivent
réparer cette erreur et, en premier lieu, réunir de toute urgence le Comité de
suivi spécifique que le Président de la République, en mars dernier, s’était
engagé à créer si la situation l’exigeait
Avec les évolutions intervenues dans le domaine des bonnes conditions
agro-environnementales (BCAE) et dans l’application de la directive Nitrates,
les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux sont confrontés depuis
plusieurs mois à des mesures déconnectées des réalités climatiques,
agronomiques, économiques et écologiques. Autant sur ce plan qu’en matière
d’accès aux moyens de production nécessaires à leur compétitivité, leur patience
a atteint ses limites. Il faut maintenant que les Pouvoirs publics fassent la
part des choses dans leur mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement en
agriculture. Le Gouvernement fait-il encore confiance au professionnalisme,
au sens des responsabilités des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux et
mesure-t-il encore les réalités économiques auxquelles ils doivent faire face ?
Ou bien a-t-il basculé dans une vision idéologique, théoricienne et dogmatique
du secteur des grandes cultures ? Aux yeux des exploitants, les arbitrages
qui interviendront très prochainement à Matignon au sujet des taux d’éléments
topographiques et de l’homologation de produits de traitement de semences auront
valeur de symboles.
Les premiers résultats remontant des Centres de gestion et les projections
effectuées à partir des données du RICA pour 2007 indiquent qu’en 2009, le
résultat courant avant impôt et cotisations sociales des exploitants spécialisés
en céréales et oléoprotéagineux baissera de plus de 80%. Pour une exploitation
de taille correspondant à la moyenne de ce secteur, soit 115 hectares, il
s’élèvera au mieux àe 5 000 €, ce qui obligera à vivre sur les amortissements
Dans ce contexte, les mesures annoncées ce jour par le Président de la
République à la suite de la forte mobilisation du 16 octobre ne pourront avoir
qu’un effet éphémère et seront seulement de nature à retarder des échéances très
graves pour de nombreux exploitants.
Cet effet sera d’autant plus
éphémère que, sauf retournement improbable des marchés, la situation des
producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux ne pourra qu’empirer en
2010. Les mesures qui leur sont depuis peu imposées à la suite du Grenelle de
l’Environnement leur coûtent beaucoup, le prix des exigences de la société étant
quasi-totalement mis à leur charge.
Et surtout, il doit leur être prélevé
70 €/ha sur leurs paiements directs à partir de 2010, au titre des mesures
décidées en France pour l’application du Bilan de Santé de la PAC. Il est
évident qu’il est impossible de procéder à ces prélèvements.
Le
Gouvernement doit assumer cette impossibilité en trouvant d’autres moyens de
respecter ses engagements vis-à-vis de certains secteurs de l’élevage. ORAMA
l’avait mis en garde quand il avait justifié ces décisions de prélèvement en
arguant que les prix des céréales et des oléoprotéagineux seraient durablement
élevés. Les producteurs du secteur des grandes cultures exigent que la situation
des marchés soit véritablement prise en compte dans le cadre d’un Comité de
suivi, comme s’y était engagé le Président de la République après
les manifestations du mois de mars dernier.
Lors de sa séance de samedi matin 24 octobre, l’Assemblée Nationale, sur
proposition du Gouvernement, a décidé : - d’une part, d’appliquer la
taxe carbone aux
biocarburants,
- et d’autre part, d’augmenter la fiscalité du bioéthanol et du
biodiesel ce qui revient à plus taxer le bioéthanol que l’essence !
Soulignons que l’application de la taxe carbone aux biocarburants est
contraire à la réglementation européenne : les biocarburants étant d’origine
renouvelable à 100%, leur contenu carbone est réputé nul, comme le stipule
explicitement la directive Energies Renouvelables adoptée en décembre dernier
par l’Union européenne, alors présidée par la France !
L’AGPB, l’AGPM, la CGB, et la FOP sont scandalisées de ces décisions qui
conduisent à pénaliser une énergie 100% renouvelable, et à ce jour, la seule
solution de masse immédiatement disponible pour réduire les émissions de
CO2 des transports automobiles.
A quelques semaines du Sommet de
Copenhague et après la publication des conclusions du rapport de l’ADEME
(Analyses du cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération
consommés en France) mettant en avant l’excellent bilan énergétique et
environnemental des biocarburants, ces décisions sont totalement injustifiables,
déraisonnées et vont à l’encontre de la politique volontariste du Gouvernement
en faveur de l’environnement.
L’AGPB, l’AGPM, la CGB et la FOP en appellent au Chef de l’Etat pour que ces
décisions incohérentes et sans fondement ne remettent pas en cause ses
engagements pris, tant sur la taxe carbone pour laquelle il a été précisé
que toutes les énergies renouvelables seraient en être exonérées, que pour ses
engagements en faveur du développement des biocarburants en France.
En conséquence, elles attendent dans les plus brefs délais les mesures
correctives qui s’imposent.
Les biocarburants sont une des contributions majeures de l’agriculture à la
lutte contre le réchauffement climatique. C’est aussi un élément important de la
relance de l’économie par la croissance verte au travers d’investissements
réalisés, essentiellement par les agriculteurs, dans cette nouvelle filière de
production.
La France, premier producteur de biocarburants dans l’Union Européenne, se
doit de poursuivre son développement pour asseoir son leadership dans l’UE.
* Taxe intérieure sur la consommation, anciennement
TIPP.
Toulouse, Mont-de-Marsan, Poitiers, Orléans, Rouen, Lille, Metz, Colmar,
Dijon, Bourg-en-Bresse, Valence, Châlons-en-Champagne, Amiens, Beauvais,
Compiègne, Melun, Fontainebleau… Au-delà de l’opération hautement symbolique
conduite ce matin sur les Champs-Elysées devant le Fouquet’s, les exploitants du
secteur des grandes cultures ont participé massivement aux manifestations
agricoles qui se sont déroulées aujourd’hui dans les capitales régionales et
dans de nombreuses autres villes.
Ces exploitants ont tenu à montrer ainsi l’ampleur de leur désarroi face à la
situation sans précédent qu’ils vivent. Malgré des récoltes de bon niveau -sauf
dans certaines régions du sud- leur revenu va en effet se trouver laminé en
2009. En outre, dans le cadre du Bilan de santé de la PAC, l’Europe et, plus
encore, la France ont pris des décisions de nature à condamner définitivement
beaucoup d’entre eux en 2010.
Les pouvoirs publics sont maintenant avertis. La détermination des
producteurs du secteur des grandes cultures est à la mesure de leur désarroi.
Ils sont prêts à se mobiliser à nouveau autant de fois qu’il le faudra et aussi
intensément au moins si la politique mise en œuvre à leur encontre n’est
pas considérablement corrigée.
Le ministre français de l’Agriculture se rendant aux Etats-Unis pour
s’informer sur la politique laitière qu’ils pratiquent, ORAMA lui recommande
fortement d’y étudier aussi la politique américaine de régulation des revenus en
grandes cultures face aux aléas des marchés et du climat. Il pourrait ainsi
mesurer quel gouffre va se creuser entre cette politique et la politique de
dérégulation qui résultera en Europe en 2010 des décisions -françaises,
notamment- prises au détriment des grandes cultures dans le cadre du Bilan de
santé de la PAC.
Il pourrait mieux percevoir quel impact ravageur est susceptible d’avoir le
Bilan de santé sur les exploitations de ce secteur alors qu’avant même son
application, elles vont être nombreuses à connaître de graves difficultés en
2009.
Il serait d’autant plus sensible à la colère qui gagne les producteurs
français de céréales et d’oléo-protéagineux, lesquels sont par ailleurs bridés
par rapport à la concurrence dans leurs possibilités d’accéder au progrès
technique.
Au travers de l’AGPB, de l’AGPM et de Coop de France-Métiers du Grain, les
producteurs de céréales français ont toujours tenu à organiser leurs débouchés,
plutôt que de laisser l’écoulement de leurs productions soumis aux aléas du
marché. Ainsi sont-ils devenus partenaires dès l’origine de la filière du
bioéthanol, produit qui, mobilisant 2,3 % des récoltes de céréales de notre
pays, contribue à la réduction de sa dépendance énergétique et à sa lutte contre
les émissions de gaz à effet de serre.
Ce choix stratégique s’avère d’autant plus opportun a posteriori que les
mécanismes de régulation des marchés céréaliers seront très substantiellement
démantelés en 2010 (Bilan de Santé de la PAC) et que la maîtrise de ses
débouchés par le secteur céréalier deviendra donc encore plus essentielle.
Dans ce contexte, la solidité de la filière du bioéthanol doit être assurée.
Cela passe par une amélioration de ses bases de fonctionnement au regard de la
volatilité sans précédent apparue depuis deux ans sur les marchés des céréales,
du pétrole et, également, du bioéthanol d’importation. Les prix d’achat des
céréales nécessaires à la production de bioéthanol ne doivent devenir
pénalisants ni pour les exploitants, ni, en sens inverse, pour les usines.
Une réflexion interprofessionnelle est par conséquent engagée sur des
mécanismes contractuels visant à contenir l’évolution de ces prix d’achat à la
baisse comme à la hausse par rapport à celle des prix de marché.
En animant cette démarche, l’AGPB, l’AGPM et Coop de France-Métiers du Grain
assument pleinement les responsabilités que leur confient les
agriculteurs.
En soumettant l’agriculture à la taxe carbone, le Gouvernement expose les
producteurs de grandes cultures à de graves risques en termes de compétitivité
et d’économie d’entreprise.
ORAMA le regrette et se montrera exigeante quant aux moyens qui seront
étudiés pour éviter de trop pénaliser les secteurs dépendants fortement des
carburants, comme l’a indiqué le Président de la République. Il faut entre
autres que soient pris en considération les apports des filières
biocarburants à la réduction des émissions de carbone, une réduction également
favorisée par la mise en œuvre des diagnostics énergétiques des exploitations
dans laquelle ORAMA s’est engagée.
Plus globalement, les Pouvoirs publics français doivent tenir compte dans
toute démarche de la situation économique des exploitations de grandes cultures,
qui se dégrade rapidement et profondément. Les prix sont revenus au plus bas,
les charges n’ont pas suivi à la baisse et les soutiens de la PAC vont être
largement démantelés à partir de la récolte 2010. Enfin, la politique conduite
par la France à l’égard des producteurs de grandes cultures s’avère de moins en
moins raisonnée et de plus en plus étouffante économiquement, qu’il s’agisse des
facteurs de production (semences, engrais, produits de santé des plantes, eau
d’irrigation), des pratiques culturales et de l’utilisation des sols.
ORAMA rappelle la nécessité, dans ce contexte, d’installer dès cet automne le
Comité de suivi du secteur des céréales et des oléoprotéagineux dont la création
a été décidée par le Président de la République après l’adoption du Bilan de
Santé de la PAC.
La récolte de céréales et d’oléoprotéagineux atteint
cette année un bon niveau, sauf dans les régions touchées par la
sécheresse. ORAMA se réjouit que notre agriculture contribue ainsi,
répondant à l’attente de nombreux pays importateurs, à la remontée des
disponibilités alimentaires mondiales et à l’éloignement des menaces de
pénurie. Malheureusement, l’évolution des marchés contredit complètement le
pronostic de prix durablement élevés mis en avant à l’occasion du Bilan de Santé
de la PAC pour décider de démanteler les soutiens aux producteurs de céréales et
d’oléoprotéagineux, notamment en France. Ces derniers seront confrontés à une
profonde dégradation de leurs comptes d’exploitation dès avant la mise en œuvre
de ce démantèlement (il doit intervenir à partir de la récolte 2010). En blé,
espèce la plus cultivée, le chiffre d’affaires/hectare va baisser en moyenne de
25%. ORAMA demande en conséquence une réunion dès cet automne du
Comité de suivi des marchés des céréales et des oléoprotéagineux dont la
création a été décidée par le Président de la République après l’adoption du
Bilan de Santé. Elle appelle plus globalement les opposants à la
régulation des marchés agricoles à faire preuve de davantage de
lucidité.
ORAMA réaffirme sa volonté de soutenir les filières d’utilisation des grains
à des fins non alimentaires, en particulier pour la production de biocarburants,
dès lors que l’ensemble des outils industriels est opérationnel.
Le développement de ces débouchés est essentiel pour l’avenir de l’économie
française : Ils participent à l’essor des technologies du futur. Ils vont
jouer un rôle considérable dans l’amélioration du bilan carbone français dans la
perspective des futurs accords de Copenhague sur le climat. Leur utilisation
est nécessaire, aussi bien en tant qu’énergies renouvelables que sur le plan
environnemental. Ils préparent la deuxième génération des biocarburants. Ils
créent de la valeur ajoutée et des emplois. Ils peuvent contribuer aux grands
équilibres des marchés des grains dans un contexte de prix toujours plus
fluctuants, le prix final payé au producteur dépendant de l’ensemble des
débouchés offerts par le marché.
C’est pourquoi ORAMA a engagé une réflexion dans le cadre des filières
biocarburants pour améliorer et régulariser l’approvisionnement des usines, tout
en sécurisant le revenu des producteurs, sur des bases mutualisables à
l’ensemble de la production.
Le programme de recherche européen Co-Extra préconise le confinement des
cultures OGM dans des zones dédiées. Un scénario inacceptable et en
contradiction avec la liberté de choix des producteurs.
Les producteurs de grandes cultures réunis au sein d’ORAMA s’opposent
fermement à la notion même de zones dédiées à tel ou tel type d’agriculture
qu’elle soit conventionnelle, bio ou OGM. Un tel système irait à l’encontre de
la loi votée en France en mai 2008 permettant de produire avec ou sans OGM.
La coexistence du maïs Bt, seul OGM autorisé à la culture en Europe, a été
expertisée pendant 4 ans par la filière maïs en lien avec l’institut technique
Arvalis-Institut-du-végétal à travers un programme scientifique puis un
programme de suivi des cultures OGM. Ces travaux, de même que des études
internationales présentées lors de la conférence sur la coexistence organisée à
Séville par le Centre Commun de Recherche de la Commission européenne, ont
montré que la coexistence est tout à fait maîtrisable. Aucune difficulté ne
s’est révélée non plus sur les 22 000 ha de maïs Bt cultivés en France en 2007.
Le principe d’un zonage tel que celui préconisé par Co-Extra apparaît donc
totalement injustifié.
Pire, il accentuerait la situation de distorsion de concurrence dans laquelle
se trouvent déjà les agriculteurs français et européens. La clause de sauvegarde
déposée en 2008 sans justification scientifique aura coûté près de 74 millions
d’euros à l'économie agricole française qui perd ainsi de sa compétitivité.
Toute décision visant à limiter le développement des OGM en Europe constitue une
aubaine pour nos compétiteurs des pays tiers. Le Brésil et l’Argentine - dont
des experts participent à l’étude Co-Extra - auraient en effet tout intérêt à ce
que l’Europe renonce à la culture des OGM. Ils auraient alors la place libre
pour approvisionner les consommateurs européens en denrées alimentaires
OGM.
La crise que vivent les producteurs de lait fait à son tour ressortir le
danger des orientations dérégulatrices prises au cours des dernières années par
l’Union européenne en matière de gestion des marchés agricoles : quand ce n’est
pas le consommateur qui se trouve confronté à de brutales -et difficilement
réversibles- augmentations des prix alimentaires, c’est l’agriculteur qui subit
d’absurdes et périlleuses chutes de prix de sa production.
Exposé à connaître de tels errements depuis le démantèlement de
l’intervention céréalière dans le cadre du Bilan de Santé de la PAC, le secteur
des grandes cultures souhaite exprimer par la voix d’ORAMA sa solidarité avec
celui du lait et il se joint à lui pour appeler les instances de l’UE à revenir
au plus vite à des options de politique agricole plus
réalistes.
ORAMA salue la naissance du Haut conseil des biotechnologies, présenté le 22
avril, avec à sa tête une présidente reconnue par toute la communauté
scientifique et dont l’indépendance ne fait aucun doute.
Il aura fallu attendre près d’un an pour que la loi OGM trouve un début de
traduction concrète. ORAMA regrette tout le temps perdu à une époque où
l’immobilisme porte à conséquence.
Il faut espérer que la nouvelle instance puisse rapidement engager les
chantiers dont elle a la charge pour assurer, conformément à la loi, la liberté
de consommer et de produire avec ou sans OGM. Aujourd’hui cette liberté n’existe
pas. 2009 est l’année du zéro OGM – même pas un seul essai – une première depuis
1987 !
L’enjeu est de taille car la France accumule du retard. Le plan de soutien de
45 millions en faveur des biotechnologies annoncé par François Fillon lors du
congrès de la FNSEA n’aura de sens que si l’innovation peut trouver des
développements concrets.
De plus, le développement de techniques de production performantes et
respectueuses de l’environnement – à l’image du maïs Bt – est bien l’une des
solutions pour que les exploitations de grandes cultures puissent retrouver une
part de la compétitivité amputée par le récent Bilan de santé de la PAC.
De nombreux délégués de diverses régions ont insisté, lors du congrès de la
FNSEA, sur la précarité dans laquelle vont se trouver plongées les exploitations
françaises de grandes cultures du fait des choix du Gouvernement pour
l’application du Bilan de Santé de la PAC.
ORAMA relève la volonté de la FNSEA de consacrer la plus grande attention à
l’évolution de cette situation.
ORAMA prend acte également du plan d’accompagnement annoncé par les Pouvoirs
publics à la suite des manifestations et autres actions syndicales répétées
qu’ont provoquées leurs décisions. C’est un début de réponse positif aux
préoccupations des producteurs. Ceux-ci espèrent que le dispositif annoncé sera
prolongé par des mesures législatives significatives, notamment en matière de
gestion des aléas.
Les producteurs du secteur des grandes cultures vont maintenant devoir
s’adapter du mieux qu’ils pourront, sur leurs exploitations et avec leurs
partenaires de filières, à la rupture résultant du Bilan de Santé de la PAC. Ils
devront notamment disposer à cet effet de tous les facteurs de production qui
sont nécessaires pour être aussi performants économiquement
qu’environnementalement.
Il n’en reste pas moins que le contexte des marchés sera désormais plus
crucial que jamais pour l’avenir de ces exploitants. C’est pourquoi les pouvoirs
publics ne pourront se satisfaire d’avoir parié sur des prix qui seraient plus
élevés qu’aujourd’hui. Si leurs prédictions, sur lesquelles ils ont fondé leur
approche de l’application du Bilan de Santé, ne se réalisent pas, ils
devront adopter de nouvelles mesures. C’est ainsi que prendra tout son sens la
création du comité de suivi des marchés annoncée le 30 mars par le Président de
la République.
ORAMA poursuivra son action dans toutes ces directions en synergie avec la
FNSEA.
Douze Fédérations départementales de syndicats d’exploitants agricoles
des régions Centre, Champagne-Ardenne, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais,
Haute-Normandie et Picardie appellent leurs adhérents à manifester le 25 mars à
Paris contre les décisions qu’a annoncées le Gouvernement français le 23 février
dernier à l’encontre des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux dans le
cadre du Bilan de Santé de la PAC. Déjà, de multiples opérations de
sensibilisation et de protestation ont été conduites depuis un mois dans le pays
contre l’arbitraire et la brutalité de ces décisions.
Le Gouvernement doit prendre la mesure de cette mobilisation : elle cessera
seulement s’il donne aux exploitants du secteur des grandes cultures des chances
de surmonter le handicap économique qu’il leur inflige.
En ce sens, ORAMA demande pour l’immédiat : - que l’application des
décisions prises soit étalée sur plusieurs années ; - que les options
laissées ouvertes le 23 février, dont l’utilisation aggraverait la situation sur
de nombreuses exploitations, soient refermées ; - que des mesures
nouvelles soient mises en œuvre dans le cadre du second pilier de la PAC pour
permettre aux exploitations de grandes cultures implantées dans des zones
difficiles de s’adapter.
Il est indispensable que le Premier ministre apporte des réponses positives à
ces demandes lorsqu’il interviendra au Congrès de la FNSEA, le 2 avril.
Au-delà, il faut que les Pouvoirs publics assument les conséquences de leur
choix en permettant réglementairement et fiscalement aux producteurs d’améliorer
plus rapidement leur compétitivité et leur capacité à résister aux aléas,
économiques comme climatiques.
Le ministre de l’Agriculture a maintenu les orientations qu’il s’était
données en 2007 en matière de redistribution des soutiens de la PAC, lorsque la
conjoncture des marchés des céréales et des oléoprotéagineux était
exceptionnellement favorable. Or la situation sur ces marchés s’est
diamétralement inversée.
Prétendre dans ces conditions que les choix annoncés aujourd’hui demanderont
un effort raisonnable au secteur des grandes cultures sonne gravement faux. De
ces choix, qui conduisent à une ponction de 19% sur les soutiens à partir de
2010 en plus de la modulation supplémentaire, il pourrait résulter jusqu’à 50%
d’amputation du revenu des exploitants concernés. Ce serait destructeur pour un
secteur aussi stratégique et créateur de richesses. La divergence avec le
discours tenu par le Chef de l’Etat le 19 février dans le Maine-et-Loire est
stupéfiante.
En refusant la proposition d’ORAMA, qui visait à instaurer à la fois de la
cohérence économique et une véritable équité dans l’évolution des
soutiens, le ministre ne met pas l’agriculture française en situation
d’affronter les marchés et de faire face aux enjeux de demain.
ORAMA demande solennellement au Gouvernement de subordonner dès maintenant
toute décision définitive à un examen préalable et approfondi de la situation
économique et financière des exploitations de grandes cultures.
Alors même que les « doutes sérieux » ont depuis longtemps volé en éclat, le
dernier rapport de l’AFSSA, révélé aujourd’hui par Le Figaro, vient éclairer à
nouveau le dossier OGM.
ORAMA demande une nouvelle fois au Gouvernement français de sortir de
l’impasse dans laquelle il a enfermé ses agriculteurs pour des raisons qui n’ont
rien de scientifique.
Pour l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments)
comme pour l’AESA (Agence Européenne de Santé des Aliments) le
MON810 ne présente aucun risque sanitaire pour la santé humaine ou
animale. Rappelons en outre que l’AESA, dont la compétence s’étend en plus
à l’environnement, n’identifie aucun risque non plus dans ce domaine.
ORAMA regrette par ailleurs la culture du secret autour de ce dossier dans
lequel les faits sont clairs. Les décisions politiciennes autour des OGM, qui
ont conduit à la suspension du MON810, n’ont eu à ce jour pour seuls résultats
qu’une perte de compétitivité pour les agriculteurs français et un retard
irrattrapable pour notre recherche.
La France doit se rendre à l’évidence et retirer sa clause de sauvegarde,
infondée, dans les meilleurs délais.
Comme le Bilan de Santé de la PAC le lui permet, le ministre de l’Agriculture
est sur le point de choisir quels moyens il va utiliser, et jusqu’à quel degré,
pour répartir différemment les aides européennes aux exploitations agricoles
entre le secteur des grandes cultures et les autres secteurs de l’agriculture
française.
D’après les informations d’ORAMA, les orientations qu’il semble vouloir
prendre seraient ravageuses pour les exploitants spécialisés dans la production
de céréales et d’oléo-protéagineux. Leur revenu moyen, qui s’est établi à 24 500
€ par an sur la moyenne des années 1999 à 2008 selon les Comptes de
l’Agriculture, serait amputé de 10 000 €, voire davantage!
Les producteurs de grandes cultures sont abasourdis par de telles
perspectives. Il serait impardonnable à leurs yeux que le Gouvernement avalise
cette démarche.
Ils rappellent qu’ils sont prêts à d’importantes évolutions en matière
d’aides de la PAC, pourvu qu’elles soient réalistes. Au terme du Bilan de Santé,
ils ont fait des propositions de rapprochement progressif des montants des aides
à l’hectare versés aux différentes productions de notre agriculture (aides du «
premier pilier » de la PAC). Ces propositions sont courageuses, car elles sont
coûteuses pour leurs exploitations. De plus, elles épousent la trajectoire que
l’Europe a donnée à la PAC depuis 2003, qui sera selon toute vraisemblance
accentuée en 2013. Et puis, elles sont de nature à répondre sérieusement et
substantiellement aux préoccupations des éleveurs en faveur desquels veut agir
le ministre de l’Agriculture.
A l’inverse du ministre de l’Agriculture, les producteurs de grandes cultures
ont pris des orientations responsables. Ils demandent au Gouvernement de les
suivre.
Le Ministre de l’Agriculture vient d’annoncer la reconduction de
l’homologation du Cruiser sur maïs dans des conditions encore plus restrictives
qu’en 2008 et seulement pour l’année 2009.
Dont acte. C’était le minimum indispensable pour les producteurs de maïs, en
situation d’impasse complète pour la prochaine campagne face aux ravageurs du
sol.
Malheureusement, les conditions imposées sont telles que l’utilisation du
Cruiser sur le terrain sera très limitée par rapport aux besoins réels des
agriculteurs, malgré la limpidité du dossier scientifique et technique.
Enfin, le caractère très tardif de la décision ministérielle limite fortement
la capacité des agro-fournisseurs à répondre dans les temps à la demande des
agriculteurs en semences traitées.
A l’issue d’une assemblée plénière de ses trois composantes –AGPB, AGPM,
FOP*- tenue le 2 décembre, ORAMA entend alerter le Ministre de l’Agriculture sur
l’impérieuse nécessité et sur l’urgence qu’il y a à homologuer le produit
Cruiser pour 2009. Elle rappelle que l’AFSSA, agence d’évaluation
indépendante, a rendu une conclusion favorable quant à l’utilisation de ce
produit sur le maïs.
Si l’autorisation de mise en marché du Cruiser n’est pas obtenue, la
profession se trouvera confrontée sur près d’un million d’hectares à une impasse
technique en termes de solution contre les ravageurs du sol, notamment contre
Diabrotica. Au-delà, c’est la productivité et la compétitivité d’une filière
déjà confrontée à des prix inférieurs aux coûts de production qui seraient
plus encore mises à mal.
ORAMA attend par conséquent du Ministre de l’Agriculture une décision
objective, reposant sur des données avérées, qui soit clairement en faveur du
Cruiser. Une réponse différente signifierait que le Ministre de l’Agriculture
aurait cédé aux pressions idéologiques des lobbies écologistes, au risque de
condamner une filière majeure de l’économie agricole française. Une réponse
différée aurait la même portée, compte tenu des contraintes industrielles en
matière d’enrobage des semences.
* Association générale des producteurs de blé et autres céréales,
Association générale des producteurs de maïs, Fédération française des
producteurs d’oléagineux et de protéagineux
Artisan principal de l’accord sur le Bilan de Santé de la PAC intervenu ce
matin à Bruxelles, le ministre français de l’Agriculture s’est donné la
possibilité de porter jusqu’à plus de 40% les amputations opérées sur les
paiements directs des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux dans notre
pays.
Aux 5% de modulation actuelle et 5% de modulation future vient s’ajouter en
effet la possibilité, sous prétexte de rééquilibrage, de prélever 10% au
titre du nouvel article 68 et plus de 20% au titre du nouvel article 64. Ce
dernier, après modification majeure introduite en fin de négociation, permet en
effet de transformer en quasi-totalité les 25% de paiements recouplés des
producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux en paiements supplémentaires pour
d’autres secteurs.
Dans un contexte de marché et d’augmentation de charges tel que nous le
connaissons actuellement, ce niveau de prélèvement conduirait rapidement une
large majorité de nos exploitations à la faillite, sans même prendre en compte
le démantèlement de l’intervention décidé sur le blé ce matin. Il signifierait
abandon de la production sur des centaines de milliers d’hectares et régression
des activités qu’elle induit dans les zones touchées.
L’adoption d’un tel dispositif exprime une absence de sens des réalités
économiques de l’agriculture préjudiciable non seulement aux exploitants, mais
aussi aux consommateurs.
Les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux en appellent à la FNSEA. Il
faut que les discussions en son sein dans les semaines et mois à venir
conduisent au réalisme et à des arbitrages prenant en compte les intérêts
de tous et la situation de chaque secteur au regard des divers types de
paiements de la PAC.
Le Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne des 18, 19 et
20 novembre devrait statuer sur le Bilan de Santé de la PAC. Pour les
producteurs de céréales, il est indispensable qu’il rejette le remplacement du
système actuel d’intervention sur le blé tendre par le système d’intervention
sur adjudication que propose la Commission européenne.
En les exposant à des baisses de prix jamais atteintes, le système
d’intervention sur adjudication détournerait peu à peu les agriculteurs de la
production.
Nos Pouvoirs publics n’ont pas dénoncé jusqu’ici ce risque avec suffisamment
de force au regard de ce que représentent les céréales européennes pour
l’alimentation du monde et notre secteur céréalier pour l’économie du pays. Ils
n’ont pas suffisamment plaidé pour une solution intermédiaire consistante en
certains aménagements du régime actuel d’intervention. Il n’est pas trop tard
pour bien faire, à condition de montrer avec fermeté quels sont les
enjeux.
A la suite du dépôt français de la clause de sauvegarde suspendant la culture
du maïs Bt, l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments a été
requis par la Commission européenne. Cet avis est tombé et le confirme sans
l’ombre d’un doute : la clause de sauvegarde est totalement injustifiée.
L’EFSA a rendu son avis le 29 octobre. Cet avis exprime on ne peut plus
clairement que la clause de sauvegarde est injustifiée et que le dossier
français est vide de preuve quant à un quelconque risque pour la santé humaine
ou animale ou pour l’environnement pouvant résulter de la culture du maïs Bt.
Bon nombre d’états dans le monde, y compris européens, en sont bien persuadés :
si l’on exclut la France, les surfaces européennes de maïs OGM ont augmenté de
21 % entre 2007 et 2008. Un résultat qui confirme l’intérêt de cette
technologie.
ORAMA ne peut qu’être satisfaite de cet avis qui n’est pas une surprise, le
dossier français reposant uniquement sur des considérations politiques et
électorales. L’usage abusif qui a été fait du principe de précaution a été
source de préjudices économique, environnemental et sanitaire dans les zones où
la culture du maïs est exposée à des attaques de pyrale et de sésamie.
ORAMA demande au gouvernement français de se rallier à la sagesse et à
l’impartialité de l’EFSA, en autorisant dès maintenant le maïs OGM Mon 810
injustement interdit.
Les semences sont un des fondamentaux de nos productions agricoles. Elles
constituent un atout privilégié pour répondre aux attentes quantitatives et
qualitatives des consommateurs et de la société. La réglementation en la
matière, en place depuis 50 ans, a largement contribué à ce qu’il en soit ainsi.
Et pourtant elle fait actuellement l’objet d’une campagne
d’opinion.
Cette réglementation a permis aux agriculteurs d’avoir
accès à un nombre croissant de nouvelles variétés, toujours plus adaptées à
leurs conditions de production et aux demandes qui leurs sont exprimées. C’est
le résultat de la garantie qu’elle a donné au secteur des semences de pouvoir
rentabiliser ses investissements en recherche via une protection temporaire des
variétés.
Cette réglementation repose sur trois piliers :
- une liste officielle des variétés autorisées à la culture, dite
«catalogue», garantissant aux agriculteurs ainsi qu’aux transformateurs et aux
consommateurs la valeur de ces variétés, tant en termes agronomiques qu’en
termes de qualités alimentaires et sanitaires.
Riche de plus de 2 000 variétés récentes et anciennes pour les céréales, les
oléagineux et les protéagineux, elle favorise aujourd’hui une vraie
biodiversité.
- un certificat d’obtention végétale qui permet de concrétiser le potentiel
de création de nouvelles variétés en garantissant la rémunération des
investissements en recherche.
Tandis que cette rémunération est apportée par les agriculteurs, le
certificat d’obtention végétale permet par ailleurs à chaque société semencière
d’utiliser librement et gratuitement n’importe quel acquis de recherche de la
concurrence pour ses propres programmes de création variétale : il n’y a pas de
brevetabilité du vivant.
- une certification officielle des semences commercialisées qui est le gage
de leur identité et de leur qualité.
Les transformations de ce cadre réglementaire réclamées par certains
mouvements aboutiraient en réalité à le vider de son efficacité. Elles
condamneraient la recherche variétale en France et hypothèqueraient
lourdement les capacités d’adaptation de notre
agriculture.
ORAMA fait le constat alarmant d'une baisse généralisée du prix des céréales
et des oléoprotéagineux. Le maïs, notamment, est payé moins de 100 €/tonne
départ ferme, soit 25 € de moins qu'en 2006. Conjuguée à une hausse des
coûts de production (engrais, énergie...) qui s’accélère, cette évolution
conduit de manière de plus en plus évidente les exploitations vers des
situations économiques extrêmement difficiles.
Il était légitime dans ces conditions que les droits de douane européens sur
les céréales, suspendus lorsque les cours étaient élevés, soient rétablis, comme
le demandait ORAMA.
Cela ne saurait suffire cependant à modifier la tendance sur le marché, car
les bilans de campagne prévisionnels français sont très lourds et des quantités
significatives de céréales pourraient être proposées à l’intervention en fin de
campagne. Le prix à la sortie des organismes stockeurs serait alors voisin de
100 € la tonne, le prix départ ferme s’élevant dans ces conditions à 80 €.
Tout doit être entrepris par conséquent, par la Commission européenne comme
par l’ensemble des acteurs de la filière, pour que nos céréales puissent
s’écouler à bon rythme, en particulier à l’exportation.
-Priorité dans l’action gouvernementale, les biocarburants, énergie
renouvelable contribuant à l'indépendance énergétique et présentant des atouts
environnementaux reconnus, bénéficient jusqu'à
présent d'une fiscalité incitative. Celle-ci a deux objectifs
: construire durablement des filières porteuses d’avenir pour
la production agricole et accompagner les outils industriels nationaux
correspondants, qui sont créateurs de valeur ajoutée et d'emplois.
En proposant dans le projet de Loi de Finances 2009 d’amputer puis de
supprimer à un proche horizon le dispositif fiscal existant,
le Gouvernement se montre prêt à renier ses engagements.
Or les agriculteurs et leurs outils économiques (coopératives,
organismes financiers) ont tenu les leurs. De nouvelles usines,
représentant des investissements massifs, ont vu le jour et des contrats
pluriannuels ont été signés par les agriculteurs pour les approvisionner.
Cette attitude, qui contredit les orientations politiques encore
récemment affichées par les Pouvoirs publics à propos des biocarburants, est
incompréhensible et inacceptable. Elle ne peut en outre être comprise de
l’opinion et des consommateurs, alors que, selon une enquête récente, 74% des
français estiment qu'il n'y a pas suffisamment d'efforts dans notre pays pour
trouver des alternatives au pétrole et que 76% d’entre eux sont favorables à la
production de biocarburants par l'agriculture.
Le Gouvernement est-il vraiment déterminé à renier ses engagements ?
Le respect de la parole donnée n'aurait-il plus de valeur ?
ORAMA demande solennellement au Président de la République et au
Premier Ministre que le projet de Loi de Finances soit modifié, de façon à ne
pas condamner demain des filières dont les Pouvoirs publics ont promu le
développement à grande échelle.
Le Conseil d’Administration de l’AGPB tenu le 16 septembre a fait le point
sur l’évolution des marchés, sur celle des charges et sur les principaux
dossiers de la rentrée.
Dans un contexte où les estimations des récoltes de céréales sont sans cesse
relevées partout dans le monde, les marchés démentent logiquement le postulat de
prix durablement élevés asséné depuis des mois à Paris et à Bruxelles : les
cours sont clairement orientés à la baisse.
Dans le même temps, compte tenu des tarifs atteints maintenant, les hausses
de charges de fertilisation et de mécanisation pour la récolte 2009 sont déjà
évaluées à elles seules à 200 €/hectare de plus qu’en 2008.
Avec un ciseau des prix ainsi refermé, les marges du blé en 2009 devraient
revenir au médiocre niveau de 2006. Il n’y a pas lieu dans ces conditions
d’augmenter la modulation et de procéder à des redistributions de paiements
directs comme le préconise le Bilan de Santé de la PAC.
La politique agricole, de manière plus générale, doit au contraire donner la
possibilité aux producteurs de céréales de rester compétitifs. Ils doivent
donc disposer des mêmes niveaux de soutien que leurs concurrents. Il est
nécessaire aussi qu’ils puissent accéder à des facteurs de production qui leur
permettent de réaliser au moindre coût des récoltes optimales quantitativement,
qualitativement et sur le plan de l’environnement.
Tout en restant vigilante sur son application concrète, ORAMA prend acte du
réalisme dont est empreint le Plan Ecophyto 2018 présenté le 10 septembre par le
Ministère de l'Agriculture. En misant sur le professionnalisme des producteurs
de grandes cultures, en prenant la juste mesure des contingences naturelles
auxquelles ils sont confrontés, ainsi que de leurs moyens de les gérer, ce plan,
à son échelle, paraît respecter l’équilibre voulu par le Gouvernement dans son
mot d’ordre "Produire plus et mieux".
Toutefois, cet équilibre ne sera pleinement assuré que si, de manière plus
générale, les pouvoirs publics se comportent avec résolution quant aux moyens de
production dont doivent disposer les exploitants.
ORAMA entend obtenir de véritables avancées de la part du Gouvernement en ce
domaine. Il est grand temps d’évoluer sur des dossiers dont, au-delà des
polémiques partisanes, le sérieux a été établi sur les plans scientifique,
technique et économique. ORAMA demande ainsi qu’à la lumière des plus récentes
expertises, des homologations définitives puissent intervenir en matière de
traitement de semences (Cruiser, Poncho, Fipronil,Gaucho) et la clause de
sauvegarde française sur le maïs MON 810 soit levée.
Il est indispensable également que le Gouvernement fasse preuve d’une
détermination sans faille pour qu’à Bruxelles, la révision de la directive
CE/91/414 (homologation des substances actives phytosanitaires) n’aboutisse pas
à mettre les agriculteurs dans des impasses techniques en faisant disparaître un
grand nombre de produits. Il faut impérativement que les critères envisagés pour
l’évaluation des substances soient modifiés. L’enjeu, c’est la disponibilité
pour les exploitants de produits nombreux et variés, élément indispensable pour
produire effectivement plus et mieux.
Pour ORAMA, il est essentiel que la lucidité et la confiance l’emportent dans
tous ces dossiers.
L’échec intervenu dans les négociations de l’OMC est porteur d’enseignements
pour tous ceux qui - Etats, Banque mondiale, FMI, OCDE, Direction de l’OMC,
Commission européenne - veulent voir l’économie agricole suivre la voie d’un
libéralisme sans nuances ou presque.
Le 29 juillet à Genève, il leur a été réaffirmé avec fracas que les marchés
ne peuvent gouverner seuls l’évolution de l’agriculture. Il est en particulier
incohérent de vouloir laisser les agriculteurs démunis face aux fortes baisses
de prix susceptibles de les atteindre, tout en préconisant partout davantage
d’investissements, de progrès technique etc., ce qui est indispensable pour
répondre aux besoins alimentaires.
La Commission européenne est pleinement concernée par ce rappel aux réalités,
qui, depuis 7 ans, a concédé sans fin sur l’agriculture au cours de la
négociation. Elle doit revoir sa ligne de conduite, en considérant tout d’abord
dans l’immédiat que ses dernières offres mises sur la table à Genève n’ont plus
de valeur. Elle y est d’autant plus obligée que cette ligne de conduite a
provoqué une division évidente au sein de l’Union européenne.
Un tel changement d’attitude s’impose également en ce qui concerne le Bilan
de Santé de la PAC puisque, là aussi, Bruxelles propose d’abandonner les
agriculteurs face aux errements des marchés et à des concurrents
avantagés.
La semaine du 21 juillet sera à hauts risques pour l’agriculture française et
européenne. En réunissant à Genève les principales puissances, le Directeur
général de l’OMC, Pascal LAMY, entend jouer son va tout pour obtenir un accord
coûte que coûte, au plus vite et avant des échéances (élections américaines et
Parlement européen) qui diffèreraient d’autant un éventuel compromis.
ORAMA rappelle les termes des engagements de Doha : - un accord
global (agriculture – services – industries – règles), - et un cycle
devant profiter aux pays les moins avancés. Il serait par conséquent
invraisemblable que Bruxelles négocie un accord en ayant fait des concessions
majeures sur les soutiens internes et l’accès à ses propres marchés, alors que
d’autres pays n’ont rien « lâché » sur les points qui leur sont sensibles, tels
les USA qui, en matière agricole, viennent d’adopter un généreux Farm Bill.
La France, qui, parallèlement assure la présidence de l’UE doit par
conséquent plus que jamais, rester particulièrement inflexible et ferme sur ses
positions, telles qu’elles ont été rappelées par le Président de la République
et le Ministre de l’Agriculture pour ne pas brader notre agriculture.
Une étude récemment diffusée par l’IFPRI et l’IPC expose ainsi
expressément : - que sur le soutien interne, l’adoption du texte
imposerait une nouvelle réforme de la PAC, - qu’en matière d’accès, elle
aboutirait à une libéralisation profonde des marchés européens, dépassant ce qui
avait été qualifié de ligne rouge par les ministres, et qu’elle impacterait
beaucoup plus le marché communautaire que le marché américain.
Tout au long de la négociation, la Commission européenne a fait preuve d’une
vision idéologique et naïve de l’agriculture, des marchés agricoles et de la
politique agricole. Les évènements nouveaux vécus depuis quelques mois
-tensions alimentaires, forte volatilité des marchés, Farm Bill américain-
montrent combien une telle vision est décalée par rapport aux réalités.
Il ne faut pas commettre l’irréparable la semaine prochaine à Genève
!
Sur les 22 projets retenus il y a peu par le Gouvernement consécutivement à
son appel d’offres de 2006 pour la production d’électricité et de chaleur («
cogénération ») à partir de biomasse, 9 reposent sur l’utilisation de paille, de
cannes de maïs et de cultures énergétiques.
L’AGPB, l’AGPM et COOP de FRANCE - Métiers du Grain prennent acte avec
satisfaction de cette reconnaissance de l’importance de la biomasse céréalière
pour la réalisation de l’objectif de 20% d’énergies renouvelables dans la
consommation finale d’énergie en France en 2020.
Elles soulignent par ailleurs que sur ces 9 projets, 6 ont été conçus en vue
d’approvisionner en énergie des usines de production de bioéthanol. Par la
substitution de cette énergie renouvelable à des énergies fossiles, la
supériorité des bilans énergétique et environnemental du bioéthanol par rapport
à ceux de l’essence sera encore accrue.
Enfin, l’AGPB, l’AGPM et COOP de FRANCE - Métiers du Grain prennent note des
prix spécifiques auxquels le Gouvernement, dans sa réponse à l’appel d’offres,
garantit aux nouvelles usines le rachat de leur production d’électricité. A 128
€/MWh en moyenne, ces prix sont de loin supérieurs aux 49 à 61 € du tarif commun
de rachat fixé en 2002 pour l’électricité produite à partir de biomasse. Il est
indispensable que ce tarif commun soit revalorisé, comme cela a été le cas déjà
pour l’électricité produite à partir de l’énergie solaire ou de biogaz. Outre
les unités du type de celles qui viennent d’être retenues - plus de 5MW - le
développement de projets de taille moyenne ou petite est également nécessaire
pour atteindre l’objectif de 20% d’énergies renouvelables en
2020.
Alors que ces dernières semaines ont été marquées par des pluies abondantes,
ORAMA et IRRIGANTS de France* rappellent l’importance de l’eau en agriculture et
la nécessité d’une politique performante de stockage de l’eau.
Des précipitations printanières abondantes
Depuis trois ans, les printemps sont marqués par de fortes pluviométries, aux
conséquences d’ailleurs parfois dramatiques pour nos concitoyens (inondations,
coulées de boues…). Sur les deux derniers mois, les cumuls de pluie ont
localement atteint ou dépassé le double des normales saisonnières.
L’eau : un facteur essentiel de production
Dans le contexte actuel de marchés tendus, les agriculteurs doivent produire
plus et rechercher la meilleure qualité, pour satisfaire les débouchés
alimentaires et énergétiques. Pour atteindre ces objectifs, une bonne
alimentation en eau des cultures est un préalable indispensable. Or, les
fortes précipitations de ces dernières semaines permettent de recharger les
nappes phréatiques à une période où habituellement elles amorcent leur baisse.
Cette abondance de pluies est donc bénéfique aux cultures en place comme aux
cultures d’été qui pourront profiter de cette eau stockée naturellement.
Toutefois, dans un contexte d’incertitude liée au changement climatique, il est
urgent de capitaliser sur les périodes de fortes pluies et ainsi pallier les
éventuelles périodes de sécheresses. Nous avons tous en mémoire les étés 2003 et
2005.
Orama et Irrigants de France souhaitent une politique ambitieuse de stockage
de l’eau
En 2005, le ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau annonçait un plan
pluriannuel de stockage doté de 20 millions d’euros dès 2006… La loi sur l’eau
et les milieux aquatiques de 2006 reconnaît le stockage en tant qu’outil de
gestion de la ressource et le Grenelle de l’Environnement prévoit la
construction d’infrastructures de stockages compatibles avec les contraintes
environnementales. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? De leur côté, les
irrigants ont su anticiper et adapter leurs assolements aux conditions
climatiques et hydrologiques. Ils se sont engagés dans de multiples démarches de
progrès : mise en place des compteurs d’eau, partage concerté des volumes, mise
en place de tours d’eau, … Pendant ce temps l’administration maintient la
pression sur les volumes prélevables, alors qu’aucun effort n’est réalisé en
terme de stockage.
ORAMA et IRRIGANTS de France demandent donc que les mesures annoncées soient
rapidement concrétisées et que de véritables moyens financiers soient
effectivement mobilisés pour le stockage de la ressource en eau.
Dans un contexte de changement climatique, des moments de fortes
pluviométries alterneront probablement avec des périodes de sécheresses
estivales plus intenses. Le stockage de l’eau est une solution d’avenir pour
préserver l’agriculture et il est profitable à tous : agriculteurs,
consommateurs, vacanciers... L’eau est une richesse qu’il est urgent de mieux
capitaliser. Un plan national sur le stockage est donc indispensable.
Dans le prolongement du Grenelle de l’Environnement, ORAMA s’engage
aujourd’hui activement dans le développement de la certification
environnementale des exploitations spécialisées en céréales et oléo-protéagineux
.
A cet effet, ORAMA propose un schéma de mise en place d’une certification
Haute Valeur Environnementale (HVE) des exploitations.
- Ce schéma sera axé sur un référentiel de mesures et, pour inciter
les agriculteurs à y adhérer, sur trois niveaux de progression. -
Il sera expérimenté sur le terrain dans un département-pilote, avec
l’objectif d’y intégrer l’ensemble des démarches (conditionnalité, labels,
chartes de production, agriculture raisonnée etc.) déjà suivies par les
agriculteurs.
Ce dispositif vise à mettre en évidence le professionnalisme et la
transparence des producteurs de céréales et d’oléo-protéagineux, ainsi qu’à
accompagner leurs nouveaux progrès en matière de protection de
l’environnement.
Le Gouvernement et la société seront ainsi en mesure d’apprécier clairement
le sens de la responsabilité des agriculteurs et leur capacité à gérer au mieux
les situations à risque potentiel. Ceci devrait permettre une meilleure
adaptation de la réglementation aux exigences de productivité, de qualité et de
compétitivité des exploitations agricoles.
La Commission européenne fait preuve d’un dangereux irréalisme dans ses
propositions d’évolution de la PAC en remettant largement en cause des
dispositifs -intervention, soutiens directs- qui permettent aux
producteurs de céréales et d’oléo-protéagineux de mieux faire face aux aléas des
marchés.
Les marchés des grains étant entrés dans une ère de grande volatilité, un
stockage public efficace et de vrais filets de sécurité pour les exploitants
demeurent plus que jamais nécessaires pour maintenir un intérêt à produire dans
les périodes de prix bas. Ces deux éléments restent simultanément le meilleur
moyen de prévenir des tensions, ou de les contenir, en cas de médiocrité des
récoltes.
Le parti que prend la Commission européenne est d’autant plus
incompréhensible qu’aux Etats-Unis, le Congrès américain vient d’adopter un Farm
Bill qui reconduit les mécanismes d’aides actuels. Pour mémoire, plus les
marchés sont déprimés et plus ces aides prennent d’ampleur, avantageant les
exploitants américains, déjà bien aidés par le niveau du dollar, par rapport à
leurs concurrents.
ORAMA en appelle au Conseil agricole européen pour qu’il adopte des décisions
plus conformes à l’intérêt de l’UE que les propositions de la Commission
.
Après le vote au Parlement européen d’octobre 2007, le Conseil agricole
européen, cédant aux peurs irraisonnées entretenues par certaines ONG, pourrait
rapidement valider un texte ouvrant la porte à l’interdiction de nombreuses
familles de produits de protection des plantes essentiels à
l’agriculture.
Dans le cadre de la refonte en cours des règles communautaires
d’homologation de ces produits, l’UE passerait d’une réglementation fondée sur
l’évaluation des risques des produits à un régime d’autorisation basé sur la
toxicité théorique des molécules actives, avec l’utilisation de critères
couperets lors de l’évaluation.
Ces critères pourraient conduire en
particulier à l’interdiction des triazoles, famille majeure dans les produits de
lutte contre les maladies des grandes cultures, lors de leur réévaluation. Les
triazoles sont utilisées depuis des années sans risque pour les hommes, les
animaux et l’environnement. Les maladies qu’elles combattent sont par
exemple susceptibles de provoquer une perte de 1,5 tonne de blé à l’hectare,
soit 7,5 millions de tonnes de blé en France, le quart de la production de
2007.
On interdirait alors à l’agriculture européenne de jouer pleinement son
rôle dans l’alimentation du monde, au moment précis où les tensions
internationales sur les marchés mettent en lumière la nécessité de répondre à la
demande alimentaire.
Nous en appelons solennellement au Président de la
République, qui a récemment affirmé la vocation de l’agriculture française à «
produire plus et mieux », pour que le vote français à Bruxelles sauvegarde les
moyens de production de l’agriculture européenne.
Les projets de textes réglementaires élaborés à Bruxelles dans le cadre
du Bilan de Santé de la PAC suscitent la stupéfaction de l’AGPB, de l’AGPM et de
COOP de FRANCE-Métiers du Grain.
En cas de retournement de conjoncture, les producteurs de céréales ne
souffriraient pas seulement de lourdes amputations d’aides directes. Ils
subiraient aussi une très grave remise en cause du mécanisme de l’intervention,
qui laisserait de fait à la Commission européenne un pouvoir
quasi-discrétionnaire de prendre ou non en compte la situation du marché en cas
de chute des prix*.
Une telle remise en cause aurait en outre pour effet de priver les opérateurs
de repères quant au comportement de l’important acteur qu’est la Commission sur
les marchés céréaliers. Ce manque de visibilité ne manquerait pas de perturber
le bon fonctionnement des marchés, dont la Commission se réclame tant
d’ordinaire.
L’AGPB, l’AGPM et COOP de France, qui rappellent par ailleurs que
l’intervention contribue à la constitution de stocks régulateurs pour alimenter
le marché en cas de récolte insuffisante, ne peuvent que s’opposer
vigoureusement aux visées de la Commission.
* pour le blé tendre, l’intervention à prix fixe serait remplacée par des
achats effectués selon une procédure d’adjudication (enchères inversées), la
Commission européenne décidant en fonction des prix proposés par les opérateurs
sur quels volumes porteraient ces achats; pour l’orge et pour le sorgho, elle
serait maintenue, mais activée uniquement à l’initiative de la Commission, comme
c’est déjà le cas en maïs; pour le blé dur et pour le riz, enfin, elle serait
supprimée.
La Commission européenne vient d’officialiser sa proposition de Directive
sur les énergies renouvelables. L’AGPB, l’AGPM et la CGB se félicitent d’y voir
confirmé l’objectif de 20% d’énergies renouvelables en Europe en 2020, ce qui
rendra nécessaire un recours à la biomasse à des fins de production de chaleur,
d’électricité et de carburants.
L’AGPB, l’AGPM et la CGB approuvent notamment la proposition de la Commission
de contraindre à une utilisation de 10% minimum de biocarburants en 2020. Elles
estiment que ce niveau est réaliste et que le cadre réglementaire envisagé est
raisonnable, en particulier pour ce qui concerne les critères de durabilité
environnementale des biocarburants. Au vu des données agricoles et industrielles
actuellement constatées, l’exigence de 35% d’économie de gaz à effet de serre
pour tout biocarburant devrait pouvoir être satisfaite en France.
La position de Bruxelles sur les biocarburants tranche singulièrement avec
les volte-face récentes des pouvoirs publics français. Il faut le rappeler,
alors que le candidat Sarkozy avait souhaité durant la campagne présidentielle
une défiscalisation totale des biocarburants, leur taxation vient d’être
augmentée et les véhicules flexfuel ne bénéficient d’aucune forme de bonus
écologique malgré leurs atouts pour l’environnement.
L’AGPB, l’AGPM et la CGB appellent les pouvoirs publics français à orienter
leurs actions contre le réchauffement climatique en tenant véritablement compte,
comme les instances bruxelloises, de l’urgence de la situation et de l’intérêt
général.
De l’augmentation actuelle des prix des céréales et des oléagineux, le
ministre de l’Agriculture tire la conviction qu’il est possible, à l’occasion du
Bilan de Santé de la PAC, d’amputer les soutiens aux producteurs de grandes
cultures au profit d’autres secteurs. Il évoque explicitement maintenant les
modifications réglementaires qui permettraient d’y parvenir. En toute
logique, il faut qu’il dise avec autant de précision et de conviction aux
producteurs de grains quels moyens devraient être mis en œuvre, en période de
marchés moins favorables, pour les préserver d’une chute de revenu aussi
dramatique que celle qu’ils ont subie de 1998 à 2005. Le niveau des
productions de grains est par nature extrêmement aléatoire et, même dans un
contexte de demande soutenue, les conditions climatiques peuvent tout à fait
provoquer des excédents dont l’accumulation fait s’écrouler les marchés. C’est
un paramètre de politique agricole que nul ne peut ignorer.
C’est une présentation biaisée que celle faite hier
soir de l’avis rendu à propos du maïs MON 810 par le Comité de préfiguration de
la Haute autorité pour les OGM. Sur le fond, au regard des exigences juridiques
communautaires, cet avis ne fait en effet apparaître aucun élément scientifique
nouveau de nature à fonder la mise en œuvre de la clause de
sauvegarde. L’utilisation de l’expression « doutes sérieux » par le Président
de la Haute autorité ne correspond à rien d’autre qu’à une référence orientée et
complaisante à des termes employés avant-hier par le Président de la
République. Cette instrumentalisation du Comité de préfiguration est
finalement peu surprenante : elle est tout à faite cohérente avec l’enchaînement
de déclarations ministérielles contradictoires, d’effets d’annonce et de
pas de deux intervenus depuis le début de la semaine. Tout cela sonne
dramatiquement faux, tout cela est extrêmement grave sur le fond pour
l’innovation et la recherche, pour l’agriculture et les enjeux auxquels elle
doit répondre. Assorti de démonstrations pour le moins douteuses - bises et
tutoiement entre une Secrétaire d’Etat et un personnage condamné par la Justice
et à l’origine de multiples actes délictueux, réception de ce même personnage il
y a quelques jours par ladite Secrétaire d’Etat et, « cerise sur le gâteau »,
par le Ministre de l’Agriculture deux heures après l’annonce du retrait du
projet de loi- tout cela porte sérieusement atteinte, aussi, à la dignité
de l’Etat. De leur côté, les producteurs de maïs BT, respectueux des cadres
légaux et victimes des fauchages, se sentent injuriés par la légitimation, dans
les faits et politiquement, des auteurs de tels actes. Les Pouvoirs publics
ont apparemment choisi de privilégier un certain type d’interlocuteurs. Message
reçu. Cela conduira à repenser la stratégie professionnelle et syndicale des
producteurs de grains, non pas sur le fond, mais dans la
méthode.